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Colère des syndicats, agitation de la classe politique : le pouvoir file du mauvais coton
Samory Keita Vendredi, 09 Mai 2014 00:03
Après sept mois de trêve observée grâce à l’organisation des élections législatives fin septembre 2013, le régime de Conakry risque de connaître de nouveau une traversée du désert à cause des mouvements sociopolitiques en vue. Les syndicats en colère s’apprêtent à déclencher une grève générale illimitée, au même moment, l’opposition de son côté menace de reprendre les rues pour faire respecter les accords du 3 juillet 2013.
Le 4 mai dernier, Conakry a abrité le 23e sommet de l’Union du fleuve Mano qui regroupe quatre pays. A savoir, la Sierra Leone, le Liberia, la Guinée et la Côte d’Ivoire. Cette rencontre a pris fin sur une note d’espoir pour la Guinée. C’est du moins ce que laisse entrevoir le communiqué final ayant sanctionné les travaux de ce sommet. La Guinée a volé la vedette aux autres membres de l’Union au cours de cette rencontre d’envergure sous-régionale. Car outre le poste de secrétaire général dont il dispose déjà , à travers Mme Kaba Saran Daraba, le pays présidera à partir de cette année aux destinées de l’Union. En remplacement de la présidente du Liberia. Mieux, le pays a été salué lors du sommet, pour son « évolution politique positive » enregistrée ces derniers mois. Notamment suite à l’organisation « pacifique » des élections législatives en septembre 2013.
Ces compliments de l’Union à l’endroit de l’un de ses membres méritent d’être mis à l’actif du pouvoir d'Alpha Condé et de la classe politique guinéenne, qui ont fait chacun, des concessions significatives qui ont permis la signature de l’accord politique global du 3 juillet 2013. Cet accord qui a sorti enfin la Guinée de sa longue et lancinante transition. Les élections législatives, après plus de 2 ans de retard, ayant été finalement été organisées et l’Assemblée nationale mise en place, dont le rôle principal est le contrôle de l’action gouvernementale.
Toutefois, si cet accord a sorti la Guinée du bourbier politique dans lequel elle s’était fourrée, les signes avant-coureurs d’une nouvelle impasse sociopolitique se font sentir. Ainsi, l’opposition qui dénonce la mauvaise foi du pouvoir et son refus d’être dans le corps de l’accord du 3 juillet, a, dans un communiqué publié le 3 mai, accusé Alpha Condé de refuser d’organiser les communales et communautaires, censées avoir lieu depuis le premier trimestre de 2014.
Dans ce communiqué, elle attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les « violations répétées de cet accord par le pouvoir ». Selon elle, le pouvoir, pour des raisons inavouées, refuse d’appliquer les dispositions prises dans cet accord. Et qui s’articulent autour de l’engagement diligent de poursuites judiciaires pour les violences liées aux manifestations politiques organisées par l’opposition dans le cadre des élections législatives ; l’indemnisation des victimes et ayants-droit des violences subies par les citoyens à l’occasion desdites manifestations ; le respect du principe constitutionnel de neutralité du service public et l’accès équitable de toutes les sensibilités politiques aux médias d’Etat, etc.
Dans la même foulée, elle a dénoncé la rencontre qu’Alpha Condé aurait récemment eue avec des commissaires de la CENI déjà acquis à la cause du pouvoir. Rencontre, au cours de laquelle, Alpha aurait donné des directives à l’institution, en faisant savoir clairement son opposition pour le recrutement d’un nouvel opérateur pour la présidentielle de 2015.
L’opposition a qualifié cette « immixtion » de l’exécutif, d’approche « discriminatoire » qui aura des conséquences néfastes pour la relance du processus électoral. Elle va non seulement « saper la cohésion au sein de la CENI mais aussi elle risque de décrédibiliser davantage l’institution face aux compétiteurs électoraux », a-t-elle souligné.
