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Mohamed VI en Guinée : mieux vaut tard que jamais

Mamady Kéita   Mardi, 25 Février 2014 21:43

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MOHAMED_VI_2_01Au moment où nous mettions sous presse, le roi Mohamed VI du Maroc était attendu à Conakry pour une visite d’amitié et de travail, en provenance de la Côte d’Ivoire. Ce sera sa toute première visite en terre guinéenne depuis son intronisation en 1999, après le décès de son père Hassan II.

La Guinée de Sékou Touré, après son accession à l’indépendance, dans les circonstances que tout le monde connaît, a commencé à tisser de solides relations avec le Maroc. Les deux pays se sont retrouvés ainsi dans le groupe dit de Casablanca, qui avait en face de lui le groupe dit de Monrovia, deux ensembles de pays qui ont eu des points de vue quelque peu divergents par rapport au processus de décolonisation du continent noir et à la mise en place d’une organisation continentale. La suite, on la connaît. Les deux groupes finiront par s’entendre pour porter sur les fonts baptismaux, le 25 mai 1963, à Addis-Abeba (Éthiopie), l’Organisation de l’unité africaine (OUA, devenue aujourd’hui Union africaine). Dans la gestion du très sensible dossier du Sahara occidental, la Guinée, comme bon nombre de pays, a pris fait et cause pour le Maroc. En 1984, le Royaume chérifien a joué un rôle non négligeable dans le transport et l’inhumation du corps du premier président de la Guinée indépendante. L’actuel roi du Maroc, alors qu’il n’était que prince héritier, est venu assister aux funérailles du président Ahmed Sékou Touré. Pendant la transition guinéenne, le Maroc est resté aux côtés des autorités et du peuple de Guinée. Lorsque le capitaine Moussa Dadis Camara, alors chef incontesté du CNDD, a été grièvement blessé par son ancien aide de camp, c’est le Maroc qui l’avait accueilli pour des soins intensifs et appropriés. En 2010, Alpha Condé a été élu à la présidence de la République. Et le 28 septembre 2013, les élections législatives ont finalement pu se tenir pour doter le pays d’une assemblée représentative du paysage politique. Comme il fallait s’y attendre, la Guinée redevient subitement un pays fréquentable. Au moment où nous mettions sous presse, le roi Mohamed VI du Maroc était attendu à Conakry pour une visite d’amitié et de travail, en provenance de la Côte d’Ivoire. La première étape de sa présente tournée subsaharienne a été réservée au Mali du président Ibrahim Boubacar Keïta. Après la Guinée, il se rendra au Gabon. Dans une interview accordée à un site d’information de la place, le ministre de la Coopération internationale, Moustapha Koutoubou Sanoh, a indiqué qu’il y a une trentaine d’accords de coopération et de partenariat avec le Maroc. Si l’on s’intéresse spécifiquement à la coopération militaire, l’on se rendra compte que nombreux sont les officiers guinéens qui sont passés par les académies marocaines dans le cadre de la formation. C’est le cas par exemple du général Sékouba Konaté, le président de la transition, qui a fait l’académie de Meknès. Au cours de cette visite du roi Mohamed VI, il est prévu la signature d’une dizaine de nouvelles conventions. Toutes les dispositions semblent avoir été prises pour conférer à cette visite du roi Mohamed VI du Maroc un éclat tout particulier.


Mamady Keïta
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu

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