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Accusée de fuite en avant : la CENI, un instrument aux mains du pouvoir?

Mohamed Diallo  Jeudi, 21 Août 2014 21:05

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CENI_01La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a lancé un appel d’offres pour le recrutement d’un opérateur technique international qui aura pour charge la révision du fichier électoral, la déduplication et l’édition des listes et des cartes d’électeurs. Ceci, en prélude à l’élection présidentielle de 2015. Force est de constater que l’opposition n’est pas restée indifférente à cette démarche, qu’elle qualifie de « fuite en avant ».

Ce mercredi au moment où nous mettions sous presse, l’opposition devait se retrouver au Palais du peuple pour définir l’attitude à adopter encore une fois face à cette annonce faite par la CENI d’ouvrir la candidature à tous les opérateurs désireux de postuler, y compris le sud-africain Waymark accusé de tous les péchés d’Israël par cette même opposition. Les opposants dénoncent cette attitude de la CENI qui consiste « à précipiter le recrutement d’un opérateur de saisie ». La CENI ne jouerait pas franc-jeu, étant selon ses détracteurs « à la solde du pouvoir ». L’on se rappelle d’ailleurs que dans un passé récent, la CENI a été l’objet de beaucoup de controverses dans sa gestion de la logistique électorale.

Pour revenir à cet appel d’offres qui commence déjà à faire grand bruit au sein de la classe politique, il faut dire que c’est à travers un communiqué que la CENI a choisi une société française pour procéder au recrutement du nouvel opérateur technique devant gérer les élections à venir.

La CENI précise dans son communiqué que le consultant français, Business Card Associates, BCA de France, choisi parmi neuf postulants, s’active pour lui offrir son expertise dans la rédaction du cahier de charges et du dossier d’appel d’offres pour un éventuel recrutement de l’opérateur. Et dans l’avis d’appel d’offres international N°003/BE/SG/CENI/2014, l’institution précise : « Conformément aux dispositions de l’articles 2, alinéa 3, du code électoral et l’article 132 de la Constitution qui stipulent que "la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est chargée de l’établissement et de la mise à jour du fichier électoral, de l’organisation, du déroulement et de la supervision des opérations de vote. Elle en proclame les résultats provisoires". Et en prélude à l’élection présidentielle de 2015, la CENI de la République de Guinée exprime le besoin de sélectionner et de recruter un opérateur technique international pour la mise à jour du fichier électoral biométrique à cet effet. Cette expression de besoin répond à l’application des dispositions du point 9 de l’accord politique global inter guinéen du 3 juillet 2013. »

 Toutefois l’opposition déplore que cette institution ne fasse pas preuve « d’indépendance et d’impartialité » dans sa mission. En tout état de cause, des commissaires issus de l’opposition ont beau figurer dans l’organigramme de la structure, cela n’influerait en rien sur la dérive de la CENI qui, à cette allure, perd toute crédibilité aux yeux de l’opinion, au point de ne pas pouvoir se targuer d’organiser des élections transparentes dont le pays a grand besoin pour sortir de l’impasse.


Mohamed Diallo
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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