Alpha Camara Mercredi, 02 Avril 2014 23:25
La détention prolongée des cinq militaires accusés dans l’attaque du domicile du président de la République, préoccupe le ministre des Droits de l’homme et des Libertés publiques. Kalifa Gassama Diaby est monté au créneau pour dénoncer cette attitude qui n’honore pas la nation guinéenne.
Il y a de cela 30 mois que certains hauts gradés de l’armée guinéenne, accusés dans l’attaque du domicile du président de Alpha Condé, sont détenus sans jugement. Parmi ces militaires qui sont privés de leur liberté, figure le général Nouhou Thiam, ex-chef d’Etat-major général des armées.
Après le procès de quelques citoyens accusés dans cette affaire, ces militaires qui doivent comparaitre devant le tribunal militaire ne connaissent toujours leur sort. Incarcérés à la Maison centrale de Conakry, ils attendent toujours leur jugement. Préoccupé par cette pratique, le ministre des droits de l’homme et des libertés publiques qualifie cet emprisonnement d’illégal : « Quand vous êtes détenu de façon provisoire, et que vous avez dépassé les délais légaux prévus par la loi, comme c’est le cas de ces militaires, c’est une violation des droits humains. Je parle du cas précis de ces officiers qui sont détenus depuis plus de 30 mois alors que la loi ne prévoit pas cela. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, dans l’état actuel des choses, ils sont détenus en dehors de la loi, de façon illégale. Il ne faut pas simplement voir ces principes à travers un certain nombre de détenus qui sont très célèbres, puisqu’on les connait, il y a des humains anonymes à travers le pays, des concitoyens qui sont détenus dans des mêmes conditions. Je profite pour eux, comme pour le cas de ces militaires, pour dire qu’il n’y a pas d’exception, la loi doit s’appliquer à tout le monde de la même façon. L’Etat doit être en mesure de faire respecter la loi et la respecter lui-même à travers notamment de procédures judiciaires. »
A souligner que cette sortie médiatique du ministre des Droits de l’homme et des Libertés publiques intervient au moment où le Conseil supérieur de la magistrature est installé. Certains observateurs de la scène politique se demandent quand ce procès se tiendra afin que ces détenus soient situés sur leur sort.
Alpha Camara
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu