Richard Tamone Dimanche, 24 Août 2014 21:00
Ce sont plus de 40 tonnes de produits pharmaceutiques contrefaits qui ont été saisies par les agents de la direction de la surveillance douanière à Gomboya, une localité située à la périphérie de Conakry. Ces produits contrefaits ont été dissimulés dans des camions en partance vers l’intérieur du pays. Cette saisie remonte à la fin de l’année 2013.
Après une longue procédure administrative, le lundi 18 août dernier, des produits caducs pour la consommation ont été transportés pour être incinérés au niveau de la décharge de Dar-es-Salam, située dans la commune de Ratoma. Les spécialistes estiment la valeur de ladite marchandise prohibée à près de 100 millions de nos francs. Lors de la cérémonie d’incinération, les services techniques, notamment la douane, la gendarmerie, la justice, la direction des services de ville propre de la ville de Conakry, étaient présents sur les lieux.
Sur la genèse de la saisie, le colonel Faya Maomi, directeur de la surveillance douanière, rappelle que c’est lors d’un contrôle routier de routine que ces agents ont réussi à mettre la main sur ces produits nuisibles pour la santé humaine, à Gomboya, dissimulés dans des camions : « mes agents ont constaté que les fraudeurs ont mis sur les produits pharmaceutiques contrefaits, des sacs de riz afin de pouvoir tromper la vigilance des agents », a expliqué le directeur de la surveillance douanière. Sur la même lancée, colonel Faya Maomi a ajouté que les documents qui accompagnaient aussi la cargaison n’étaient pas conformes.
Dans la foulée, l’officier de la direction générale des douanes a dit qu’ils ont cherché davantage à avoir effectivement la qualité des produits saisis. « Dans ce sens une centaine de chaque catégorie de produit a été prélevée et envoyée dans les laboratoires et, après analyse, l’on s’est rendu compte que 80% étaient des produits contrefaits. Suite à cela, on a saisi la cargaison, que nous allons incinérer », a-t-il précisé.
A la question de savoir où sont les propriétaires de ces produits pharmaceutique contrefaits, l’huissier présent nous a fait savoir que ce jour, c’était le volet de l’incinération des produits : « le cas des propriétaires, ça c’est une autre procédure qui doit se développer devant les juridictions », a-t-il indiqué.
Pour sa part, Mohamed Gonzilé, directeur des services ville propre de la ville de Conakry, a déclaré que notre pays est en train de bâtir une autre histoire, en ce sens qu’à un moment donné de son évolution, l’on ne pouvait pas parler du fonctionnement réel des services administratifs mais qu’actuellement les services administratifs sont en train tant bien que mal de faire leurs missions régaliennes. « Si l’on empêche la rentrée, il n’y en aura pas sur le terrain. Ainsi nous demandons aux services techniques de s’impliquer davantage pour que la loi triomphe. Si la loi ne triomphe pas, on n’aboutira pas à des choses de ce genre », a indiqué Mohamed Gonzilé.
Selon bon nombre spécialistes, ces produits pharmaceutiques contrefaits sont à la base de soucis de santé. « Aujourd’hui, c’est un fléau qui menace dangereusement la population guinéenne. Nous parlons souvent des crises dues aux AVC, mais beaucoup ne savent pas que l’une des causes principales, ce sont ces faux médicaments », a soutenu le colonel Pévé Touré, porte-parole de la direction générale des douanes. Il a ajouté que beaucoup de produits pharmaceutiques qui sont sur le marché ne sont pas de bons médicaments.
Richard Tamone
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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