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Les conflits nés des élections toujours palpables à Conakry

Heinan Goba  Vendredi, 21 Mars 2014 15:04

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Alors que de nouvelles échéances électorales sont attendues en Guinée, la tension politique qui a marqué l’organisation des deux dernières élections existe toujours dans le quartier de Hamdallaye-mosquée à travers un conflit opposant des familles qui seraient de part et d’autres, des militants et sympathisants des deux principales formations politiques du pays : l’UFDG du chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo et le RPG-Arc-en-ciel au pouvoir.

Ces parties qui se sont violemment affrontées le 05 octobre 2013, soit une semaine après le scrutin du 28 septembre 2013, se regardent depuis lors en chiens de faïence. Certains menacent d’autres de mort. Aboubacar Soumah et Lansana Sylla qui a eu maille à partir avec ses voisins à cause de ses mouvements en faveur du parti au pouvoir, ont saisi la justice pour des faits de coups et blessures volontaires. Des faits qu’aucun des prévenus qui seraient des militants de l’UFDG ne reconnaît.

D’après les explications des plaignants, leurs agresseurs avaient décidé de faire venir des loubards de Gnariwada afin de battre Lansana à mort. Ces loubards devaient provoquer Lansana. S’il ripostait, ils se jetaient sur lui. Ce plan ayant échoué, ils ont demandé aux jeunes du quartier d’insulter Lansana. S’il essaie de frapper un, tous se jettent sur lui. C’est ainsi que le 05 octobre, il a été battu avec son frère suite à l’ordre du commandant à la retraite, Mamadou Dian Diallo.

Mamadou Dian Diallo, accusé d’avoir dit aux jeunes : « Warèbè » (tuez-les, en poular), alors que Soumah était allé lui faire voir Lansana qui venait de recevoir des coups de pierre de la part de ses enfants, rejette ces accusations. Il soutient que son éducation et sa formation ne lui permettent pas de donner l’ordre de tuer un être humain. Bintou Sow, également accusé d’avoir remis des pierres à Ousmane Barry alias Papus, l’invitant à cogner Lansana, nie aussi ces faits.

Maître Thierno Souleymane Baldé, conseil des prévenus et Maître Mory Doumbia, avocat des plaignants, sont pressés, chacun de son côté, à ce que cette affaire soit jugée mais très bien. De manière à ce que tout le monde paye pour ce qu’il a fait. La Guinée étant dans un processus électoral qui peut connaître des violences. Alors que les parties habitent le même secteur, même si les plaignants pensent à le quitter.

Dans la même optique, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn, Aboubacar Sir Sylla, annonce qu’il va convoquer les chefs du quartier et du secteur où vivent les parties, pour leur demander de prendre leurs responsabilités. Il souhaite que ses responsables locaux fassent tout pour éviter des affrontements de ce genre, entre leurs citoyens avant, pendant et après les élections.

A noter que dans plusieurs quartiers de Conakry, ces conflits liés aux élections existent.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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