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Face à l’épouvantail de la grève : le gouvernement panique

Boubacar Bagnan Diallo  Jeudi, 01 Mai 2014 17:37

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DIALLO_Amadou_CNTG_2_01Le mouvement syndical guinéen entend mettre à profit la célébration des festivités du 1er mai, consacré comme journée internationale du travail, pour déposer un préavis de grève, dont le déclenchement est prévu pour le 13 mai. Pris de panique, face à cette annonce, le gouvernement voudrait prendre le taureau par les cornes, pour empêcher cette grève, qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur la paix sociale.

A la veille de la fête internationale du travail, le mouvement syndical guinéen menace d’aller en grève à partir du 13 mai. Les syndicalistes dénoncent le non-respect des engagements pris par l’Etat dans les domaines de la santé et des enseignants. Ils soutiennent que les statuts particuliers des travailleurs de l’éducation et de leurs pairs de la santé ne sont pas respectés par le gouvernement.

Le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), Amadou Diallo, explique les raisons spécifiques de leurs revendications, qui concernent surtout les domaines de la santé et des enseignants. « Si ces premières revendications sont satisfaites, nous pourrions suspendre la grève du 13 mai 2013 », promet le syndicaliste.

Après cette menace de grève, le gouvernement a dépêché son porte-parole pour tenter de négocier avec le mouvement syndical. Cette négociation semble pourtant avoir accouché d’une souris. Car les syndicalistes campent sur leur position tant que les promesses ne sont pas visibles. « Malgré les promesses du porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara, à satisfaire nos réclamations, on lui a dit que ce n’est pas rassurant, tant que les actes posés ne sont pas visibles sur le terrain et qu’il n’y a pas vraiment un impact sur les bulletins de paie, nous ne serons pas rassurés », précise le secrétaire général de la CNTG.

Le plus urgent était les revendications liées au secteur de l’éducation et de la santé, explique pour sa part le porte-parole du gouvernement au sortir de ce round de négociation.

« Le syndicat et les travailleurs ne doivent pas être victimes d’un certain nombre de contraintes liées au retard ou dysfonctionnement. Je tenais à leur dire cela et à leur présenter nos excuses, mais également voir les solutions que l’on peut envisager ensemble pour régler un certain nombre de problèmes. Je le répète, ce sont essentiellement des problèmes administratifs sur lesquels nous avons un consensus, et il y en a d’autres sur lesquels nous continuons des négociations », indique le porte-parole du gouvernement.

Pour M. Camara, le plus important c’est de trouver un climat de conciliation qui a toujours prévalu face à des acteurs responsables. « Il faut faire de telle sorte que les évènements ne nous amènent pas à des situations de blocage », souhaite Albert Damantang Camara.

Cette menace de grève du mouvement syndical intervient à un moment où l’économie guinéenne bat de l’aile avec l’épidémie de la fièvre Ebola qui frappe le pays depuis le début de l’année. Les investisseurs pris de peur par cette maladie, font leurs valises pour quitter le pays. Une grève des travailleurs en cette période de vaches maigres ne viendrait sans doute pas arranger les choses.


Boubacar Bagnan Diallo
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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