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Scandale financier aux Travaux publics : les arguments de Bah Ousmane

Aissatou Diallo  Jeudi, 27 Mars 2014 23:06

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BAH_Ousmane_11_01Lors de l’assemblée générale de l’UPR tenue le samedi 22 mars à son siège de la Minière, Bah Ousmane s’est prononcé sur l’affaire de surfacturation qui défraie actuellement la chronique dans la cité. Il a dit ne rien se reprocher et serait à prêt à répondre à la convocation de la justice, au cas où la question se poserait.

D’entrée de jeu, le président de l’UPR a tout d’abord remercié tous ceux qui ont pris part à la cérémonie commémorative de l’an 10 de la disparition du feu Siradiou Diallo, président fondateur dudit parti, organisée le 14 mars dernier à Labé.

Dans son discours, Bah Ousmane s’est appesanti sur cette affaire de surfacturation des marchés d’entretien et d’assainissements des routes. Il s’est dit « indigné » et réclame justice.

« Pendant que j’étais à Labé, j’ai reçu les informations par certains de mes militants que le président de l’UPR, ancien ministre des Travaux publics, ferait l’objet d’une plainte pour détournement de deniers publics auprès du tribunal de la première instance de Dixinn. Tout le monde s’est indigné de cette affaire. Mais comme je n’avais pas eu beaucoup d’informations, je suis revenu à Conakry pour mieux m’informer et c’est là que j’ai appris que le 12 mars dernier, des organisations des droits de l’homme ont porté plainte contre 3 personnes à savoir l’actuel ministre des Travaux publics, le directeur de l’entretien routier et moi-même. Mais comme je n’ai pas reçu une plainte de manière officielle, j’attends qu’on m’interpelle afin que je me prononce sur ce sujet », a-t-il révélé.

Si Bah Ousmane s’est prononcé sur cette affaire, ce serait parce que ses militants se feraient assez de ‘’soucis sur son sort’’, dans ce scandale qui l’éclabousse. Il fallait donc, selon lui, éclairer la lanterne de ces derniers, afin qu’ils soient rassurés de son innocence.

Puis, il affirme qu’il est à la disposition de la justice : « Pour ce qui me concerne, je suis à la disposition de la justice guinéenne, je crois en la justice guinéenne, j’ai confiance en la justice guinéenne. Et je me soumettrai à toute procédure à laquelle on me convierait. Je ne me fais pas de doute que la justice dira le droit. La justice dira la vérité dans cette affaire pour qu’on en finisse une fois pour toutes. Toutes les radios, tous les journaux en parlent. Cette affaire a fait couler tellement de salive, tellement d’encre, on dirait que c’est le seul département qu’il y a dans le gouvernement. On dirait que c’est le seul département où il y a eu un changement de chef de département. Pourquoi tous ces bruits-là autour de ce département, mais autour, en tout cas, de ma personne ? Vous savez, et vous vous souvenez, que ça a comment avant le remaniement de ce gouvernement. Et ça s’est poursuivi, ça continue même après mon départ. »

Il a rassuré ses militants que depuis qu’il était à la tête de ce département, pas un seul jour il n’a fauté. C’est pourquoi il leur demande de se calmer et de rester sereins.

Devant ses militants et sympathisants, l’ex-ministre d’Etat chargé des Travaux publics et des Transports, a dit qu’il « ne peut soutenir le président Alpha Condé contre vents et marrées, et faucher l’herbe sous ses pieds. »

« J’ai fait instruire cette affaire dans les formes par les cadres désignés pour cela. Des conclusions ont été tirées par des cadres du département. Et en ma qualité de ministre, j’ai donné des instructions. Et ces instructions n’ont pas été respectées, n’ont pas été suivies. Mais, c’est la justice qui dira le reste, je ne peux pas demander à l’UPR de soutenir le changement au deuxième tour et me mettre à faucher l’herbe sous les pieds d’Alpha Condé. Ça, ça ne me ressemble pas », a-t-il affirmé.

« Il parait qu’il y a une association de jeunes qui s’est constituée pour défendre telle personne au détriment de telle autre. Je ne vais pas recourir à ça, moi. Si je le voulais, je vous dirais, levez-vous et défendez moi. Mais restez là où vous êtes. La vérité qui est avec moi va me défendre. Je n’ai pas besoin d’organiser une association pour me défendre. Dès lors que je constituerais une association pour me défendre, vous n’auriez plus confiance en moi. Ça voudrait dire que je me reproche quelque chose, et je voudrais cacher ça à travers ceux-ci. Mo bon’na houla [Celui qui ne se reproche rien n’a pas peur]. »


« On m’accuse d’avoir subtilisé une moto »

Parlant d’une autre accusation dont il ferait aussi l’objet, celle d’avoir subtilisé une moto, Bah Ousmane dit qu’il n’en a pas besoin. Car s’il devait subtiliser quelque chose, ce serait bien le véhicule V8 qu’une société de la place lui avait prêtée pour ses missions. A son arrivée au département des Travaux publics, il y avait des directeurs qui emprunteraient des véhicules des transports en commun pour être au travail. C’est lui qui aurait changé tout cela.

« Lorsque je suis venu aux Travaux publics, j’ai trouvé des directeurs qui marchaient, et je me suis battu pour avoir pour eux des moyens de déplacement. Il y avait un planton qui était toujours à l’heure et rentrait toujours tardivement, et quand j’ai vu cela, je lui ai donné une moto de l’UPR pour lui faciliter les courses. Ce planton, qui était là depuis une vingtaine d’années, était, par coïncidence, un militant de mon parti. A cause de cela on m’accuse de subtiliser une moto. C’est vrai que le département a payé des motos [de marque japonaise Suzuki], mais celle-ci est différente des autres, même les marques ne sont pas les mêmes. Ce planton a été trimbalé à la justice et il a fallu que je dénonce pour qu’on le libère. Mais la moto est jusqu’à présent avec eux […]. Ce qu’on ne dit pas, vous saviez tous ici que j’ai des véhicules de service. J’avais un pick-up, une Prado, une Land Cruiser pour la sécurité, et j’avais une Toyota V8 pour mes missions, puisque j’étais souvent en déplacement. Cette Toyota V8, c’est la société OAS qui me l’a prêtée. Elle était immatriculée IT. Mais qu’est-ce que j’ai fait ? J’aurais pu garder ce véhicule, puisqu’il m’a été prêté par une société, ou alors, j’aurais dû prendre ce véhicule, après mon départ, le rendre à la société. Avant de rentrer dans la cour des TP pour ma passation de service, j’ai exigé que tous les véhicules qui étaient à mon service soient garés au Km 4, au garage des TP. Et c’est ce qui a été fait », a-t-il expliqué.

Pour finir, le président de l’UPR a réitéré son engagement à soutenir le président Alpha Condé et il a demandé à tous ses militants et sympathisants de rester derrière le parti, car, selon lui, certaines personnes qui sont dans le camp de l’opposition et de la mouvance seraient très contentes de cette accusation dont il fait l’objet.


Aissatou Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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