Heinan Goba Mercredi, 12 Mars 2014 19:26
La Ligue guinéenne des droits de l’homme (LIGUIDHO) et la Fraternité des prisons de Guinée (FPG) qui réclament au ministère de la Justice garde des sceaux, des dommages intérêts suite au décès d’un détenu pour dysfonctionnements de la justice viennent d’adresser une nouvelle correspondance au même département.
Dans ce nouveau courrier, les deux organisations de défense des droits humains demandent au ministre de la Justice, Cheick Sacko, « son intervention pour mettre un terme à un cas de violation des droits de l’homme » relative à la détention prolongée du général Nouhou Thiam, ancien chef d’état-major des armées et quatre autres militaires.
Ces personnes pour rappel, sont poursuivies dans le cadre de « l’attaque » de la résidence privée du chef de l’État Alpha Condé, survenue le 19 juillet 2011, à Conakry. Des faits qui ont déjà valu la prison à perpétuité à d’autres militaires dont le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo alias AOB.
Pour les deux associations, « il est évident que les faits reprochés aux accusés sont suffisamment graves à savoir : l’assassinat, la tentative d’assassinat, l’association de malfaiteurs, etc.». Mais précisent-ils, « en la matière, la durée de la détention préventive est contenue dans un délai qui, en l’espèce, est de douze (12) mois ».
Cependant, dans leur courrier en date du 11 mars 2014, la Ligue guinéenne des droits de l’homme et la Fraternité des prisons de Guinée rappellent que depuis l’incarcération en août 2011 de ces personnes qui attendent de passer devant le tribunal militaire, jusqu'à ce jour, il s’est écoulé au moins trente (30) mois.
Ce qui est regrettable, font remarquer les deux organismes, « en ratifiant le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le 24 avril 1978, la Guinée s’était engagé, à travers ses organes judiciaires, à juger dans un délai raisonnable ou de libérer tout individu accusé d’une infraction pénale ».
En s’adressant au ministre de la Justice pour obtenir la mise en liberté immédiate des cinq (5) personnes, la Ligue guinéenne des droits de l’homme et la Fraternité des prisons de Guinée précisent « qu’aucun moyen juridique ne justifie aujourd’hui la détention provisoire abusive dont elles sont l’objet ».
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu