Affaire projet coton : les débats rouverts à la demande de l’État

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CAMARA_Mahmoud_01Alors que les débats étaient clos et que les plaidoiries et réquisitions du ministère public seulement étaient encore prévues dans le procès des sieurs Ousmane Doré et Mahmoud Camara, deux anciens ministres poursuivis en justice pour des faits de détournement de deniers publics portant sur plus de 16 milliards de GNF, l’Agent judiciaire de l'Etat (AJE) à travers son avocat Maître Thomas Zomy est venu ce mardi demander sa constitution de partie civile.

Pire, sans attendre qu’il lui soit donné acte de la constitution de partie civile de son client, l’Etat guinéen qui prétend être victime des infractions reprochées deux anciens ministres, Maître Thomas Zomy a réussi à obtenir la réouverture des débats mais aussi et surtout le renvoi de l’affaire à une semaine. Prétextant qu’il ne connaît rien du contenu du dossier. Pourtant c’est l’Etat même qui a porté cette affaire au tribunal.

En réponse aux arguments de l'Agent judiciaire de l'Etat, arguments selon lesquels, il n’était pas informé de la tenue du procès, le représentant du ministère public a dit qu’il est archifaux de dire cela. Le procureur de la République a affirmé avec preuve à l’appui qu’il a bien notifié à l'Agent judiciaire de l'Etat, le démarrage du procès. Cela dans le but de l’amener à se constituer partie civile s’il estime que ses intérêts sont en jeu.

Maître Mory Doumbia, un des conseils d’Ousmane Doré s’est dit pas opposé à la constitution de partie civile de l’Etat mais à la demande de renvoi. Convaincu du fait que ce renvoi porte énormément atteinte aux droits de la défense.

Indiquant que le bureau de l’AJE est proche du tribunal comparativement à où se trouvait son client, Maître Mory a dit que ce n’est pas sérieux de la part d’une institution censée représenter l’Etat.

Poursuivant, Maître Mory Doumbia pourtant connu pour sa défense des intérêts de l’Etat, a fait savoir que la demande de son contradicteur est fantaisiste et même vexatoire. Pour lui, dès lors qu’il a été établi que l’AJE a refusé de venir défendre ses intérêts à temps, il n’y a même pas lieu de procéder à l’ouverture des débats. Mais pour le respect du contradictoire et pour la tenue d’un procès équitable, l’Etat peut être reçu dans sa constitution de partie civile.

Maître Mory Doumbia a conclu en disant ne pas souhaiter que ce procès soit une occasion pour créer des ennuis à d’autres personnes. Après avoir affirmé que l’avocat de l’Etat fait du dilatoire.

Pour sa part, Maître Touré Lamine a tout simplement affirmé que le comportement de l’Etat guinéen dans cette affaire est la manifestation de sa défaillance. Avant de faire savoir qu’il n’est pas question que leurs clients soient les victimes de cette défaillance. Et d’ajouter qu’il est convaincu que son éminent confrère, Maître Thomas Zomy, peut, même en prenant le train en marche, valablement soigner les intérêts de son client.

En réaction à tout ce qui a été dit par ses confrères, Maître Thomas Zomy a dit ses remerciements. Mais avant de poursuivre, l’avocat de l’AJE a tenu à préciser qu’il n’est pas un génie. Et que toutes les qualités que lui prêtent ses confrères étaient au-dessus de sa tête. Convenant toutefois avec ses amis qu’il est surprenant que ce procès puisse se tenir sans la présence de l’Etat.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+7 #1 Gandhi 30-04-2014 08:10

La Guinée, une république bananière.
Voilà l'État qui a porté plainte contre deux individus (comme il s'agit d'une affaire d'argent pour laquelle le Trésor public est concerné, c'est l'Agent judiciaire de l'État - AJE - qui le représente). Comme l'AJE est un fonctionnaire (généralement le Directeur des affaires juridiques du Trésor), il a besoin d'avocats pour le défendre.
Dans cette affaire, il semble que l'AJE ait demandé un report de l'audience, parce que son avocat... découvre le dossier (sic). Autrement dit, on pourrait presque dire que celui qui a porté plainte (l'État représenté par son AJE) a besoin de savoir (l'avocat à vrai dire) pourquoi, où, quand, comment... il a porté plainte. ???
D'où la surprise des avocats des anciens ministres... qui laissent faire quand même.
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