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La Guinée à nouveau plaque tournante du trafic de drogue en Afrique de l’ouest ?

Heinan Goba  Dimanche, 29 Juin 2014 14:48

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Observatoire_guineen_des_drogues_01La journée internationale de la lutte contre la drogue et la toxicomanie a été célébrée ce jeudi 26 juin à travers le monde entier. L’occasion a été mise à profit par l’Observatoire guinéen des drogues et de la toxicomanie pour débattre avec la presse de l’insuffisance des actions des pouvoirs publics dans la lutte contre la drogue en Guinée. Une insuffisance d’actions qui a valu à notre pays avant l’avènement du CNDD, le qualificatif de plaque tournante du trafic de drogue en Afrique de l’ouest.

Selon un rapport de l’ONU sur la drogue et le crime organisé cité par Aboubacar Sidiki Diakité, juriste au service de l’Observatoire guinéen des drogues et de la toxicomanie, « 200 millions de personnes consomment de la drogue à travers le monde. 25 millions de personnes souffrent d’une dépression mentale suite à la consommation de drogue. Plus de la moitié de ces malades meurt. Et les plus exposés sont les jeunes ».

La Guinée étant un pays convoité par les trafiquants de drogue à cause de sa large façade maritime et ses nombreuses frontières terrestres, ne devrait pas lésiner sur les moyens de lutte contre ce fléau qui menace sa société, d’après Aboubacar Sidiki Diakité. Qui rappelle que l’avènement de Moussa Dadis Camara suite à la mort de Lansana Conté a mis les trafiquants en déroute. Mais que depuis un certain temps, c'est-à-dire l’avènement des autorités actuelles, les narcotrafiquants ont repris leur activité.

La cause de cette reprise que le juriste qualifie de spectaculaire est selon lui, le manque moyen adéquat mais la corruption au sommeil de l’Etat, le laxisme de la justice. D’après Diakité, en plus du chanvre indien et du crack, le trafic illicite et la consommation des drogues dures comme la cocaïne est une pratique en Guinée. Et ce ne sont pas les services de sécurité qui manquent de moyen de lutter ni les juges qui ne peuvent pas résister devant les billets de banque qui diront le contraire.

Face à cette situation qui engendre la prostitution, le banditisme, la criminalité dans un pays, Aboubacar Sidiki Diakité estime que les acteurs sociaux guinéens doivent prendre leur responsabilité. « Ne perdons pas de vue que les pouvoirs publics seuls ne peuvent pas mener cette lutte », a-t-il fait savoir. Même s’il considère leur rencontre avec les hommes de média comme une manière d’interpeller l’Etat sur cette importante question. Ce, afin qu’il mène suffisamment d’actions.

Aboubacar Sidiki Diakité qui était en compagnie de son président Félix Dounia Millimouno a enfin, exhorté les journalistes à rechercher et diffuser énormément d’information sur les conséquences de la consommation de la drogue. Les hommes de médias ont promis de faire ce travail qui est du reste le leur. Mais ils ont à leur tour demandé à l’ONG de ne pas se contenter des déclarations à la presse. D’aller sur le terrain, vers les toxicomanes pour les sensibiliser.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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