Dossier du 28 septembre : une délégation de la CPI à Conakry

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BA_Amady_CPI_01Une délégation de la Cour pénale internationale (CPI) a séjourné en début de semaine à Conakry. Cette délégation conduite par le chargé de la coopération au bureau du procureur de la CPI, le Sénégalais Amady Ba, est venue s’enquérir du niveau d’avancement du dossier du massacre du 28 septembre 2009 dans le stade du même nom à Conakry.

Durant son séjour à Conakry, la mission a rencontré le pool des juges chargé d’instruire ce dossier, le ministre de la Justice, Cheick Sakho et les victimes présumées. Elle a également été reçue par le président de la République qui, comme son ministre, a réaffirmé la volonté de la Guinée de faire la lumière sur cette affaire.

Le chef de la mission a pris bonne note de l’engagement des autorités guinéennes mais il leur a demandé de redoubler d’efforts. Le dossier du 28 septembre, il faut le préciser, avance mais lentement. Trois ans après la mise en place du pool des juges d’instruction, il n’y a eu que huit inculpations dont celles de Claude Pivi et de Tiégboro Camara.

Jointe par nos confrères de Nostalgie Guinée, Hasmaou Diallo, présidente d’une des associations des victimes de la tuerie du 28 septembre, a dénoncé la lenteur de l’instruction caractéristique du manque de volonté politique des autorités guinéennes à rendre justice aux victimes. Des victimes qui meurent jour après jour à cause des sévices qui leur ont été infligés.

A souligner que le massacre du 28 septembre a fait, selon le rapport d’enquête des Nations Unies, 157 morts, plusieurs blessés et de nombreuses femmes violées.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+6 #6 Gandhi 23-02-2014 11:08

Sans comparer avec l'étranger, il suffit de se rappeler le procès du pseudo-attentat déjà bouclé, la réaction rapide à Kankan, etc.... La CPI doit attendre la fin des procédures en Guinée, l'appréciation de la longueur dépendant de plusieurs critères (y compris d'opportunité politique). A mon avis, la CPI ne haussera le ton (en termes d'actes et non de déclarations) qu'en 2015, et si un changement de régime intervient, on la verra plus vindicative. Personne n'est dupe, on sait pourquoi la justice actuelle traine. Il faut être patient, c'est engagé, ça ira jusqu'au bout, contrairement aux crimes de la première république où aucune action juridique (à ma connaissance) n'est engagée. Exiger verbalement ne remplacera jamais une action juridique (sauf rapport de force politique favorable, mais même dans ce cas, il faut engager une action, et sauf pour les crimes contre l'humanité, la prescription a fait son oeuvre).
Ce que les Guinéens doivent comprendre, c'est que personne ne fera les choses à leur place, et faire des choses signifie au minimum le dépôt d'une plainte. Toute déclaration médiatique s'évanouira aussi vite qu'elle est venue.
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+3 #5 Elhadj Diallo 23-02-2014 09:21

