Crans Montana : Cellou Dalein plaide pour un « Serval humanitaire » contre Ébola

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DIALLO_Cellou_Dalein_BORODAVKIN_Alexey_Forum_Crans_Montana_2014_01Au Crans-Montana Forum, en tant qu'ancien Premier ministre de Guinée et président du principal parti politique de l'opposition dans son pays, le président de l'UFDG était attendu pour parler de la crise Ébola, dans la mesure où « la santé publique constitue une composante sécuritaire fondamentale », selon Jean Paul Carteron, président du Crans-Montana Forum.

Cellou Dalein Diallo (sur la photo en compagnie de l’ambassadeur de Russie Alexey Borodavkin) a entamé son allocution par une petite incursion dans le sujet de la sécurité dans la zone sahélo sahélienne, non sans un bref coup d'œil historique qui rappelle les violences que le continent africain a subies en partant de l'esclavage aux guerres civiles, en passant par  les luttes d'indépendance. Le chef de file de l'opposition guinéenne n'a pas manqué de dénoncer les trafics d'arme qui, pour lui, ont facilité les conflits dans la région.

Parlant de l'actualité Ébola, Cellou Dalein a une fois de plus pointé, d'une part la négligence de la part des autorités guinéennes, et d'autre part les lenteurs dans la mobilisation de la communauté internationale. Il a précisé que les pays africains de l'ouest n'y étaient pas préparés. Il a insisté sur le fait que les gouvernements ne disposent pas forcément des capacités adéquates pour faire face tous seuls à cette épidémie. Il stigmatise la part du budget national (2,4%) consacré au secteur de la santé.

Selon Cellou Dalein Diallo, il ne suffit pas seulement aux pays occidentaux de donner de l'argent et laisser les pays touchés par le virus se débrouiller. Il faut aller au-delà de ces expéditions financières afin d'aider à la constitution d'une organisation efficace pour stopper la propagation de la maladie. C'est donc tout naturellement qu'il donnera l'exemple de la mobilisation, notamment de la France, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Nord Mali. En plus de l'argent et des équipements, il a rappelé qu'on a envoyé des militaires qui ont appuyé l'armée malienne dans la guerre contre les terroristes. Ainsi donc, le président de l'UFDG demande une implication plus forte de la communauté internationale qui pourrait passer par la mise la mise en place d'une sorte de Serval humanitaire contre le virus Ébola. Dans l'entendement de M. Diallo, de la même manière que les djihadistes constituent une menace contre la stabilité du monde, Ébola aujourd'hui l'est autant.

Il faut noter la présence à cette journée de grandes personnalités, tels que des ambassadeurs, des ministres, mais aussi des présidents comme ceux du Monténégro, de la Macédoine et de la Bosnie.

 
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Commentaires  

 
+7 #2 amadudialamba 17-10-2014 23:56

« SELON CELLOU DALEIN DIALLO, IL NE SUFFIT PAS SEULEMENT AUX PAYS OCCIDENTAUX DE DONNER DE L'ARGENT ET LAISSER LES PAYS TOUCHES PAR LE VIRUS SE DEBROUILLER. IL FAUT ALLER AU-DELA DE CES EXPEDITIONS FINANCIERES AFIN D'AIDER A LA CONSTITUTION D'UNE ORGANISATION EFFICACE POUR STOPPER LA PROPAGATION DE LA MALADIE » OK Monsieur l’opposant !!! Mais cela dit, l’Afrique doit désormais se prendre aussi au sérieux. Si Dieu vous donne la chance d’accéder au pouvoir, il ne faudrait pas penser qu’à votre seul estomac ou aux seuls ventres de vos proches, comme ça toujours été le cas chez nous. Pensez un peu à l’épanouissement de ce vieux continent qui souffre de mal gouvernance généralisée et chronique. Depuis bientôt un siècle que nous avons commencé à prendre nos indépendances. Durant toute cette période nous sommes en train de dépenser d’énormes fonds pour la formation de cadres. Après la très coûteuse formation de ces cadres, ils sont condamnés à ne jamais retourner aux pays pour rendre la monnaie. Forcés à l’exil par des assoiffés de pouvoirs, ils sont souvent tout simplement condamnés à ne s’adonner qu’à des simples petits boulots pour juste survivre. Malgré l’existence de ces réelles potentialités, dispersées partout dans le monde, le continent continue de mendier auprès des cadres formés dans les mêmes universités que les nôtres. Quelque soit la dimension du problème africain, petit ou grand, il faut traverser les frontières du continent pour trouver sa solution. Alors pourquoi ne pas renoncer purement et simplement à nos euphoriques indépendances ? Tout le temps demandé aux autres, ils ne nous prendrons jamais au sérieux. Comment expliquer que cette Afrique qui dispose de richesses plus que n’importe quel autre coin du monde, continue de dépendre des autres ? Elle devrait maintenant, elle aussi, se passer de quémander certaines petites choses et se prémunir des moyens propres à elle. Surtout les moyens de prévention et de riposte contre les grandes pandémies. Car la majorité des pays du continent présentent des environnements très propices au déclanchement de toutes sortes d’épidémies. Normalement le continent devrait avoir même si c’est un seul observatoire dans l’une de ses grandes sous-régions pour faire face au moins à certains fléaux. Mettre un grand Labo (généraliste et performant) dans une autre zone. Au lieu de continuer à acheter de matériel de guerre, de citernes de gaz lacrymogène et d’autre type de matériaux de répression d’innocentes pauvres personnes, dotons-nous des moyens de lutte contre des telles grandes pandémies. Avec nos mines et autres ressources, nous devrions être en mesure d’implanter n’importe quelle structures à l’intérieur du continent. Arrêtons donc de tout dépendre des autres et continuellement.
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+5 #1 K. Ba 17-10-2014 21:53

“…une petite incursion dans le sujet de la sécurité dans la zone sahélo sahélienne, non sans un bref coup d'œil historique qui rappelle les violences que le continent africain a subies en partant de l'esclavage aux guerres civiles, en passant par les luttes d'indépendance. Le chef de file de l'opposition guinéenne n'a pas manqué de dénoncer les trafics d'arme qui, pour lui, ont facilité les conflits dans la région.”
Bravo à Cellou Dalein pour cette magistrale connaissance des problèmes de sécurité.
Je suis désolé de voir qu’il n’a pas un mot sur l’impunité en Guinée. Il ne fait aucune mention de la violence quotidienne d’état qui mènera à des affrontements civils encore plus meurtriers dans notre pays. L’occasion n’était-elle pas opportune pour demander encore une fois que l’on punisse les assassins (de son bras-droit, Amadou Oury Diallo, des militants et d’autres citoyens innocents) ? On note plutôt le silence de Cellou sur ceux qui croupissent en prison, le silence sur les militaires accusés de crimes imprescriptibles qui pavoisent dans l’administration et qui ont failli le tuer le 28 Septembre 2009.... Je me demande où Cellou a appris ce comportement de politicien impeccable qui a besoin de plaire, de ne pas faire de vagues, de ne fâcher personne qui le poussa à rendre visite à Daddis et à lui envoyer une lettre de condoléance à la mort de sa maman. Il faut poser et reposer la question. Est-ce que il est réellement taillé pour la politique dans un état sauvage comme le nôtre ?
Que l’on ne me dise surtout pas que c’est par tactique car cette tactique n’a que trop duré et sans résultats.
Diallo-Ba
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