Heinan Goba Jeudi, 14 Août 2014 22:16
Mouctar Bah, journaliste à l’AFP (Agence France Presse) et correspondant de Radio France internationale en Guinée depuis plus d’une décennie, a donné ce jeudi 14 août 2014, son avis sur l’état de la liberté de la presse en Guinée. Mais aussi sur celui du niveau de formation des journalistes guinéens. C’était au cours d’une conférence-débat sur « la bonne conduite dans l’exercice du métier de journaliste ».
D’après le journaliste, « la presse est libre en Guinée. Ses victimes sont aussi tolérantes. Il n’y a pas un journaliste en prison en Guinée. Pourtant, même dans les pays comme le Sénégal, un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest, il y a des journalistes qui sont emprisonnés ». Mais il a appelé la génération montante à ne pas se fier à cet état de fait pour « se comporter comme un vulgaire individu. Se taire si l’on ignore ce dont il s’agit. »
Pour avoir l’estime du public et garder toute sa dignité, le correspondant de RFI en Guinée a demandé aux journalistes d’avoir une bonne conduite dans l’exercice de leur métier. Et la bonne conduite d’après lui, reste à être entre autres, humble et respectueux. Il a surtout conseillé aux journalistes de ne pas se servir de leur organe de presse pour régler des comptes à leurs adversaires.
Depuis un certain temps, la presse guinéenne est devenue « un fourre-tout ». Comme l’enseignement, tout ceux qui n’ont pas obtenu de l’emploi dans leur spécialité, sont venus dans la presse. Nombreux sont ceux qui exercent actuellement ce métier en Guinée, rien que pour de l’argent. Ce, au détriment des règles du journalisme et l’image du journaliste. Mouctar Bah a demandé aux journalistes, en majorité des jeunes, de cesser ces comportements qui s’apparentent à de la prostitution, d’après ses propres termes.
Sur le niveau de formation des journalistes, il a affirmé que « le niveau des journalistes guinéens est approximatif ». Précisant qu’il « n’est pas exagéré de le dire ». Pour lui, « il y a encore du chemin à faire pour qu’il y ait de bons journalistes en Guinée ». Parce que d’après lui, « ceux qui sont au fait déconnent ». Comme solution, il a conseillé aux jeunes « la formation ». Et surtout ne pas avoir honte de montrer qu’ils ont des lacunes.
Enfin le conférencier a partagé avec les jeunes journalistes, le peu d’expériences qu’ils ont. Ces derniers ont pu trouver des réponses à leurs inquiétudes auprès du conférencier. Tout cela sous l’œil vigilent de la directrice de la Maison de la presse de Guinée. Qui a également répondu à certaines des questions des journalistes.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
![]()