Ouvrons les yeux et analysons cette période que la Guinée a traversé. Tout était près pour que, à la mort du Général Conte, le pouvoir revient au Professeur Président. Malheureusement un Capitaine que personne n'attendait s'est imposé vu qu'il avait des hommes déterminés autour de lui. On s'est rendu compte qu'il n'etait pas aisé de l'attaquer de front. D'autant plus qu'il commençait à bénéficier du soutient du peuple. On l'a poussé a l'erreur. On se souvient de ceux qui, a travers les médias ou les meetings, tenaient des discours haineux et haranguaient les foules pour que Dadis soit candidat. Des slogans comme (Dadis ou la mort). Le fruit étant mur, il ne restait plus qu'a organiser un événement choquant et d'une rare violence pour que l'opinion nationale et internationale condamne Dadis, cet empêcheur que ça tourne rond comme les lobbys commanditaires le veulent. On a utilisé et sacrifié ces pauvres gens du stade pour arriver à leur fin. Comme on dit dans toute enquête à qui profite le crime. Vous vous rappelez les gesticulations de Bernard couchner et le matraquage médiatique de France24 et autre Jeune Afrique a l'époque. Et comme par miracle, ils sont devenus aveugles, sourds et muets depuis l'avènement du Président Professeur. Comme si, aujourd'hui, la Guinée était devenu le champion toutes catégories de la démocratie et des droits de l'homme. Vous pensez vraiment que c'est dans leur intérêt que ce dossier aboutisse, non. On nous parle du colonel Pivi, il n'était même pas au stade comme il l'affirme lui-même. Comment Toumba à pu sortir du territoire si ce n'est par exfiltration, comme certains services savent le faire. Et qui se soucient de son devenir, peut être les proches de Dadis. Pourquoi exiler Dadis d'autant plus qu'on lui a permit de revenir en Guinée pour les obsèques de sa défunte mère (paix à son âme ). Dans les mêmes conditions est ce qu'on aurait permit à Taylor ou à Gbagbo la même chose. Alors qu'on arrête de se foutre du peuple Guinéen. La C.P.I., soit qu'elle reprenne le dossier en main et qu'elle fasse sa propre enquête ou qu'elle s'occuper des Syriens et les centrafricains qui ont un besoin urgent de ses enquêteurs. Les familles guinéennes peuvent toujours attendre le retour du messie. Ou alors détrompez nous, faites votre devoir Mrs le Président et Mrs les Inspecteurs de la C.P.I pour que cela ne se répète plus et qu'enfin justice soit rendu. Cinq ans déjà. Merci.
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+7 #4 amadousdialamba 23-02-2014 02:41

A.O.T, Long time I did not heard from you! Comment ça va ? J’ai voulu juste comparer le temps qui continu de filer et doucement pour ce pauvre dossier guinéen (près de 6 ans) à celui mis pour le traitement expéditif d’autres dossiers plus importants. Notamment celui de l’ex-homme fort ivoirien (moins de 3 ans) et du cas du Libérien arrêté au Nigeria en mars 2006, extradé vers la Sierra Leone, transféré à la Haye, le tout à moins de 3 mois. Depuis, Taylor y est détenu jusqu’à sa condamnation, en mai 2012 (8 ans au total en mars prochain). Ensuite, dans les deux cas, ils étaient tous au gnouf en attente de leur jugement. Par contre, dans le cas du 28 septembre, même les deux que l’on disait inculpés sont en activité au sein même de l’actuel gouvernement. N’est-ce pas dit-on qu’ils étaient tous en campagne au compte du RPG au moment des dernières législatives de 2013 ? C’est ce que je n’arrive pas à comprendre. Elles attendent quoi (Ndlr la justice guinéenne ou celle de la haie) pour mettre la main au moins sur ces deux-là, à défaut de pouvoir retrouver les vrais commanditaires qui courent toujours ? Sauf si le critère d’accélération de la procédure à la Haye dépend du degré des crimes ou du nombre de victimes ou encore des circonstances. Il est temps de commencer à envoyer les criminels guinéens dans les geôles, pour au moins dissuader les assassins du régime à opérer en plein jour. Bien que des menaces d’arrestation et d’emprisonnement pèsent contre les auteurs de la tuerie du 28 septembre, les citoyens continuent, à chaque occasion, de se faire abattre comme des lapins sans que rien n’y soit fait. Tout cela, parce que personne n’a été inquiété pour les faits antérieurs. Normalement le peuple devrait exiger l’inculpation même des survivants bourreaux connus du régime de Sékou Touré. Car ils ne sont pas tous morts.
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+8 #3 A.O.T. Diallo 22-02-2014 19:26

