Mamadou Dian Baldé Samedi, 08 Mars 2014 00:44
La conférence africaine de haut niveau sur l’économie verte qui s’est déroulée à Oran en Algérie du 22 au 23 février dernier a été une occasion pour les pays africains, à travers leurs représentants respectifs que sont les ministres de l’Environnement, de renouveler leur engagement à coopérer pour l’avènement d’un développement durable sur le continent, en vue de l’éradication de la pauvreté.
C’est le Centre des conventions Mohamed Benahmed d’Oran qui a servi de cadre aux travaux de ce congrès portant sur l’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté. Une rencontre de grande envergure qui a été présidée par le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, et à laquelle ont pris part une quarantaine de ministres africains de l’Environnement et du développement durable. Ainsi que des représentants d’organisations et d’institutions internationales, dont Mme Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union Africaine, Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et Mme Sally Feagan Wyles, directrice de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR). La conférence d’Oran a été rehaussée de la présence remarquée d’Arnold Schwarzenegger, président d’honneur du réseau Rio +20. Célèbre acteur de cinéma et ancien gouverneur de Californie, reconnu pour son engagement dans la lutte pour la sauvegarde de l’environnement. Était également présent à cette rencontre Nicolas Hulot, envoyé spécial du président François Hollande. La présence de Nicolas Hulot, célèbre présentateur de l’émission Ushuaia à la télé française, n’est pas non plus passée inaperçue lors de cette conférence. L’homme étant un fervent défenseur du continent, qui pour lui subit les effets pervers d’un réchauffement climatique provoqué par des puissances comme les États-Unis et la Chine.
La cérémonie d’ouverture a pris des allures de carnaval avec des représentations de troupes traditionnelles algériennes, qui, à travers leur prestation de génie, ont tenu le public en haleine, dans l’enceinte du Centre des conventions Mohamed Benahmed d’Oran, ce 22 février. Ce même Centre abritait pour l’occasion une foire d’exposition des produits innovants made in Algérie, conçus dans le concept de l’économie verte.
Concernant les discours prononcés à l’occasion du lancement des travaux, les personnalités citées plus haut, se sont relayées devant le pupitre pour dire leur mot sur la portée de cette rencontre dont le but est de baliser le chemin pour le continent dans sa lutte contre la pauvreté, à travers la promotion d’un développement durable qui devra passer inéluctablement par une maîtrise du concept de l’économie verte.
A tout seigneur tout honneur, comme le dit l’adage, c’est au Premier ministre Abdelmalek Sellal que l’honneur est revenu de prononcer le discours d’ouverture de cette conférence de haut niveau. Parlant du concept de « l’économie verte comme moyen de sortie du cercle de la pauvreté », Abdelmalek Sellal a reconnu que « c’est un thème d’une importance capitale pour les pays du sud, notamment en Afrique ».
Rappelant dans la foulée, « qu’une année et demi après la tenue du congrès de Rio, le continent africain doit contribuer, par ses idées, à l’élaboration de nouvelles méthodes de développement permettant aux pays en voie de développement de progresser et de limiter la pauvreté et le chômage tout en préservant l’environnement et la diversité biologique ainsi que la gestion rationnelle des ressources naturelles ».
Pour cela, il a indiqué que les pays africains ont besoin « d’évaluer les objectifs de développement fixés dans la déclaration du millénaire ». Vu que « la crise économique mondiale a entravé le processus de développement de nombreux pays africains dont les populations souffrent encore de la pauvreté, de la famine, de l’analphabétisme et manque de protection sanitaire de la mère et de l’enfant ».
Pour le Premier ministre algérien, une telle situation commande des réflexions en vue de « l’adoption de nouvelles approches qui permettent aux économies africaines de se baser sur l’innovation, la diversification de la production et de la valeur ajoutée et, par conséquent, de créer la richesse, les emplois durables, de réduire la dépendance et de ne pas compter uniquement sur les matières premières qui représentent actuellement la majorité des exportations de nos pays ».
Pour ce faire, il a souligné le fait « qu’un partenariat international en matière de financement, de transfert de la technologie et de mise en place des potentialités soit indispensable. De même qu’il est nécessaire de mettre à profit les expériences réussies et les généraliser à travers la coopération Nord-Sud et Sud-Sud. »
Pour conclure, Abdelmalek Sellal a insisté sur le volet de l’énergie qui pour lui est un élément important dans le développement économique et social du continent.
Citant pour exemple son pays l’Algérie, qui soutient « l’idée de bénéficier d’une manière globale des services énergétiques modernes et durables lesquels constituent une priorité absolue pour l’ensemble des pays africains ».
Les grandes conclusions d’Oran
Dans leur déclaration finale qui a été adoptée au terme de cette Conférence sur l’économie verte, les pays africains ont réitéré leur « engagement à réaliser les Objectifs du millénaire pour le développent (OMD) pour atteindre le développement durable du continent ». Tout en réaffirmant leur « détermination à éradiquer la pauvreté, créer des postes d’emploi, améliorer la santé publique et l’éducation et accroître la production agricole, assurer la sécurité alimentaire et Objectifs du Millénaire (MDG’S) ».
Ils ont réaffirmé également leur « engagement à mettre pleinement en œuvre la déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, Action 21, le plan de mise en œuvre du Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg, le document final de la conférence des Nations Unies sur le développement durable Rio +20 "le futur que nous voulons" et le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) ».
Les pays africains ont mis cette déclaration à profit pour saluer l’importance de la conférence d’Oran, qui pour eux constitue « une étape importante dans le renforcement des liens de coopération et de consultations africaines dans le domaine du développement durable ».
Tout en estimant que l’économie verte, en tant que « l’une des voies pour la réalisation du développement durable et l’éradication de la pauvreté doit contribuer à la création d’une croissance durable, d’emplois décents pour tous et à l’amélioration du bien-être social, dans le cadre des priorités et circonstances nationales de chaque pays ; les participants ont réitéré leur conviction que l’économie verte ne doit toutefois pas constituer, pour les pays en développement et africains en particulier, une barrière ou une nouvelle conditionnalité aux échanges économiques et commerciaux bilatéraux et internationaux ».
La rencontre d’Oran a été une occasion pour les pays africains de se préparer à parler d’une seule et même voix lors du sommet des chefs d’Etat qui aura lieu au mois de septembre à New York et lors de la conférence mondiale sur le climat prévue en décembre 2015 à Paris.
Mamadou Dian Baldé
Envoyé spécial de L’indépendant, partenaire de GuineeActu