Imprimer

Lutte contre Ebola : des Donzos mis à contribution ?

Thierno Fodé Sow  Mardi, 16 Septembre 2014 15:05

Facebook

 

Donzos_01« Les gens racontent du n’importe quoi. Ils disent que nous avons amené des Donzos, des rebelles, alors que nous, nous formons les gens pour les déployer sur le terrain dans le cadre de la lutte contre Ebola dans le pays. Ils vont sensibiliser et informer les citoyens sur comment se prévenir contre Ebola. »

Cette déclaration de Lansana Komara du RGG, rapportée par un hebdomadaire guinéen crédible donne ainsi un réel éclairage sur la présence de la meute de Donzos, actuellement en formation dans l’école de l’excellence, dans les labyrinthes du quartier de Béhanzin, à quelques encablures de l’aéroport international de Gbessia. Lamine Komara estime qu’on peut aller dans n’importe quel autre endroit pour la formation de cette colonne de Donzos. Seulement, « Je ne sais pas pourquoi les Guinéens aiment faire de la politique politicienne. Nous avons la police, la gendarmerie et l’armée, qu’est-ce que nous allons faire de rebelles ? Mais l’opposition guinéenne a toujours agi de la sorte. C’est de la délation pure et simple », a tenté de rassurer Lansana Komara. Seul hic, rapporte l’hebdomadaire, le coordonnateur national, le Dr Sakoba Keita, n’a pas voulu s’aventurer à répondre à des questions pour confirmer ou infirmer cette déclaration de Lansana Komara. C’est dire que les doutes et interrogations restent. Des Donzos dans la lutte contre Ebola ? En lieu et place, si on prenait les étudiants en médecine ? Ou les autres jeunes policiers et gendarmes en formation ou au chômage ? Pourquoi pas l’armée elle-même comme elle est déjà dans l’assainissement de la ville de Conakry ? Pourquoi pas non plus recruter des jeunes volontaires natifs des localités réellement touchées ou ceux qui sont à Conakry qui connaissent parfaitement bien les leurs afin de mieux véhiculer les messages ? La sortie de Komara apporte plus de questions que de réponses.

De son côté Faya Millimouno du Bloc libéral dénonce la présence de « milices criminelles ». La présence remarquée et étrange des chasseurs traditionnels communément appelés Donzos défraie la chronique. Tant et si bien que des citoyens ont la peur dans le ventre, estimant que leur sécurité est fortement menacée, au regard du rôle funeste présumé qu’ont joué ces Donzos dans la répression des opposants au régime d’Alpha Condé, notamment lors des marches politiques et bien après.

Ces hommes aux accoutrements suggestifs faits de gris-gris, de cauris, de mouchoirs rouges et de miroirs, le tout assorti d’une queue de bête et de fusils de chasse ont pris leur aise à parader dans des voitures estampillées VA dans certaines Communes de Conakry supposées être proches de l’opposition. Ils ont été aperçus en cortège sur l’axe de Coyah. Logés à la bonne enseigne, ces hommes dont la présence est sans cesse dénoncée par certains leaders politiques, notamment Faya Millimouno du Bloc libéral, doivent décliner en principe leur motivation. De son côté, le leader du BL les qualifie de bandits, de milices criminels. Extraits : « Nous avons la police, la gendarmerie et l’armée pour la défense de la sécurité civile et du territoire national. Nous sommes quelques rares politiciens guinéens qui dénonçons la présence des groupes armés qui ne rentrent pas dans le cadre des forces régulières. Ces chasseurs traditionnels sont également établis en zone forestière et cela fait longtemps que nous le dénonçons. La Guinée est une République on ne peut donc pas avoir la police, la gendarmerie et l’armée et avoir une autre faction de milices. Ils doivent chasser en brousse. Si c’est à Conakry, ils sont des criminels. La sécurité des citoyens est menacée. »

Aujourd’hui, ni l’état-major de l’armée, ni la gendarmerie encore moins la police ne lèvent le petit doigt pour fustiger cette milice. Leur regroupement est connu. Ils sont dans le quartier de Béhanzin, sur les hauteurs de l’aéroport international de Conakry Gbessia. Dans l’enceinte de l’école publique, «  Lycée de l’excellence », des sources confirment que l’effectif peut avoisiner quelque deux cents personnes qui s’entraînent, parlant des langues nationales, autres dialectes. Certains baragouinent le français, nous rapporte-t-on. A la tombée de la nuit, rapportent des riverains, des voitures tout terrain aux vitres teintées ou non, stationnent, et des responsables du parti au pouvoir sont aperçus. Plus de détails ! Sont-ils donc protégés ? La réponse est sans équivoque ! « Ils sont là contre Ebola ». On vous l’a dit non ? On n’ergote alors plus sur cette soldatesque !


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

 

Facebook