Exercice du journalisme : comment se conduire, d’après un journaliste de l’AFP

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Maison_presse_Conakry_01Mouctar Bah, journaliste à l’AFP (Agence France Presse) et correspondant de Radio France internationale en Guinée depuis plus d’une décennie, a donné ce jeudi 14 août 2014, son avis sur l’état de la liberté de la presse en Guinée. Mais aussi sur celui du niveau de formation des journalistes guinéens. C’était au cours d’une conférence-débat sur « la bonne conduite dans l’exercice du métier de journaliste Â».

D’après le journaliste, « la presse est libre en Guinée. Ses victimes sont aussi tolérantes. Il n’y a pas un journaliste en prison en Guinée. Pourtant, même dans les pays comme le Sénégal, un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest, il y a des journalistes qui sont emprisonnés Â». Mais il a appelé la génération montante à ne pas se fier à cet état de fait pour « se comporter comme un vulgaire individu. Se taire si l’on ignore ce dont il s’agit. Â»

Pour avoir l’estime du public et garder toute sa dignité, le correspondant de RFI en Guinée a demandé aux journalistes d’avoir une bonne conduite dans l’exercice de leur métier. Et la bonne conduite d’après lui, reste à être entre autres, humble et respectueux. Il a surtout conseillé aux journalistes de ne pas se servir de leur organe de presse pour régler des comptes à leurs adversaires.

Depuis un certain temps, la presse guinéenne est devenue « un fourre-tout Â». Comme l’enseignement, tout ceux qui n’ont pas obtenu de l’emploi dans leur spécialité, sont venus dans la presse. Nombreux sont ceux qui exercent actuellement ce métier en Guinée, rien que pour de l’argent. Ce, au détriment des règles du journalisme et l’image du journaliste. Mouctar Bah a demandé aux journalistes, en majorité des jeunes, de cesser ces comportements qui s’apparentent à de la prostitution, d’après ses propres termes.

Sur le niveau de formation des journalistes, il a affirmé que « le niveau des journalistes guinéens est approximatif Â». Précisant qu’il « n’est pas exagéré de le dire Â». Pour lui, « il y a encore du chemin à faire pour qu’il y ait de bons journalistes en Guinée Â». Parce que d’après lui, « ceux qui sont au fait déconnent Â». Comme solution, il a conseillé aux jeunes « la formation Â». Et surtout ne pas avoir honte de montrer qu’ils ont des lacunes.

Enfin le conférencier a partagé avec les jeunes journalistes, le peu d’expériences qu’ils ont. Ces derniers ont pu trouver des réponses à leurs inquiétudes auprès du conférencier. Tout cela sous l’œil vigilent de la directrice de la Maison de la presse de Guinée. Qui a également répondu à certaines des questions des journalistes.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #3 Gigo dit Gilbert Balla Guilavogui 16-08-2014 16:30

Dire que "la presse est libre en Guinee".Je comprends!Tu dis le contraire,on te fait la peau.
La Donzocratie est en marche!
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+6 #2 Gandhi 14-08-2014 23:44

La presse est libre... d'écrire n'importe quoi.
Si on prend au premier degré, la presse guinéenne est loin d'être libre, c'est la raison pour laquelle des journalistes de la RTG ont été virés, certains sont menacés, d'autres sont poursuivis. On ferme temporairement ou définitivement certains journaux ou TV. La RTG est monocorde, monocolore et insipide. Et Mouctar Bah ose dire que la presse est libre, lui qui doit la conservation de sa place à la détermination de RFI. Heureusement que la presse occidentale est libre elle, de ne pas résister aux pressions...
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+4 #1 amadusdialamba 14-08-2014 22:56

«La presse est libre en Guinée. Ses victimes sont aussi tolérantes. Il n’y a pas un journaliste en prison en Guinée » Bravo ! Je suis heureux d’apprendre qu’il n y a pas de journaliste en prison en Guinée. Une avancée très significative vers une véritable liberté de la presse chez nous. Personne n’aurait pu imaginer cela vers les années 70. Mais qu’à cela ne tienne, je veux juste rappeler au représentant de la Grand Radio France Internationale, en donnant des exemples, de ne pas oublier aussi de citer des cas tel que celui d’un brave journaliste de la place qui a failli laisser sa peau lors d’un accrochage avec le plus haut responsable de la République. Ce dernier est aujourd’hui forcé de vivre hors des frontières de sa terre natale, loin de sa famille. Ça c’est plus qu’une prison ferme. Don chez nous au lieu de la prison, c’est le pire qui attend les réfractaires. Alors n’allons pas si vite en besogne. Ensuite n’oublions pas également qu’à cause de la cruauté de l’administration, aucun journaliste n’osera aller trop loin dans ses livraisons même s’il possède toutes les pièces justificatives. Demandé à feue Mme Boiro qui n’était même pas un journaliste mais simple témoin gênant.
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