Mamady Kéita Samedi, 15 Février 2014 22:43
Le ministre des Travaux publics, Mohamed Traoré, file du mauvais coton, depuis un certain temps, accusé qu’il est par le directeur national de l’entretien routier Benjamin Sandouno de s’être livré à de la magouille, en gonflant des montants destinés au financement de certains projets routiers. Les faits remontent à l’époque où Mohamed Traoré était directeur général du fonds d’entretien routier, et démontrent l’indélicatesse de ce cadre qui, malgré tout, s’est vu promouvoir au poste de chef de département des Travaux publics, à la grande déception de l’opinion.
Cette affaire de malversation a été ébruitée par nos confrères de la radio Espace FM, qui ont levé ce gros lièvre. Tout serait parti des préparatifs du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), il y a environ trois mois. A l’époque les autorités qui voulaient doter la capitale d’une toilette de jouvence, n’ont pas lésiné sur les moyens. Et avaient ordonné dans la foulée, que des efforts soient entrepris dans l’assainissement de la ville et la réfection de la voirie urbaine. Et voilà que les valeurs de soumission des quatre entreprises dont SLM et TPB, EGUITEC+, GETIPRES et BECOTRAP ont été gonflées de près de 4 milliards de francs guinéens, à la demande de Mohamed Traoré.
Le directeur de l’entretien routier (DNER), Benjamin Sandouno, a dénoncé une « tentative de fraude, par le rehaussement des valeurs des marchés ». C’était à la faveur d’une sortie sur les antennes de nos confrères d’Espace FM, mardi dernier. Il a rappelé la chronologie des faits et chargé Mohamed Traoré, actuel ministre des Travaux publics.
De son côté le ministre a tenté d’allumer un contrefeu en parlant d’une cabale orchestrée contre sa personne, pour le souiller. C’est l’argument que les grilleurs d’arachides ont souvent à la bouche, quand ils sont confondus dans leur « indélicatesse ». Le ministre des Travaux publics reconnait certes que le « montant total des marchés revu à la hausse s’élève à 3.457.606.244 GNF », pour cinq marchés exécutés par les adjudicateurs. Mais justifie sa décision par le fait que « les montants déposés à son niveau pour le paiement était en deçà de leurs valeurs ». Mohamed Traoré qui a fait cette déclaration au cours d’un point de presse organisé la semaine dernière, n’a pas convaincu par ces louvoiements. Sous d’autres cieux, il aurait été contraint de remettre sa démission, pour avoir trempé dans une telle magouille. Mais, en Guinée, l’on est encore loin de ce niveau de moralisation de la vie publique. Et la gouvernance actuelle, aux yeux de biens des gens se caractérise par l’impunité et le népotisme. Le ministre des Travaux publics n’a donc rien à craindre, car il ne risque rien. C’est le contraire qui pourrait étonner les observateurs.
Mamady Kéita
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