Heinan Goba Mercredi, 26 Mars 2014 22:08
Le Conseil supérieur de la diaspora forestière annonce, sans grand espoir, sa décision de porter plainte en Guinée et à l’international, contre le préfet de Yomou, Jean Smith Sandy et toute autre personne qui serait mêlée à la répression de la manifestation des femmes de Diécké pour obtenir l’emploi de leurs enfants à la SOGUIPAH. Répression qui aurait fait, selon un bilan provisoire non encore confirmé par l’autorité locale, quatre morts, plusieurs blessés et des disparus.
Dans une déclaration lue ce mercredi devant la presse par Maître Aimé Christophe Labilé Koné, avocat à la cour et membre du bureau exécutif du Conseil supérieur de la diaspora forestière à Conakry, l’association qui s’est fixé pour objectif la défense des intérêts matériels et moraux du peuple de la Guinée Forestière, dénonce la brutalité de la répression d’une manifestation qui n’avait pour but que la revendication d’un droit au travail.
Rappelant qu’à la suite des précédentes violences perpétrées par les forces de l’ordre, les enquêtes annoncées par le gouvernement n’ont pas abouti. S’offusquant du fait qu’à Kankan, région d’origine du président Condé, des sanctions sont immédiatement tombées après le meurtre d’un citoyen par un homme en uniforme. Le conseil supérieur de la diaspora forestière demande au gouvernement de mettre un terme à sa politique de deux poids, deux mesures.
En effet, pour le conseil supérieur de la diaspora forestière, Alpha Condé et ses hommes de main se comportent en colonisateur en Guinée Forestière, une région qui est loin pourtant d’être leur colonie. Convaincu que le Forestier n’est pas un citoyen de second plan, comme le croit l’actuel chef de l’Etat, le Conseil supérieur de la diaspora forestière demande la cessation des violences aveugles. En n’excluant pas les risques d’une révolte. Car, ajoute-t-il, « trop c’est trop ».
En appelant à l’aide des citoyens des autres régions à rappeler à Alpha Condé que la Guinée est une et que tous ses citoyens ont droit au même traitement, la diaspora forestière souhaite tout même voir les balles tirées à Diécké, être les dernières à faire des victimes en Forêt. Même s’il se dit convaincu que les choses ne se sont pas encore calmées, en raison de la chasse à l’homme organisée par l’autorité préfectorale.
Toutefois, en répondant aux questions des journalistes, Maître Aimé Christophe Labilé Koné a tenu à préciser qu’à son avis, la manifestation des femmes n’a rien de politique. Et qu’il fallait pour répondre à leurs revendications, leur donner satisfaction ou leur dire clairement que ce qu’elles demandent n’est pas faisable. Quoique, face à la communauté, la société SOGUIPAH ait un devoir d’assistance.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu