Imprimer

N’Zérékoré : une équipe d’enquêteurs indépendants malmenée à Womey

Heinan Goba  Mardi, 07 Octobre 2014 21:02

Facebook

 

Womey_Oct2014_01« Comme ils ne veulent pas de la paix, nous allons leur envoyer des militaires. L’armée va y installer sa capitale. S’il plait à Dieu », a promis, il y a deux semaines, le ministre de la Communication aux populations de la ville de N’Zérékoré, en parlant du village de Womey. Même s’il a voulu nier ces propos avant qu’il ne soit confondu aux preuves, les réalités sur le terrain témoigneraient de la volonté de ce ministre de punir sévèrement le village.

Depuis le départ de la mission gouvernementale de ce village, celui-ci est sous contrôle de l’armée et de la gendarmerie. Et plutôt que de défendre le village et d’assurer la sécurité des enquêteurs, les soldats se seraient résolus au pillage systématique des biens. Pour se mettre à l’abri de tous, tout jeune arrêté sur place est considéré comme suspect et déposé à la prison de N’Zérékoré. Une équipe d’avocats et de journalistes a échappé à cette manœuvre, samedi dernier.

« La seule chose que je peux vous dire est qu’il se passe quelque chose d’incroyable à Womey. Toutes les maisons que nous avons vues avaient leurs portes défoncées. Cuisines, maisons d’habitation, magasins, boutiques, bars, tous ont été vidés de leurs contenus », nous a confié ce lundi, Maître Christoph Koné, avocat à la Cour, membre de la délégation d’Avocat sans frontières qui a été entendu sur PV. Avant de se voir confisquer son matériel de travail.

Grâce au gouverneur de la région de N’Zérékoré, Lancéi Condé, l’équipe de journalistes, d’huissiers de justice et d’enquêteurs de l’organisation de défense des droits humains, Avocat sans frontières Guinée (ASF) est toutefois rentrée, lundi 06 octobre, en possession de son matériel de travail. Mais d’après Maître Christoph Koné, cela s’est fait après que les données eurent été supprimées.

Le fait de leur rendre leurs appareils sans les enregistrements ne surprend apparemment pas le défenseur des droits humains, Maître Koné. D’après ses propres termes, « le gouverneur avait fait de cela une condition première pour son intervention » auprès de la force mixte. Ce qui lui fait dire que les militaires n’ont fait qu’obéir aux instructions des autorités à N’Zérékoré.

Pour l’opposant Faya Millimouno du Bloc Libéral et membre du comité de crise sur Womey, la suppression des données récoltées par une équipe indépendante sur un sujet aussi sensible est la preuve que les autorités veulent cacher quelque chose.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

 

Facebook