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Compaoré chez Alpha : le sort de Dadis au menu des échanges

Aliou Sow  Jeudi, 17 Juillet 2014 22:05

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COMPAORE_Blaise_2_01Le chef de l’Etat burkinabé Blaise Compaoré doit effectuer une visite ce jeudi 17 juillet 2014 à Conakry. Cette visite de travail et d’amitié de 48 heures sera certainement mise à profit avec son homologue Alpha Condé pour évoquer le sort du capitaine Dadis Camara, ex-chef de la junte militaire, que la justice guinéenne doit entendre dans le cadre des massacres du 28 septembre.

La venue de Compaoré à Conakry se situe dans le cadre du « renforcement des liens d’amitié et de fraternité existant entre la Guinée et le Burkina Faso ». C’est du moins la version officielle fournie par la présidence de la République. Mais certaines indiscrétions révèlent que le voyage de Blaise Compaoré doit porter sur quelques dossiers dont celui de Moussa Dadis Camara, ex-chef de la junte, qui coule des jours heureux au Faso, pour des raisons de convalescence. C’est après avoir essuyé des blessures émanant des tirs de son ancien aide de camp « Toumba » Diakité, suite à une altercation survenue le 3 décembre 2009, que Dadis, une fois soigné au Maroc, a été orienté sur Ouagadougou. Depuis cette époque, son retour au bercail demeure un mystère. L’heure a-t-elle enfin sonné pour le retour d’exil du capitaine ? La venue de Compaoré à Conakry pourra certainement nous éclairer. Car la pression se fait de plus en plus grandissante sur le traitement réservé au dossier relatif aux massacres du 28 septembre. Des ONG de défense des droits humains dont la FIDH, Human Rights Watch et Amnesty International réclament toutes, la diligence de l’affaire. Sans oublier la pression exercée par la Cour pénale internationale (CPI) sur les autorités guinéennes. La Guinée a promis de faire la lumière sur ces massacres. Pour cela, il faudra auditionner les chefs militaires au moment des faits, dont en premier Dadis Camara. En plus du cas Dadis, Alpha et Blaise devront aussi effleurer des questions relatives à la sécurité dans la sous-région, notamment pour ce qui est de « la menace terroriste qui sévit dans la zone, ainsi que la circulation des armes légères », et d’autres points liés aux échanges entre les deux pays, en termes de développement. A cela il faut ajouter la situation politique de leurs deux pays, où la tension entre pouvoir et opposition devient de plus en plus vive. Il faut rappeler que le président Blaise Compaoré a joué le rôle de médiateur dans la crise guinéenne, durant la transition en 2010. Il avait à l’époque réussi à arrondir les angles, pour parvenir à l’organisation de l’élection présidentielle durant la même année.


Aliou Sow
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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