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Chronogramme électoral : la CENI se défend
Samory Keita Lundi, 10 Mars 2014 18:04
Après sa retraite organisée dans la deuxième quinzaine du mois de février, à Kindia, la Commission électorale nationale indépendante a rencontré le 1er mars dernier, la presse guinéenne pour faire le « point sur l’évaluation et la capitalisation des législatives de 2013 ». Cette rencontre a été animée par les directeurs de la planification, Pathé Dieng, des opérations Yaya Kane et celui de la formation Jacques Gbonimy.
En Guinée, l’horizon s’assombrit quant à la tenue des élections communales et communautaires dans le premier trimestre de 2014. La conférence de presse de la CENI qui devrait éclairer la lanterne des Guinéens sur leur organisation n’aura été qu’une rencontre de plus pour les médias. La rencontre ayant pratiquement porté sur les résultats de la retraite de cette institution, organisée dans la deuxième quinzaine du mois de février dernier. Des résultats qui portent plus sur les leçons (acquis et faiblesses) tirées par rapport aux dernières élections législatives que sur l’organisation des futures élections locales.
Or, selon l’accord du 3 juillet 2013, qui a permis la tenue des législatives en 2013, ces élections devaient avoir lieu dans le premier trimestre de 2014. Un aspect qui aurait été évoqué lors de cette retraite.
Ainsi, sur le plan programmatique, douze thématiques ont été développées lors de cette retraite, la CENI s’est offert une simple feuille de route avec des projections sur les élections locales et la présidentielle de 2015. Cependant, aucun chronogramme n’a été élaboré pour proposer des dates.
Répondant à une question relative à la tenue des élections dans le premier trimestre de l’année, le directeur de la formation, Jacques Gbonimy, indique que vu le niveau très faible des préparatifs, elles ne peuvent avoir lieu à la période indiquée.
Ce qui porte à croire que tout comme les précédentes élections (législatives, présidentielles), les élections locales risquent de connaître un décalage. Deux mois s’étant déjà écoulés, il serait pratiquement impossible de rattraper le retard accusé. Pis, aucune disposition n’aurait, a priori, été prise pour répondre au rendez-vous électoral. Le pouvoir en place, les acteurs politiques, les partenaires et la CENI n’ont rien fait dans ce sens. A qui la faute ? La CENI, refuse d’endosser à elle seule la responsabilité. Selon elle, le retard de l’organisation de ces élections incombe à tout le monde. « C’est une responsabilité partagée », dit Pathé Dieng.
Plus loin, il ira jusqu’à jeter l’anathème sur les partis politiques. En disant que depuis la tenue des législatives, les partis politiques cherchent à se positionner sur le terrain : ceux qui n’ont pas eu de députés cherchent comment survivre, à l’Assemblée nationale les partis minoritaires cherchent à améliorer leur représentativité sur le terrain tandis que les partis majoritaires se battent pour conforter leur suprématie.
Il est renchéri par M. Gbonimy qui reconnaîtra d’abord que c’est une question « compliquée », avant d’affirmer que le retard des élections communales est dû au retard lié à l’installation de l’Assemblée nationale et au manque de moyens de la CENI.
Sur la même lancée, Yaya Kane dira que sortir une « date, n’est pas fétiche ». Le directeur des opérations estime que le plus « important » est l’acceptation par « tous, des élections ». Et de rassurer que la date des futures échéances électorales sera « consensuelle ».
En dépit de ces arguments de la CENI, bon nombre d’observateurs guinéens restent sur leur faim. Notamment ses détracteurs qui pensent que le pouvoir a influencé la retraite de Kindia. Les mauvaises langues rapportent que dans son intention de coupler les élections locales et la présidentielle de 2015, Alpha Condé a clairement demandé à la CENI, à travers son président, Bakary Fofana, de surseoir à tout chronogramme. Vrai ou faux ?
Il a également été question lors de cette conférence, de la position de la CENI par rapport au choix de l’opérateur technique qui se chargera du fichier électoral. Il faut rappeler que, selon l’accord du 3 juillet 2013, en son point 9 : « la sélection de l’opérateur technique qui aura la charge de la confection de la liste électorale pour l’élection présidentielle de 2015 fera l’objet d’un appel d’offre international conformément à la réglementation en vigueur sur la passation des marchés publics ».
S’exprimant sur la question, Yaya Kane affirmera que « le changement de l’opérateur ne change pas les données ». Et de préciser qu’il faut dans ce cas « avoir en perspective la modification du fichier électoral ». Abordant le même sujet, le directeur de la formation soulignera que la CENI n’a aucune position par rapport au choix de l’opérateur.
Par ailleurs, la CENI promet de s’ouvrir à tous les acteurs concernés par le processus électoral. Ce qui éviterait, fera-t-elle remarquer, des discussions stériles qui impactent souvent négativement sur la progression du processus. Elle a décidé de ne plus se faire écraser du sucre sur le dos. « On ne tapera plus sur la CENI parce qu’elle n’a pas respecté la date des élections », prévient Pathé Dieng. « Et si le président prenait un décret pour reporter la date ? », a interrogé un confrère mais, qui restera sur sa faim, car la question ne sera jamais répondue par nos conférenciers.
Samory Keita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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