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Affaire projet coton : réaction d’Ousmane Doré suite au verdict du tribunal de Kaloum
Heinan Goba Mercredi, 28 Mai 2014 23:43
Suite au verdict du tribunal qui les a renvoyés des fins de la poursuite pour délit non constitué, l’ancien ministre de l’Economie, Finances et Plan du gouvernement de consensus, Ousmane Doré, a fait une déclaration. Dans cette déclaration que nous publions ci-dessous intégralement, l’ancien ministre exprime sa gratitude à tous ceux qui l’ont soutenu en ce moment difficile. Mais avant, il ne manque pas de faire savoir que cette affaire a été montée de toute pièce par des individus mal intentionnés qui n’ont pour souci que de nuire à sa réputation.
« Déclaration
C’est avec une profonde consternation et une totale indignation que j’ai appris le 11 mars dernier par voie de presse la décision du tribunal de première instance de Kaloum prononçant une condamnation grave à mon endroit dans le cadre de l’affaire dite du projet coton. Ma consternation était d’autant plus profonde que je n’avais auparavant ni été notifié de la charge retenue contre moi encore moins informé de l’instruction d’un dossier me concernant.
Aussitôt que j’ai appris la décision, j’ai commis depuis Abuja les services d’un collectif d’avocats représentés ici par Me. Mory Doumbouya et Me. Amara Bangoura afin de m’aider à comprendre les dessous de cette décision du tribunal. C’est alors que j’ai appris que la décision du juge a été rendue par défaut, suite à une ordonnance de renvoi du juge d’instruction indiquant que j’étais en fuite. Au regard des vices de procédures relevés, mes avocats ont immédiatement fait opposition à la décision afin de l’anéantir et me donner l’opportunité de venir me faire entendre par le juge.
C’est dans ce cadre donc que je suis arrivé à Conakry depuis le 11 avril dernier pour contribuer à la manifestation de la vérité dans cette affaire. Faisant confiance à la justice de mon pays, j’ai tenu à venir en ma qualité de prévenu afin d’apporter des éclaircissements sur les charges infondées et concoctées à dessein contre ma personne. C’est pourquoi, j’avoue n’avoir été nullement inquiet et ai su donc rester serein, étant confiant que la vérité triompherait.
Il n’est donc pas surprenant qu’à la suite des auditions et débats contradictoires, le tribunal soit parvenu au verdict me disculpant de toutes les charges et allégations. Je me réjouis encore plus de savoir que cette décision a été rendue par le même juge qui, après avoir examiné les faits concrètement, a trouvé que rien dans ce dossier ne justifiait mon inculpation et confirmant ainsi l’avis du procureur qui avait requis mon renvoi des fins de la poursuite pour délit non constitué. Je remercie le tout-puissant Allah de les avoir guidés et donné la sagesse de dire le droit dans cette affaire.
Il va sans dire que ce procès a mis à nu l’extrême légèreté qui a caractérisé l’instruction du dossier. Sans pour autant verser dans des spéculations béantes, je peux vous dire que j’ai toutes les raisons de croire qu’il s’agissait d’une pure machination orchestrée par des individus mal intentionnés et déterminés à nuire à ma réputation. Ce qui explique la ruée médiatique qui a suivi la décision par défaut du 11 mars dernier avec parfois des affirmations gratuites telles que ma supposée fuite du pays ou mon apparent exil au Canada. Au passage, permettez-moi de vous dire que je ne peux nullement fuir ce pays que j’aime tant et que je visite au moins une fois par trimestre depuis mon départ d’ici en mai 2009. Je ne suis ni en exil ni à l’aventure. Je suis un haut fonctionnaire international représentant son institution (la BAD) dans le plus grand pays d’Afrique, à Abuja, depuis juin 2011.
