Heinan Goba Jeudi, 15 Septembre 2011 16:47
L'Archevêque de Conakry, coprésident de la commission provisoire de concertation pour la réconciliation nationale, Monseigneur Vincent Koulibaly, a fait savoir dans une déclaration, mercredi 14 septembre, sur les antennes des médias d'Etat que « la réconciliation nationale ne passera pas par des manifestations grandioses mais par une réelle prise de conscience de la part de tous les Guinéens. »
« C'est en prenant conscience de tout ce qui a emmené les Guinéens, jadis unis, à se regarder aujourd'hui d'un mauvais œil que la réconciliation sera possible. Ce n'est par des mamayas ou encore des ateliers et autres rencontres qui se tiennent loin de la majorité des Guinéens concernés la question » a indiqué le prélat. Qui appelle à la réconciliation des Guinéens de tout son vœu.
L'histoire commune de la Guinée est jalonnée de graves atteintes aux droits de l'homme, de crimes contre l'humanité, de massacres, d'exécutions extrajudiciaires. A toutes ces exactions, si elles sont imputables aux régimes qui se sont succédé à la tête du pays, on peut voir une forte dose de la complicité de chaque Guinéen, d'après l'Archevêque de Conakry.
Selon Monseigneur Vincent Koulibaly, des groupes d'intérêt ont collaboré avec le régime dans la mise en place des tribunaux populaires. Des Guinéens ont chanté et dansé pour le chef alors qu'il donnait la mort à d'autres Guinéens. Il en a été de même pour tous les régimes politiques qui se sont succédé en Guinée. Pourtant ces régimes ne pensaient qu'à leurs intérêts personnels.
Selon Monseigneur Vincent Koulibaly, la difficulté qu'ont aujourd'hui les Guinéens de vivre ensemble, ne trouve pas son origine dans les relations entre une ethnie et une autre. Plutôt entre l'Etat et les citoyens. Aucune ethnie ne peut se dire victime d'une autre car le caractère ethnique des régimes n'existe pas.
Face à cette situation où les victimes des uns sont devenus les bourreaux des autres et vice-versa, la seule chose à faire, indique l'Archevêque de Conakry, c'est demander pardon au Créateur de l'univers afin qu'il repende sa miséricorde sur le pays. D'où l'appel à une journée de prière le 28 septembre.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com
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