Plus loin, elle dit vouloir parer à la survenance d’une nouvelle crise dans le pays, mais indique qu’elle ne se laissera pas distraire, exigeant au passage la mise en œuvre totale des dispositions convenues dans le cadre de l’accord du 3 juillet 2013. Dans le cas contraire, elle prévient de recourir à la rue si le pouvoir continuait de s’entêter. D’autant que sa présence à l’Assemblée nationale ne lui retire pas le droit de manifestation comme le font croire ses détracteurs.
Et comme pour ne pas arranger les choses, l’inter-centrale syndicale vient, à son tour, de sortir de sa réserve pour dénoncer la précarité dans laquelle se trouve le fonctionnaire guinéen. Les nombreuses promesses du pouvoir n’ayant jamais été tenues. Tout en réclamant de meilleures conditions de vie, l’inter-centrale syndicale a lancé un préavis de grève. Qui expire le 13 mai prochain.
Et passé ce délai, les syndicats menacent de déclencher une grève générale illimitée. D’ores et déjà , toutes les négociations jusque-là entreprises par le gouvernement, ont été vouées à l’échec. Plus que cinq jours nous séparent de la date butoir fixée par les syndicats. A cette allure, le pouvoir semble filer du mauvais coton. Car le gouvernement peine à convaincre syndicats et opposition de sa bonne foi...
Samory Keita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
A ce que je sache,le syndicat est libre d'aller en grève et cela ne constituera point un argument pour certains pour trouver dent à régler leurs comptes avec le pouvoir en place.
Une fois encore,pour ceux qui oublient que nous ne sommes plus en transition,un simple mouvement syndical ne pourrait déstabilisé un régime démocratique à ce que je sache.
Donc, mettons balle à terre et soyons conséquents dans nos prises de position!
Sinon,qu'on me dise le régime qui avait fait mieux que ce régime en terme d'acquis sociaux(augmentation de quasiment 100% du salaire,instauration du SMIC et bientôt l'assurance maladie)!
Comment est-ce possible qu'en 2014, des guinéens puissent concevoir une telle chose et la montrer à la face du monde? Heureusement que le ridicule ne tue pas.
cette émission m'a plongée dans une énorme tristesse pour moi, pour mes enfants et pour mon pays.
Désolé pour tes enfants ma chère Guinée
Que Guineeactu.com ait copie de la plateforme ou pas ou est le probleme. Y a-t-il menace de greve ou pas. Alpha n,a qu,a s,asseoire et dire qu,il n, y a pas de plateforme et on va voir la suite.
Quelle est la plateforme revendicative?
Je suis d’accord avec vous, M. Kouyaté ! Il ne serait pas mal si cet article nous fournissait de plus amples informations. « Les nombreuses promesses du pouvoir n’ayant jamais été tenues. Tout en réclamant de meilleures conditions de vie, l’inter-centrale syndicale a lancé un préavis de grève ». Quelles « nombreuses promesses » ? Quelles sont ces « meilleures conditions de vie » ? Augmentation de salaire ? Sécurité sociale ?
Toutefois, il faut dire que ce genre d’articles « oubliant » de nous expliquer le fonds des problèmes n’est pas l’apanage de GuineeActu. Malheureusement!
Toutes les revendications doivent être consignées dans un préavis de grêve dont guineeactu.info ne detient encore la copie pour exhiber...
Guineeactu n'est pas partie prenante de la grève.
On te renvoie la question.
Pourquoi me renvoyer la question quand ce n'est pas mon rôle d'informer l'opinion nationale car, je ne suis pas un journaleux...
Tu me rappelles la Tunis mon frère.
Quelle est la plateforme revendicative?
On te renvoie la question.
Toutes les revendications doivent être consignées dans un préavis de grêve dont guineeactu.info ne detient encore la copie pour exhiber...
Wow, Mr Keita avec ces 2 postes vous pensez que nous avons dépassé la Cote d'Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone dans le classement régional du développement humain durable faisant de nous la nouvelle vedette ??
Si c'est le cas alors allez voir rapidement Makarena-Ble Goude : le poste de DG de la RTG sera bientôt disponible...








