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Dalein à Paris : la France veille au grain sur la situation en Guinée

Boubacar Bagnan Diallo  Dimanche, 23 Mars 2014 01:08

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GUIGOU_Elisabeth_DIALLO_Cellou_Dalein_01Après le report des élections communautaires imputé au pouvoir, le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo s’est lancé dans une offensive diplomatique consistant à attirer l’attention des autorités françaises sur le « non-respect » des accords portant sur le processus électoral signés le 3 juillet 2013 entre les acteurs politiques guinéens.

Arrivée dans la capitale française le lundi 10 mars, Cellou Dalein Diallo s’est rendu à l’Elysée dès le lendemain après-midi, où il a été reçu par la conseillère Afrique de François Hollande, Hélène le Gal. Selon nos informations, le candidat malheureux à la présidentielle de 2010 a notamment rappelé que c’est sur demande de la France et du groupe de contact que l’opposition a finalement accepté d’aller aux législatives sur la base de l’opérateur contesté Waymark. Appelant ainsi la France à prendre ses responsabilités afin d’amener Conakry à respecter ses engagements.

Après l’Elysée, Diallo a été reçu mercredi dernier au Quai d’Orsay par le responsable Afrique et Moyen-Orient, à qui il a réitéré les mêmes observations et inquiétudes. Là-bas il a prévenu que l’opposition pourrait bientôt renouer avec les manifestations, « si le gouvernement ne respecte pas les accords ». Son interlocuteur, selon nos informations, aurait assuré que la France fera le nécessaire pour qu’on n’en arrive pas à une situation de blocage qui pourrait déboucher sur des violences incontrôlables.

Le vendredi 14, c’est à l’Assemblée nationale française que le chef de file de l’opposition guinéenne a poursuivi sa visite sur fond de sensibilisation sur la « situation » qui prévaut à Conakry. Le conseiller politique et diplomatique du président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, avec qui il s’est entretenu, lui aurait fait comprendre que la France est effectivement au courant de la situation en Guinée, grâce aux canaux diplomatiques. Face à l’inquiétude du président de l’UFDG, il l’a assuré que « la France surveille de très près la situation » et qu’elle « ne restera pas les bras croisés ».

Cellou Dalein s’entretiendra ensuite dans la foulée, avec Elisabeth Guigou, la présidente de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, à qui il aurait dit que « la France ne devait pas rester les bras croisés ».

Le samedi, place au volet politique de sa tournée parisienne. Accompagné du bureau fédéral de son parti, il a rencontré les sages du Fouta à qui il a expliqué ses rapports actuels avec le vice-président de son parti, Bah Oury. Les sages auraient réitéré leur détermination à l’accompagner dans la perspective d’une victoire en 2015. Cette rencontre s’est déroulée dans le 11e arrondissement de la capitale, au domicile d’El Hadj Souleymane Lambawol Barry, le doyen de la communauté guinéenne.

Dimanche matin, c’est avec le bureau fédéral que Cellou Dalein Diallo a fait le point de la situation politique à l’UFDG : ses rapports avec Bah Oury, massification du parti en France, entre autres étaient au menu.

Cette offensive diplomatique pourra-t-elle infléchir la position d’Alpha Condé qui ne semble pas pressé d’organiser des élections ?


Boubacar Bagnan Diallo
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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