Mohamed Koula Diallo Lundi, 02 Juin 2014 21:41
Le leader de l’opposition Cellou Dalein Diallo a menacé samedi de reprendre les manifestations de rue. De retour d’un long périple à l’étranger durant lequel il a participé au 59e congrès de l’Internationale libérale, il replonge dans le vif de la vie politique et dénonce ce qu’il qualifie de refus de dialogue et refus de mise en application des accords du 03 juillet 2013.
Dans la matinée de ce samedi 31 mai 2014, l’assemblée générale ordinaire de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) s’est donc tenue à son siège sis à la Minière sous la présidence du président du parti Elhadj Cellou Dalein, qui revient d’une longue tournée qui l’a conduit en Europe et en Chine.
Comme il est de coutume, le siège du parti avait fait le plein, dans une ambiance festive où les artistes se sont succédé avant l’arrivée du président. Prenant la parole, le président Cellou Dalein est revenu longuement sur cette tournée.
L’étape de l’Europe a été décisive, a-t-il dit. Elhadj Cellou en a tiré un réconfort et surtout il a bénéficié du soutien de ses alliés réunis au 59e congrès de l’Internationale libérale où l’UFDG est observateur. Une occasion mise à profit pour « dénoncer l’exclusion, l’injustice, les violations des droits de l’homme en Guinée. » Cellou se réjouit d’avoir fait voter par ce congrès « une résolution qui exige que les accords du 3 juillet soient respectés. Je vous rappelle qu’on a exigé dans cet accord l’identification des coupables qui ont assassiné nos militants et leur traduction devant la justice, le gouvernement s’était engagé à rembourser les victimes des pillages, nous avons aussi rappelé que l’engagement avait été fait de recruter un opérateur pour les prochaines échéances électorales. »
Le président du parti très remonté déplore que « on ne voit aucune volonté de la part des autorités pour respecter ce qui a été convenu dans ce dialogue inter guinéen et avec les signataires de la communauté internationale. »
Ensuite, M Diallo a affirmé que sa suite et lui-même ont rencontré la communauté guinéenne en Hollande où selon lui, près de 1500 Guinéens avaient fait le déplacement. Des moments forts de renouer avec les militants de ce pays. Puis suivra l’étape de la Belgique qui a été fondamentale selon Cellou : « A Bruxelles, nous avons rencontré les services d’immigration et on leur a demandé d’être indulgents avec les Guinéens. Nous leur avons dit qu’il y a des Guinéens qui sont victimes de harcèlement de la part du régime en place (à Conakry) et que le pays n’est pas stable. J’avais près de 35 fonctionnaires qui se sont mobilisés et m’ont écouté avec beaucoup d’attention. Notre message est passé et je pense que ce sera pris en compte. » Une autre étape, non des moindres a été celle de l’Angleterre, suivie par celle de la Chine où selon lui, « l’UFDG jouit d’une grande crédibilité. »
Par rapport aux prochaines échéances électorales, le président de l’UFDG ménage sa monture et invite ses militants à se mobiliser: « Il faut économiser nos forces, car nous avons beaucoup de défis à relever. Le combat doit commencer dès maintenant. On a des signaux qui montrent qu’Alpha Condé veut organiser une mascarade électorale. Nous n’allons pas accepter des résultats truqués. Nous n’accepterons plus que nos suffrages soient détournés. On sera malheureusement obligé de reprendre les manifestations pour exiger un scrutin transparent. » Et Cellou s’attaque pêlemêle à la gouvernance de l’actuel locataire de Sékoutouréya, dont il critique le bilan qui « est négatif et facile à faire ». Il dénonce la politique actuelle qui divise la Guinée : « Ce qui s’est passé à Porédaka est la politique sournoise du RPG. Au lieu de mettre en place une politique de réconciliation, c’est la politique de division qu’il pratique. Pour ce qui est de Rio Tinto, l’accord a été signé depuis 2002. Alpha n’a fait que retarder ce projet, car il voulait être propriétaire de tout. C’est un socialo-communiste. Il voulait être actionnaire à plus de 50%. Les partenaires ont exigé de lui de mobiliser les fonds. Il n’a pas pu, sinon ce projet pouvait être fonctionnel depuis 2013. » Cellou est revenu aussi sur les actions récentes orientées vers le parti au pouvoir pour relancer le dialogue. Au moins deux lettres ouvertes ont été adressées au gouvernement en vue de remettre sur table le processus électoral ; malgré cela le pouvoir reste sur sa logique de retarder les échéances. Ces derniers jours, une réunion des leaders de l’opposition a reporté la reprise des manifestations de rue que réclame une frange très agitée de l’opposition. L’approche du mois de Ramadan a été invoquée mais l’opposition reste sur ses gardes. Et le leader de l’opposition menace : « Nous avons demandé le dialogue, ils veulent la confrontation. Si c’est ce qu’ils veulent, l’opposition et l’UFDG sont prêtes.»
Une façon de dire que les lendemains sont plus qu’incertains dans la vie politique guinéenne.
El Hadj Mohamed Koula Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
![]()