Boubacar Bagnan Diallo Dimanche, 06 Avril 2014 17:07
La cité minière de Sangarédi, localité située dans la région de Boké au nord-ouest de la capitale Conakry a connu une journée très agitée vendredi dernier. Plusieurs jeunes ont manifesté contre le délestage de courant devenu de plus en plus récurrent. Ils se seraient attaqués aussi aux locaux de la Compagnie de bauxite de Guinée (CBG).
Face à ce mouvement de colère, le directeur de la mine de bauxite de Sangarédi, Bachir Diallo voit une manipulation derrière. « Des gens malintentionnés ont été voir le collège de Syndara pour manipuler des enfants de 7 à 13 ans. Ils se sont envoyés des SMS, ils sont sortis. Ils ont voulu entrainer quatre lycées, mais ces lycées s’y sont refusés, ils ont jeté des pierres dedans. Ils sont venus jusqu’au niveau du RBQ (endroit aménagé pour le logement et la restauration des travailleurs de la compagnie CBG, NDLR), ils ont pris des pierres, ils ont cassé les vitres. Ils ont jeté des pierres contre les vitres de mon salon », explique Bachir Diallo.
Selon lui, quand il a appris la nouvelle, il a quitté son bureau pour rencontrer les grognards afin de tenter de les faire revenir à de bons sentiments. « Quand j’ai été informé de ça à mon bureau, j’ai pris ma voiture je suis venu. Je les ai rencontrés, ils étaient des centaines et des centaines. Ils m’ont entouré. Il y a un gamin qui m’a dit qu’au nom de la "convention collective et du nouveau code minier", on doit donner le courant 24h/24 », raconte-t-il, ajoutant que cela est une preuve éloquente que c’était de la « manipulation pure qui est derrière ce mouvement ».
« C’était des enfants. On est resté comme ça trois heures sous le soleil. Mais j’ai réussi à les calmer tout en leur demandant de rentrer chez eux », explique-t-il. Tout en précisant aux jeunes qu’il y avait un groupe qui était en panne.
Revenant sur les informations indiquant qu’il a été pris en otage, il les a balayées ça d’un revers de la main. « Je n’ai jamais été pris en otage. J’ai pris le courage de les rencontrer. Comme beaucoup de jeunes me connaissent, ils m’ont écouté. Ils ont accepté de rentrer », a précisé le directeur de la mine de Sangarédi.
Bachir Diallo déplore par ailleurs le comportement des autorités locales. ‘’Ce qu’il faut retenir dans tout ça, ce qu’il n’y a pas d’autorité. Aucune autorité n’est intervenue’’, regrette-t-il. Malgré tout, la situation est calmée.
Pour trouver une solution pérenne face au problème de courant, il suggère l’implantation de poteaux électriques. « La ville grandit et il n’y a plus la capacité de donner le courant à ceux qui construisent de plus. Malheureusement, ils se branchent vers le sol, et ça fait des masses. La solution c’est d’implanter des poteaux pour faire une distribution régulière. Avec une distribution régulière, un seul groupe peut suffire à Sangarédi… » a-t-il conclu.
Avec cette manifestation qui du reste, est une première dans cette ville, où les populations ne paient pas le courant et l’eau, faut-il craindre le scenario de Fria ? Une question qui mérite bien d’être posée…
Boubacar Bagnan Diallo
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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