Citation en provenance du commentaire précédent de amadousdialamba:
Septembre 2009, bientôt septembre 2014 (6 ans), rien n’est encore fait, sauf des missions interminables d’émissaires de la fameuse CPI. Cette énième mission aussi vient de faire une avancée non significative sur ce dossier, oh, combien de fois soufrant d’inertie. Car dire simplement « QU’ELLE A ETE REÇUE PAR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE QUI, COMME SON MINISTRE, A REAFFIRME LA VOLONTE DE LA GUINEE DE FAIRE LA LUMIERE SUR CETTE AFFAIRE. LE CHEF DE LA MISSION A PRIS BONNE NOTE DE L’ENGAGEMENT DES AUTORITES GUINEENNES MAIS IL LEUR A DEMANDE DE REDOUBLER D’EFFORTS » ne veut rien dire. Le dossier continuera de rester dans une obscurité totale, si c’est ce gouvernement qui promet d’y faire la lumière. D’ailleurs, plus diplomatique que ce langage on meurt nette. Ce dossier guinéen ne sera traité, peut-être, qu'après la disparition de toutes les victimes. C’est vraiment dommage pour les familles de ces victimes qui continuent de voir leurs bourreaux se pavaner dans les grandes villes sans aucune crainte. Cette CPI est très lente dans ses actions, surtout si le dossier en question ne comporte pas d’intérêts particuliers de ceux qu’on aime appeler Communauté internationale. Les émissaires dépêchés par la CPI reçoivent des instructions comme pour dire allez-y remuer un peu pour ne pas qu’on nous accuse de négligence. Puis profitez-en pour vous entretenir avec les autorités en place et faite des promesses aux victimes…. Humm !

Pour une fois amadou-masque je ne suis pas d'accord avec toi : tu sais la justice internationale ne travaille jamais "a chaud". Nous souhaitons ce procès demain mais elle cela ne la gène pas que ce soit dans 10 ans. Si elle s'en foutait vraiment elle ne dirait rien et laisserait mourir le dossier dans un tirroir.
Agir comme elle le fait avec la Guinée et toutes les autres dictatures tropicales est tout a fait pédagogique : c'est un message clair que justement non seulement vous serez toujours sous microscope mais en plus soit vous jugerez soit vous serez jugé par d'autres. Et ceci est une arme redoutable contre l’impunité avec des résultats a moyen et court termes, plus importants que des actions bruyantes de court terme. Remarque par exemple comment El Bechir et les milices Janjaouites du Soudan ont vite rangé leurs sabres dans leurs bournous et ne les sortiront plus que dans leur chambre a coucher...
Maintenant si nous voulons des actions vite fait-bien fait on prend exemple sur les jeunes de kankan ou sur ceux d'Ukraine depuis 3 mois. La aussi l’impunité disparait mais rapidement car les chasseurs deviennent les "braisés". Mais ça c'est le travail des guineens, pas celui des étrangers en notre nom !
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+5 #2 Gandhi 22-02-2014 09:29

Votez pour l'opposition en 2015, et la procédure s'accélèrera mécaniquement, car le procès doit avoir lieu en Guinée.
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+8 #1 amadousdialamba 22-02-2014 04:29

Septembre 2009, bientôt septembre 2014 (6 ans), rien n’est encore fait, sauf des missions interminables d’émissaires de la fameuse CPI. Cette énième mission aussi vient de faire une avancée non significative sur ce dossier, oh, combien de fois soufrant d’inertie. Car dire simplement « QU’ELLE A ETE REÇUE PAR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE QUI, COMME SON MINISTRE, A REAFFIRME LA VOLONTE DE LA GUINEE DE FAIRE LA LUMIERE SUR CETTE AFFAIRE. LE CHEF DE LA MISSION A PRIS BONNE NOTE DE L’ENGAGEMENT DES AUTORITES GUINEENNES MAIS IL LEUR A DEMANDE DE REDOUBLER D’EFFORTS » ne veut rien dire. Le dossier continuera de rester dans une obscurité totale, si c’est ce gouvernement qui promet d’y faire la lumière. D’ailleurs, plus diplomatique que ce langage on meurt nette. Ce dossier guinéen ne sera traité, peut-être, qu'après la disparition de toutes les victimes. C’est vraiment dommage pour les familles de ces victimes qui continuent de voir leurs bourreaux se pavaner dans les grandes villes sans aucune crainte. Cette CPI est très lente dans ses actions, surtout si le dossier en question ne comporte pas d’intérêts particuliers de ceux qu’on aime appeler Communauté internationale. Les émissaires dépêchés par la CPI reçoivent des instructions comme pour dire allez-y remuer un peu pour ne pas qu’on nous accuse de négligence. Puis profitez-en pour vous entretenir avec les autorités en place et faite des promesses aux victimes…. Humm !
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