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Plainte contre deux ministres d’Alpha Condé auprès d’un procureur de Conakry

Heinan Goba  Lundi, 17 Mars 2014 18:48

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BAH_Ousmane_11_01« Notre démarche n’est dirigée contre personne », a tenu à préciser, vendredi 14 mars, Maître Labila Miche Sonomou, avocat à la cour et défenseur des droits de l’homme, en parlant de la plainte qu’il avait déposée la veille devant le procureur de la République de Dixinn, avec deux autres défenseurs des droits de l’homme,  contre deux ministres et un directeur général. Une sorte de réponse à ceux qui seraient tentés de dire qu’ils roulent pour l’opposition, ceux-là essayant d’amener les faits reprochés à ces trois personnes sur un angle politique. Pour ne pas que ces derniers répondent devant la justice de ce qu’ils ont fait de la chose publique.

En effet, vendredi 14 mars, devant la presse, Maître Labila Miche Sonomou, Nohan Traoré, président d’AFRIDHO (Mouvement africain pour la défense des droits de l’homme et la gouvernance) et Maître Thierno Souleymane Baldé de l’IRDED (Institut national de recherche en démocratie et Etat de droit), également avocat à la cour, ont annoncé avoir demandé des poursuites judiciaires à l’endroit d’Ousmane Bah, ancien ministre des Travaux publics et actuellement ministre Conseiller à la Présidence, son successeur Mohamed Traoré et Benjamin Sandouno, présentement directeur général du fonds d’entretien routier.

D’après le trio de plaignants, il existe contre ces trois hauts cadres de l’Etat visés par leur plainte, de forts soupçon de détournement de deniers publics, d’abstentions délictueuses, de faux en écriture, etc., portant sur les fonds alloués à l’entretien de certaines routes de la capitale Conakry et de l’intérieur du pays. Pour Nouhan Traoré, ces faits ont suffisamment été débattus dans les médias de sorte que la justice n’aurait même pas dû attendre une plainte pour ouvrir une information judiciaire. Toutefois, l’activiste des droits humains, espère qu’avec leur plainte, la justice qui ne devait pas attendre, va se mettre en branle contre ces prédateurs de biens publics.

« Nous le savons tous bien, le chef de l’Etat a eu pour crédo le changement et la bonne gouvernance », a rappelé Maitre MicheSonomou pour dire qu’ils sont loin de toute idée de mettre des bâtons dans les roues du régime. Ils aident par cette plainte le président Alpha Condé à mettre en œuvre son projet de société. Car, comme l’a souligné Nouhan Traoré : « cette plainte s’inscrit dans le cadre de la moralisation de la gestion des biens publics ». En effet, a fait savoir Maître Michel « ce que nous avons pu tolérer avec les anciens régimes militaires, nous ne pouvons plus le tolérer avec un régime civil ayant à sa tête un grand juriste ».

Comme s’il était déjà sûr que leur plainte va être classée sans suite par le procureur de Dixinn, dans son discours introductif, Maître Thierno Souleymane Baldé a dit qu’au-delà de leur plainte, ils vont demander à l’Assemblée nationale, l’ouverture d’une enquête parlementaire. Il y a lieu aussi de soumettre à la signature de tous les parlementaires, une pétition pour que ces cadres soupçonnés répondent devant la justice. En menaçant de publier la liste de tous les députés qui refuseront de signer la pétition pour qu’ils soient connus comme étant au Parlement non pas pour défendre le peuple mais pour protéger des bandits en col blanc.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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