Ces agissements contre un individu dont le seul crime est d’avoir sacrifié sa carrière internationale pour répondre à l’appel de sa patrie, sont malsains et resteront un combat de Sisyphe. Mon image bâtie sur plus de 20 ans d’expérience au FMI, à la BAD, en passant par l’Université de Harvard, ne saurait être ternie par de tels acharnements malveillants. Ma détermination à défendre ici comme partout ailleurs dans le monde, les couleurs de cette nation qui m’a tant donné et à qui j’ai tant à offrir, est inébranlable et ne peut être que galvanisée par de telles épreuves.
En acceptant de venir ici en 2007 après une longue carrière au FMI pour servir dans les fonctions de ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, j’étais animé d’un seul souci, celui de mettre mes compétences au service de la nation pour aider à la résolution de la crise socio-économique qui avait paralysé notre pays. Fidèle à cette mission, j’ai inlassablement mis en œuvre des réformes importantes qui ont permis la restauration du cadre macroéconomique et le retour de la confiance des partenaires au développement, au point que notre pays est arrivé à deux doigts du point d’achèvement de l’initiative PPTE en 2008 ; le taux d’inflation a été ramené de 40% à fin 2006 à moins de 10% en 2008 ; le franc guinéen s’est redressé très fortement ; et la croissance est repartie à 4,5-5%. Ces efforts louables m’ont valu d’être décoré de la haute distinction honorifique de commandeur de l’Ordre national du mérite pour services rendus à la nation.
Permettez-moi de passer le message suivant. Notre pays vient de loin mais il a encore du chemin à faire pour réussir son émergence économique et gagner le pari du développement durable et harmonieux. Nous restons encore confrontés à de nombreux défis qui nécessitent une optimisation rationnelle de nos ressources humaines, car la prospérité tant aspirée par les Guinéens ne se réalisera que par le génie créateur des hommes et femmes de ce pays. Pour ce faire, il est déplorable et insensé de savoir que des Guinéens peuvent se tourner contre des Guinéens pour assassiner leur caractère à travers les mensonges, les calomnies, et les accusations gratuites. Cela n’est pas de bonne guerre.
La bonne guerre entre nous est celle qui doit concourir à la résolution du paradoxe guinéen, à savoir la coexistence d’une forte pauvreté avec le vaste potentiel naturel et humain dont nous disposons. Nous devons donc chercher à promouvoir la culture de l’excellence et de la concurrence ; cultiver l’amour du prochain et l’esprit de tolérance. Ce n’est qu’à ce prix que nous poserons véritablement les fondements d’une société prospère.
Pour terminer, je voudrais ici exprimer ma gratitude au président de la BAD, Dr. Donald Kaberuka, qui a bien voulu me faire confiance en m’accordant le temps nécessaire pour venir clarifier cette affaire. Je remercie tous mes parents et amis ici à Conakry, Mamou, Oulada et Lola, pour avoir gardé leur foi en moi et prié pour ma protection. Mes remerciements vont aussi à tous mes collaborateurs et collègues de service à Abuja, Tunis, Abidjan, Paris, Boston et Washington DC pour leur soutien moral indéfectible à mon endroit durant ces 3 derniers mois.
Conakry, le 27 mai 2014
Dr. Ousmane Doré
Directeur des Opérations pour le Nigeria
Banque Africaine de Développement
Abuja, Nigeria »
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
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Commentaires
Nous avons des technocrates à la tête des partis, pas des politiques. Voilà la réponse aux "porquoi"
Gandhi, vous pouvez avoir raison, mais, cela permettrait dans ce cas de figure aux autres ( CDD et Sydia ) de se défendre vaillamment, des cas comme les leurs, inondent notre pays depuis qu'AC est président .Ils peuvent très bien empêcher la justice guinéenne de rentre un jugement inique, tout dépendre de leur volonté de se battre .
Ce n'est pas une question d'avoir raison ou pas. La prescription signifie qu'une poursuite contre tel délit ou crime n'est plus possible. Dès lors, je ne vois pas pourquoi il faudrait se justifier pour une infraction qui n'existe plus. Pour refaire l'histoire, il existe d'autres moyens que ces délations publiques infâmes.
