Samory Keita Samedi, 12 Avril 2014 00:11
Les dernières statistiques des victimes du virus hémorragique virale font état, depuis mercredi, de 111 morts et plus de 150 cas enregistrés en Guinée. Pour éviter sa propagation, les organisations humanitaires internationales (MSF, OMS) ont mis en place des centres d’isolement et deux laboratoires de contrôle, à Macenta et à Conakry et auxquels seuls les experts internationaux ont accès. Les médecins guinéens quant à eux seraient mis à l’écart.
La Guinée est devenue l’épicentre de l’épidémie hémorragique virale Ebola de la sous-région ouest africaine. Le virus a été officiellement détecté au mois de février dernier, au sud du pays, notamment, à Macenta, Guéckédou et Kissidougou. Depuis, la maladie s’est propagée dans d’autres préfectures (Dabola, Dinguiraye, etc.) et dans la capitale, Conakry.
Les jours suivant cette découverte, il y a eu une ruée vers la Guinée. Les organisations humanitaires internationales (MSF, OMS) se sont précipitées au chevet de la Guinée avec du matériel et des experts pour aider le pays à stopper la propagation de la maladie. Des centres d’isolement ont été construits en Guinée forestière qui constitue la zone la plus touchée et au centre hospitalo-universitaire de Donka, à Conakry.
Ces centres d’isolement, comme leur nom l’indique, permettent d’isoler les cas suspects et d’offrir des traitements symptomatiques aux malades. Car selon les spécialistes, les chances de survie sont très minces. Le virus n’ayant pas de vaccin, seulement un cas sur 10 survit à la maladie.
Pour l’éviter, les populations sont sensibilisées aux mesures d’hygiène qui consistent entre autres, à se laver régulièrement les mains avec du savon, de l’eau de javel, du chlore ou d’autres produits désinfectants qu’on peut trouver dans les officines.
Egalement, pour plus d’efficacité, des laboratoires sont installés dans les centres d’isolement de Macenta et de Donka. Dans ces labos, sont examinés des échantillons de sang pris sur les malades. Mais selon des sources proches de l’hôpital, seuls les experts français et sénégalais ont accès à ces centres de recherche. Les médecins guinéens étant relégués à jouer les seconds rôles. C’est-à-dire, assurer le suivi des malades et enterrer les morts.
Ce que dément le chef de division prévention de la maladie, Dr Sakoba Keita, qui explique que les experts étrangers ne font que « superviser » les travaux. Le gros du travail, précise-t-il, revient aux médecins guinéens. « C’est eux qui ont la main dans la pâte », insiste le Dr Sakoba. Il indiquera qu’il y a deux laboratoires au niveau national : le laboratoire de Donka qui existe depuis 8 ans qui traite des maladies hémorragiques (méningite) et celui nouvellement installé à Guéckédou. Selon Dr Sakoba Keita, c’est au niveau de ce dernier, qu’il y a quelques difficultés par faute de personnel qualifié.
Mieux, les conventions signées avec les experts, prévoient une formation d’un mois des médecins guinéens qui vont gérer les matériels et laboratoires après le départ des experts.
Samory Keita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu