Thierno Hassana Bah Mardi, 04 Mars 2014 21:51
Après une tournée qui l’a conduit dans différentes localités de la Basse et de la Moyenne Guinée, Cellou Dalein Diallo a présidé l’assemblée générale de son parti, le samedi 1er mars.
Lors de cette assemblée tenue au siège de l’UFDG à Commandayah, le président du parti a fait le compte rendu de sa tournée à l’intérieur du pays. Selon lui, partout où il est passé, il a eu un accueil chaleureux, parfois plus qu’avant. Mais c’est l’accueil de Sambailo qui aurait le plus retenu son attention. Car là, des délégations sont venues de la Gambie et de la Guinée Bissau pour l’accueillir.
L’autre aspect évoqué par Cellou Dalein Diallo, c’est la raison de sa participation au dialogue où des accords ont été obtenus le 3 juillet 2013. Cette énième justification pourrait être destinée à Bah Oury, le vice-président du parti qui organisait le même jour un meeting pour parler de l’opposition extraparlementaire.
« Nous ne sommes pas allés au dialogue seulement parce que nous approuvons l’idée… Alpha Condé n’est pas un homme de dialogue, c’est un homme de répression. C’est parce qu’on s’était battu. La communauté internationale s’est interposée pour dire qu’on va aller au dialogue. Lui (Alpha Condé), il ne voulait pas le dialogue. Il voulait aller aux élections sans le dialogue, à l’exclusion de l’opposition républicaine. Au cours du dialogue, nous avons exigé que le gouvernement s’engage résolument par une disposition pertinente de diligenter des enquêtes pour identifier les auteurs et les commanditaires des crimes commis à l’occasion de nos manifestations pacifiques pour les déférer devant les tribunaux. C’est écrit noir sur blanc dans l’accord politique du 3 juillet. Les gens pensent qu’on a piétiné…, que le dialogue était une assimilation. Ça a été écrit et c’est paraphé par l’ambassadeur des Etats-Unis, l’ambassadeur de la France, par l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, par le délégué de l’Union européenne. Nous avons obtenu l’engagement ferme du gouvernement d’indemniser les victimes, des familles qui ont perdu des proches, des commerçants dont les boutiques ont été vandalisées, des citoyens dont les maisons ont été incendiées et vandalisées. Nous avons obtenu que Waymark et Sabari soient renvoyés après les élections législatives et qu’on recrute un nouvel opérateur à la suite d’un appel d’offre international. Ce n’était pas rien. Nous avons obtenu l’engagement ferme du gouvernement d’organiser les élections communales avant le 31 mars. Ce n’est plus faisable. Nous sommes allés au dialogue qui a donné un résultat [bien qu’il soit petit], mais c’est un résultat quand même. Si nous n’étions pas partis on n’aurait pas obtenu ça. C’est évident. »
Il a ensuite dit à ses militants de se battre davantage, et de se préparer pour les échéances électorales prochaines, la présidentielle de 2015 notamment.
S’il n’est pas aisé de féliciter un administrateur par un opposant, Cellou Dalein, lui, l’a fait ce 1er mars devant ses nombreux militants qui l’écoutaient religieusement. Il a, au fait, affirmé qu’il y a un changement, puisque des « préfets et sous-préfets ont facilité la tâche » aux différentes missions de son parti, même si tel n’était pas le cas dans la sous-préfecture de Tamagaly.
« La mobilisation à Tamagaly, dit-il, c’était aussi exceptionnel, bien qu’il y ait eu un sous-préfet là-bas du nom de Bakayoko qui est le dernier des sous-préfets de la République. Parce que maintenant, il faut dire que partout où nous sommes passés, les autorités ont coopéré et ont facilité la tâche aux missions. Il faut le dire. Si ça ne va pas il faut le dire. Mais s’il y a une amélioration il faut le dire, parce qu’à l’UFDG, on est objectif. Partout où nos missions de remerciement sont passées, les préfets et les sous-préfets ont été très coopératifs. Ils ont facilité, ils ont donné les stades et les places publiques alors qu’habituellement, les stades et les places publiques nous étaient interdits. Il y a un changement, nous devons dire la vérité. »
Cette appréciation faite par le chef de file de l’opposition pourrait être mal perçue par certains qui estiment qu’un opposant ne doit pas féliciter un pouvoir à qui il est opposé.
Bah Thierno Hassane
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
![]()