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Dr Dansa Kourouma du CNOSC, à propos de la gestion de la fièvre Ebola, de l’assainissement, de la CENI

Thierno Hassana Bah  Lundi, 28 Avril 2014 22:28

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Le gouvernement de Mohamed Saïd Fofana II a passé le cap des 100 jours depuis sa nomination le 20 janvier dernier. Pour ce qui est du bilan à établir de ce parcours, certains le trouvent mitigé. Comme le président du Conseil national des organisations de la société civile (CNOSC), qui déplore « le manque de responsabilité de certains responsables dans la gestion de la fièvre Ébola ».

Interrogé sur cette question de bilan des 100 jours du gouvernement Mohamed Saïd Fofana par notre reporter, le Dr Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile (CNOSC) indique que le gouvernement a été surpris par l’apparition de la fièvre Ébola. Et qu’il fallait faire face à cette épidémie qui a tué assez de Guinéens. « Pour l’instant, dit-il, l’évaluation devient difficile, parce que nous avons été surpris de l’apparition de cette maladie. Il faut reconnaître que malgré l’ensemble des volontés qui se mettent en place, il y a des difficultés pour lutter contre cette maladie. C’est pourquoi tout le monde, que ce soit la société civile, le syndicat, se mobilise pour soutenir le gouvernement, pour faire face à cette maladie », a-t-il déclaré.

Puis de poursuivre sa réaction en affirmant ceci: « en termes de bilan, en dehors des initiatives dans l’assainissement et l’invitation du roi du Maroc, rien ne se met en place encore pour faire face aux multiples préoccupations des populations. La campagne d’assainissement lancée par le Premier ministre, je crois sincèrement que c’est une bonne action. Tout le monde doit se mobiliser pour faire face à ça. Ailleurs, sur le plan de la gouvernance, sur le plan de l’amélioration de la desserte en eau et en électricité, je crois que le travail tarde à venir. »

Dansa Kourouma dit avoir attiré l’attention du gouvernement sur le manque d’eau en haute banlieue, qui avait fait monter la colère de cette zone. Elles étaient sorties pour manifester leur mécontentement dans la rue.

« Je suis en train de vérifier, fait-il savoir. J’ai attiré l’attention du gouvernement sur la desserte en eau dans certaines localités comme l’axe Hamdallaye-Bambéto jusqu’à la Cimenterie. Ces endroits n’ont pas d’eau, et je crois que le gouvernement m’a promis de réaliser une centaine de forages dans cette localité. Il reste à voir si ce travail-là sera fait, mais il n’y a que trois mois qui sont passés dans l’année. Et ces trois mois, paradoxalement, ont été marqués par la gestion de la fièvre Ebola. Nous allons leur accorder l’excuse liée à la maladie, même s’il y a quelquefois un manque de responsabilité de la part de certains responsables sur la gestion de cette maladie », a-t-il reconnu.

Si Dr Dansa Kourouma dit n’être pas en mesure de donner un bilan de ces 100 jours du gouvernement, il affirme que la campagne d’assainissement est une bonne initiative, même si des problèmes d’organisation persistent.

« En ce qui me concerne, pour le moment je ne peux pas donner de bilan. Ce que je peux apprécier, c’est la mobilisation autour de la campagne d’assainissement. Mais ce qu’il faut comprendre par là, je suis sur ma faim par rapport à la gestion de l’assainissement. Ça doit être une gestion systémique. Ça ne doit pas se résumer seulement à collecter et ramasser les ordures, et aller les jeter. Il y a un mécanisme de conscientisation de la population. Quand la collecte est bien organisée, le transport, il faut transformer ces ordures. Mais on les déplace d’un point A pour un point B. Et c’est un assainissement de façade. C’est au niveau des artères principales où l’assainissement se fait », a-t-il déploré.

Poursuivant son intervention, le président du CNOSC estime que tout le monde doit s’impliquer dans cette campagne d’assainissement, car elle est une responsabilité citoyenne : « Les populations pensent que c’est le gouvernement qui doit faire l’assainissement, et on oublie que c’est une responsabilité citoyenne. Au moment où on paie un seau d’eau pour se laver tous les jours, on doit payer une poubelle qu’on met dans la cour. C’est un problème de conscience. »

Pour Dr Dansa Kourouma, l’assainissement ne doit pas se faire seulement au niveau des artères principales, il doit être continu. Il dénonce la manière dont se passent les choses à ce niveau : « […] Mais le gouvernement manque d’une vigilance programmatique. On ne fait pas de programmation. On anticipe les choses, on fait les feux de paille. Ce n’est pas comme ça qu’on peut améliorer les conditions de manière durable. Il faut planifier, programmer et mobiliser l’ensemble des acteurs qui peuvent jouer un rôle dans le processus et on évalue au fur et à mesure. Mais l’assainissement est devenu du tape à l’œil », a-t-il souligné.

L’autre sujet qu’aborde Dr Dansa Kourouma lors de cet entretien, c’est la rencontre que le président Alpha Condé a eue avec certains commissaires de la CENI. Il a tout de même précisé que ceux issus de la société civile n’étaient pas à cette rencontre. Et que même le président de la CENI n’était pas informé de cette rencontre.

Pour lui, il n’y a aucun problème à ce que le président de la République rencontre n’importe quel citoyen du pays : « Le problème n’est pas que le président de la République rencontre les commissaires de la CENI. Ce n’est pas ça l’enjeu. Le président de la République peut rencontrer n’importe qui dans le pays. Il peut vous inviter sans vos amis. Est-ce que vous allez refuser ? Il peut inviter Sidya Touré sans inviter Cellou. Est-ce que le pays ne va pas marcher ? »

Selon lui, le problème, c’est l’application des accords du 3 juillet 2013, notamment le recrutement d’un nouvel opérateur de saisie pour la gestion du fichier électoral : « Pour mieux, il y a d’autres choses qui se mijotent. Ce n’est pas la rencontre du président de la République avec les commissaires de la CENI. Mais il y a un peu de scepticisme par rapport à l’application de l’accord (accord du 3 juillet 2013). Deuxième chose, il y a des dispositions comme le recrutement de l’opérateur qui n’est pas en train d’être géré à la satisfaction de l’opposition, peut-être. »

Pour finir, Dr Dansa Kourouma souligne que la CENI doit être indépendante : « Je vais vous dire quelque chose de manière très sincère. La CENI doit cesser de fonctionner en groupement politique. La CENI est une institution indépendante. Quand tu es commissaire de la CENI, tu n’es plus là au compte d’un parti politique ou au compte d’une entité sociale. »


Bah Thierno Hassane
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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