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Massacre du 28 septembre : cinq sans justice, les victimes expriment leur agacement

Heinan Goba  Dimanche, 28 Septembre 2014 19:44

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SACKO_Cheick_01Il y a cinq ans, dans et aux alentours du stade du 28 septembre dans la banlieue de Conakry, la capitale guinéenne, une manifestation des opposants à la candidature du chef de la junte alors au pouvoir était réprimée dans le sang. Une répression attribuée aux soldats de l’armée guinéenne. Particulièrement ceux de la garde présidentielle.

Pour tirer tout au clair, la justice guinéenne a ouvert une enquête. Des victimes présumées et des présumés coupables ont été entendus. Auditions dont la plus importante reste celle du capitaine Dadis Camara, chef de la junte. Des inculpations ont été posées. Ce qui fait dire à l’actuel ministre de la Justice, Cheick Sacko que « le dossier avance normalement ».

« Il y a trois magistrats qui travaillent sur ce dossier. Ce sont des magistrats professionnels à qui je fais confiance. Il ne m’appartient pas en tant que garde des sceaux, de chercher à savoir ce qui est dans le dossier. Heureusement d’ailleurs. Sinon je sortirais de mon rôle. (…) Alors je vous rassure que le dossier continue », a-t-il confié à la presse.

Avant de préciser, en revanche : « Mais comme vous le savez, dans des dossiers d’une telle ampleur, on ne peut pas aller aussi vite comme certains pourraient espérer. Malheureusement c’est comme ça. Et c’est l’argument que j’ai tenu également à la Cour pénale internationale (CPI). Mais si j’ai le sentiment qu’il y a un blocage, j’interviendrai. »

Si le ministre a le sentiment que les choses avancent, ce n’est pas le même état d’âme qu’a Hasmaou Diallo, présidente de l’AVIPA (Association des victimes, parents et amis du 28 septembre). S’exprimant, samedi 27 septembre devant la presse, elle a fait savoir que « cinq ans c’est trop ; il faut alors que ça s’arrête ».

Maître Amadou Oury Barry du collectif des avocats des victimes reconnaît qu’il y a quelques avancées. Mais pour consolider ces avancées, il a demandé aux juges d’orienter maintenant les enquêtes vers les auteurs présumés. Les intérêts civils comptent peu. Surtout que la presque totalité des victimes ont été auditionnées. Pour lui, il est donc temps de faire de la lumière sur cette affaire.

Dans l’esprit du thème de cette année, Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme) a émis l’espoir que la commémoration de ce cinquième anniversaire du 28 septembre 2009 soit la dernière avant la justice. « Il faut que la procédure soit accélérée. Et que le dossier soit clôturé dans un bref délai », a-t-elle martelé.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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