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An 56 de la Guinée à Mamou : la lenteur dans la mise en œuvre des projets inquiète
Heinan Goba Mardi, 19 Août 2014 17:08
A 45 jours de la célébration de la fête de l'indépendance dans la région administrative de Mamou, deux responsables de la société civile guinéenne dénoncent des manquements graves. Ibrahima Balaya Diallo du Forum civil et Mody Amadou Morenga Diallo de la Terre vivante s’inquiètent de la lenteur dans l’exécution des travaux et des énormes cas de surfacturation des prestations. Ils fustigent surtout le refus des autorités de répondre à la principale préoccupation de la jeunesse de la région : la construction d’un palais des sports dans la ville de Mamou.
A l’entame de son discours devant la presse ce mardi, Ibrahima Balaya Diallo a rappelé que la délocalisation de la fête de l’indépendance à l’intérieur du pays avait réjoui à plus d’un titre. Ce dans la mesure où elle permettrait d’assurer un développement harmonieux du pays. Mais d’après le défenseur des droits humains, « force est de constater aujourd’hui que la célébration de ces festivités profite à un groupe de personnes. Elle sert à nourrir une oligarchie au détriment du développement de la nation. »
« C’est le moment de tirer la sonnette d’alarme. On était optimiste mais il y a de graves violations. », a dit Ibrahima Balaya Diallo. Pour qui, « rien que pour des rénovations, d’énormes sommes d’argent ont été débloquées ». A titre d’exemples, le président du Forum civil cite l’exemple du siège du gouvernorat de région qui va coûter huit milliards de francs guinéens. Contre sept milliards de francs guinéens pour le bloc administratif de la préfecture.
Ce n’est pas seulement le fait d’effectuer ces dépenses comme la réfection de la place de l’indépendance à 15 milliards de nos francs. Ce, pendant que les populations vivent dans la misère qui fait le courroux de Balaya. Mais le fait pour les autorités de ne pas écouter la population. « On n’a pas cherché à connaître les problèmes de la population ». Pourtant, indique-t-il, « le besoin des jeunes était clair : la construction d’un palais des sports à seulement quatre milliards ».
Le coût global des travaux pour le compte de la célébration des festivités du 56e anniversaire de l’indépendance est de 234 milliards de francs guinéens. D’après Balaya Diallo, 16 milliards ont été soustraits de ce montant pour la rénovation du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Ce qui prouve à suffisance, d’après lui, la gabegie financière qui caractérise la réalisation du programme des festivités de l’indépendance du pays à Mamou.
Dans la même logique, Mody Amadou Morenga Diallo a fait cas des « insuffisances et des frustrations » dues à la mauvaise qualité des prestations, à celle des matériaux de construction. Mais aussi et surtout au fait qu’un seul entrepreneur du nom de Mamady Kalo ait pu rafler tout le marché. Au détriment des autres qui ont dépensé en vain. Pour lui, « ce qui se passe à Mamou est un scandale historique ». Et s’il y avait des récompenses à donner, ce Kalo recevrait une médaille.
Comme pour répondre aux critiques, d’après Morenga Diallo, « c’est ce lundi 18 août que le comité mis en place depuis avril a tenu sa première réunion ».
Morenga Diallo estime que beaucoup de choses ont été faites mais le besoin des jeunes, à savoir, être doté d’un palais des sports, n’a pas été satisfait. Pourtant, dira-t-il, « le drame de Taouyah résulte d’un manque d’infrastructures pour l’épanouissement de la jeunesse ». « La jeunesse n’a pas besoin de rénovation. C’est lamentable ce qu’elle subit. Pourtant le projet a été approuvé par les autorités au plus haut niveau », a fait savoir le président de Terre vivante.
Par ailleurs, Morenga Diallo a fait savoir que si, à Mamou, il a été procédé à des rénovations, les choses sont au ralenti à Pita et à Dalaba, deux des trois préfectures que compte la région de Mamou. Et comme à Mamou centre, d’après le président de Terre vivante, « les travaux souffrent de surfacturation ». Mais il estime que « rien n’est encore tard ». « A force de dénoncer ces insuffisances, nous estimons que les autorités essayeront de revoir les choses en prenant en compte les besoins de la population », a-t-il conclu.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
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