Heinan Goba Mercredi, 14 Mai 2014 20:29
Le ministre de la Justice, Cheick Sacko, a suspendu à la fin de la semaine dernière et au début de cette semaine, pour « faute lourde », dit-on, le procureur de la République près le tribunal de Kaloum pour une durée de trois mois et le doyen des juges d’instruction du tribunal de Dixinn, jusqu’à nouvel ordre. Pour ne citer que le cas de ces deux.
Les décisions du ministre se fondent sur des manquements à la déontologie du métier de magistrat. Le procureur de Kaloum, El hadj Cissé, est sanctionné pour avoir libéré des étrangers soupçonnés de trafic de drogue. Le juge Gnakoro Camara l’est pour avoir laissé mourir un prévenu en prison. Ce après avoir reçu de l’argent des mains de la famille de ce dernier pour sa libération provisoire.
Certes, les faits pour lesquels les deux magistrats ont été sanctionnés sont d’une extrême gravité et sont commis au moment où la réforme de la justice en est cours. Mais ce qui est en revanche incompréhensible, c’est le fait pour le ministre de la Justice de prendre cette décision en lieu et place du Conseil supérieur de la magistrature. Le conseil de discipline en la matière.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
![]()