Heinan Goba Mardi, 08 Avril 2014 18:06
A l'occasion de la présentation de leur rapport sur les violations des droits de l'homme par le Haut commandement de la Gendarmerie nationale et le lancement de leur action de plaidoyer pour la mise place de l'institution nationale indépendante des droits de l'homme, Souleymane Bah, président de la coordination des organisations de défense des droits de l'homme (CODDH) a souligné l' importance de dénoncer la Gendarmerie guinéenne. Selon lui, cette institution s'illustre depuis un certain temps par de graves violations des droits de l'homme. « Elle est devenue une véritable machine à tuer ».
A l'entame, Souleymane Bah a tenu à préciser que « la Guinée a connu, depuis son accession à l'indépendance, d'énormes cas de violation des droits de l'Homme ». L'avènement d’Alpha Condé, premier président démocratiquement élu, selon lui, a laissé penser que cela va s'arrêter. Mais, regrette l'activiste, « cet espoir s'est vite évaporé ».
Le président de la coordination des organisations de défense des droits de l'homme a dit en vouloir à la Gendarmerie parce qu'actuellement, c'est elle qui joue le rôle nocif autrefois joué par les soldats de la garde présidentielle.
Pour illustrer les propos de son président, Mamadou Cellou Bah, chargé des contentieux à la CODDH, a cité les cas d'arrestations arbitraires, de détentions illégales, de viols, de pillages et de tortures à Conakry et en province. Des « dérives meurtrières de la Gendarmerie » qui ne manquent pas de donner lieu à des manifestations de colère des populations, rappelle-t-il. Ce, devant une indifférence totale du gouvernement, précise le chargé des contentieux à la CODDH. Pourtant, la bonne manière, selon la CODDH, était de relever de ses fonctions tout agent cité dans une affaire de violation des droits de l'homme et sa mise en examen.
La coordination des organisations de défense des droits de l'homme n'exclut pas la possibilité de saisir les juridictions supranationales si l'Etat guinéen ne faisait rien pour punir les auteurs de violations des droits humains. Car la situation est dramatique. Mais si la CODDH prône la traduction en justice des agents de la Gendarmerie présumés auteurs de meurtre ou autres actes inhumains et dégradants, elle s'oppose toutefois, à ce qu'il soit prononcé la peine de mort contre ceux qui sont reconnus coupables.
A noter par ailleurs que depuis un certain temps, la Gendarmerie guinéenne a initié une vaste opération de communication. Faisant croire qu'elle est « au service de la nation ». A ce propos, Ibrahima Balaya Diallo, président du Forum civil guinéen a dit : « La seule chose que nous attendons de la Gendarmerie est d'assurer notre sécurité. Si ce travail est bien fait, la population est mieux placée pour l'apprécier et ce n’est pas à la Gendarmerie, elle-même, de le dire. » Bref, pour Balaya, « ce que l'officier de communication de la Gendarmerie fait n'a aucune importance pour la population »
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu