Affaire de surfacturation aux Travaux publics : Mohamed Traoré dans l’œil du cyclone

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TRAORE_Mohamed_01Le dossier de surfacturation des marchés au ministère des Travaux publics a été porté au niveau du parquet du tribunal de première instance de Dixinn, selon le groupe de défenseurs des droits humains engagés dans cette guerre contre des grilleurs d’arachides, dont Mohamed Traoré.

Pour rappel, trois organisations guinéennes de défense des droits de l’homme ont formulé une plainte le 14 mars 2014, contre Mohamed Traoré, Elhadj Ousmane Bah et Benjamin Sandouno, respectivement ministre des Travaux publics et ex-directeur du Fonds d’entretien routier (FER), ministre conseiller à la présidence, et directeur général adjoint du Fonds d’entretien routier. Pour cause, ce consortium d’ONG soupçonne ces hauts cadres de l’Etat de ‘’complicité, d’abstention délicieuse, de faux en écriture, détournement des deniers publics, concussion et trafic d’influence.’’ 

Pour Me Thierno Souleymane Baldé, président de l’IRDED, l’un des membres du consortium, après avoir déposé des courriers au ministère de la Justice, à l’Assemblée nationale et à la Cour suprême, le consortium d’ONG a jugé nécessaire d’écrire deux autres courriers dont un au Premier ministre et un autre à la Présidence. « Nous avons déposé deux lettres à la Primature et à la présidence de la République. Nous l’avons fait parce que nous voulons que justice soit rendue. Nous sommes des légalistes, c’est pourquoi nous ne briserons pas les étapes, mais il faut que les personnes incriminées comparaissent et répondent de leurs actes, si toutefois les faits sont avérés Â», précise-t-il. 

La bonne nouvelle dit-il, est le fait que le dossier a été transféré à un juge d’instruction au niveau du parquet de Dixinn pour mener des investigations. « C’est au parquet maintenant d’émettre une convocation après les enquêtes. Et nous allons dès demain voir le juge d’instruction pour lui annoncer notre volonté d’assister aux enquêtes en tant que partie civile au dossier », a-t-il souligné.

Sur même lancée, Me Nohan Traoré note « qu’on ne peut pas accepter qu’il y ait une immunité de facto pour les ministres en fonction et que d’autres anciens ministres soient traduits devant des juridictions comme on l’a vu récemment avec le projet coton. Il s’agit notamment de Mahmoud Camara et Ousmane Doré, tous deux anciens ministres du consensus. « Si l’indépendance de la justice était respectée en Guinée, plusieurs cadres ne pouvaient pas être ministres dans ce pays Â», a-t-il fait savoir.

Plus loin, Me Traoré menace d’organiser des sit-in ou des manifestations publiques si toutefois à ce niveau, ils n’obtenaient pas le résultat escompté. 


Elisa Camara
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+2 #6 Cisko 20-05-2014 14:10

@ Gandhi
Merci
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+2 #5 Gandhi 19-05-2014 19:44

Citation en provenance du commentaire précédent de Cisko:
Question pour Ghandi : En cas de flagrant délit de corruption, l'immunité d'un ministre pourra-t-il être invoquée?
Il est difficile de soutenir qu'on poursuit Ousmane Doré et Mahmoud pour des faits de corruption alors que des cas probables qui concernent les ministres actuels sont rangés dans le tiroir. La justice doit pouvoir faire quelque chose.

Les motifs de poursuite des ministres Doré et Camara ne sont pas la corruption (ni même passive), mais le détournement de fonds. C'est un délit qui se prescrit par 3 ans.
L'immunité d'un ministre peut être levée, mais en France par exemple, le flagrant délit peut dans certaines conditions très précises (certains crimes) aller jusqu'à un maximum de 15 jours après la commission des faits.
Si la justice peut intervenir n'importe quand, on va finir par déterrer les morts. On poursuit les crimes ou les délits au moment où ils se commettent, sachant qu'on peut disposer de 3, 5, 10 ou 20 ans selon les cas (voire imprescriptibilité pour les crimes contre l'humanité) et il faut se limiter là, sachant que ces délais peuvent quand même être augmentés dans certaines conditions.
Chaque cas est particulier, la récupération d'un titre de propriété immobilier ne se gère pas de la même façon qu'un vol ou qu'un détournement de fonds. Je m'étonne que notre pseudo professeur de droit n'ait pas l'imagination fertile ou qu'il considère que la vie se soit arrêtée en 1984 lui permettant de refaire l'histoire.
Doit-on refaire son procès, doit-on remettre en cause sa grâce présidentielle ? Attention à ne pas ouvrir la boite de Pandore.
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+2 #4 Cisko 19-05-2014 14:22

Question pour Ghandi : En cas de flagrant délit de corruption, l'immunité d'un ministre pourra-t-il être invoquée?
Il est difficile de soutenir qu'on poursuit Ousmane Doré et Mahmoud pour des faits de corruption alors que des cas probables qui concernent les ministres actuels sont rangés dans le tiroir. La justice doit pouvoir faire quelque chose.
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+1 #3 A.O.T. Diallo 17-05-2014 20:06

Mme Elisa Camara, "l'abstention délicieuse" c'est quand même bon dans la bouche dé!
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+2 #2 Gandhi 17-05-2014 08:33

Je n'ai pas souvenir qu'un ministre ou député ait perdu son "impunité de fait". En outre dans notre république bananière, il existe des présumés coupables avant jugement, qui doivent être incarcérés (Nouhou Thiam par exemple) et des présumés innocents avant jugement, qui doivent conserver leur liberté (Tiegboro Camara par exemple).
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+4 #1 amadusdialamba 16-05-2014 23:48

Citation « Si l’indépendance de la justice était respectée en Guinée, plusieurs cadres ne pouvaient pas être ministres dans ce pays », fin de citation. Pourquoi alors faire une distinction sur les plaintes visant les hauts cadres de l’Etat ? Car tout le monde sait que plusieurs Ministres de l’actuel gouvernement du Pro-faussaire trainent avec eux des sales dossiers dont des pièces d’écrous même pour certains. Normalement, la loi doit s’appliquée à tous les citoyens. Pourquoi les gens se taisent sur la nomination des cadres condamnés au sein de l’actuel gouvernement ? Ou bien la loi de deux poids deux mesures est permise parfois par la loi guinéenne ? Hô ! Cette pauvre de Guinée, mon pays …
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