AOT, oui, tout à fait mais cela pourrait permettre à ceux qui seront accusés, de prendre l'exemple sur le cas Doré . Surtout de savoir se défendre, de ne pas être là seulement à encaisser les coups sans en donner, tout le monde sait aujourd'hui que l'entourage d'AC est corrompu, il y a des cas flagrants qu'on peut facilement mettre à nu . hier, un article nous parlait de l'ex responsable des audits ( plus de 5 milliards détournés ), pourquoi l'opposition ne se s'empare pas des cas comme ça pour donner un coup fatal au pouvoir ? Ou le cas de Sable mining, les 200 millions US versés à Mohamed Alpha Condé ? pourquoi elle ( l'opposition )refuse d'utiliser ses munitions ?
Amen to that, brother...
Là , c'est un bon point eux pour Doré et pour la justice guinéenne, cela prouve qu'on peut être accusé de corruption et être acquitté par la justice ( même si c'est bancale ). Souhaitons que les autres dossiers accusés de la même sorte, puissent connaitre leur sort . A partir du moment où on est acquitté par la justice, le gouvernement ne pourra plus s'en servir pour la cause politique .
Youssouf c'est peut-être aussi vouloir démontrer que la justice est juste en Guinée et donc pouvoir dire demain que les accusations infondées qui arrivent seront également justes - vous notre PPAC est nul en tout sauf en machiavélisme...
Là , c'est un bon point eux pour Doré et pour la justice guinéenne, cela prouve qu'on peut être accusé de corruption et être acquitté par la justice ( même si c'est bancale).
C'est de la poudre aux yeux, car on ne pouvait pas condamner les 2 ex pour des faits prescrits, même si avec la pseudo-justice d'AC tout est possible. Il faut surtout retenir la mascarade envisagée. On s'attaque indirectement à un ex-PM (Kouyaté) pour montrer que personne n'est à l'abri, et pour porter ensuite des coups aux 2 autres ex-PM que sont Sydia et CDD, le véritable objectif en réalité d'AC. Si véritablement il voulait la justice, AC s'attaquerait à JMD pour 2 raisons. En premier lieu, parce qu'il a dit lui-même que la période dirigée par ce dernier avait été la plus néfaste pour les finances du pays, et qu'au titre de la prescription, il est encore temps d'agir juridiquement.
Bien qu,etant actuellement a Conakry, vous connaissez bien le pays. Il me sera tres difficile de retrouver les documents officiels. Peut-etre vous vous pourrez.
Bien a vous !
La justice ayant rétabli les faits. Nous te disons merci également. Nous t'attendons pour le savourer sous les manguiers !!!
AOT,
Mr Dore parle de l,Ordre National du Merite et vous vous parlez de Compagnon de l,independance. Je me demande qui de vous deux a raison. Affaire a clarifier.
Tout a fait et il suffirait de lire l’intitulé exact du titre qui lui a été attribué (et aux 49 autres je crois) ; vous verrez qu'il ne le méritait pas. Pourriez-vous svp le retrouver pour nous puisque vous êtes a Conakry actuellement ?
Continu ton travail,il y a des gens qui ne peuvent pas voir d'autres brillants.
Si Mr DORE avait ete indelicat dans ses fonctions de ministre il n'allait plus se retourner dans les institutions financieres ca au moins c'est un certitude.
Sidya par exemple ayant ete presque frere de OUATTARA n'a pas rejoindre ce dernier au FMI apres son debarquement parce que les NOTES au siege de la BM et FMI sentait le soufre.
Celui qui a berner les guineens c'est bien un certain ADAMA CAMARA qui s'est presente en guinee comme checheur venu du mexique .
Mr Dore parle de l,Ordre National du Merite et vous vous parlez de Compagnon de l,independance. Je me demande qui de vous deux a raison. Affaire a clarifier.
Il y a des bêtises stupides que l'on commet sans réfléchir et qui nous suivent toute notre vie car les paroles s'envolent mais les médailles et titres en chocolat ne s'oublient jamais.
Rendez cette médaille et ce titre aux guineens qui les méritent réellement et ensuite je croirait - un peu - a votre bonne foi et moralité...








