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Sidya Touré dégaine contre la gestion d’Alpha Condé
Boubacar Bagnan Diallo Jeudi, 13 Février 2014 22:23
Le leader de l’Union des forces républicaines (UFR) n’a pas été tendre ce week-end avec la gouvernance d’Alpha Condé. L’ancien premier ministre a passé à la loupe tous les sujets d’actualité et les initiatives du chef de l’Etat, notamment l’augmentation du prix du carburant, le gouvernement de Mohamed Saïd Fofana version II, le sommet de l’UA à Addis-Abeba, le salaire des députés, etc.
Fidèle à ses piques contre l’actuelle gouvernance, le leader de l’UFR a déclaré que l’augmentation du prix du carburant à la pompe a ses corollaires. « Une telle augmentation doit avoir des corollaires. Elle va relancer l’augmentation des différents prix, du transport, des produits de première nécessité. Donc, je crois que c’est tout ce qui va alimenter l’inflation. J’espère qu’on en a tenu compte et qu’il y aura des mesures d’accompagnement », a indiqué Sidya Touré.
Parlant de la marge de manœuvre des parlementaires, l’économiste n’est pas optimiste. Dans la mesure où, selon lui, les députés n’ont pas eu l’opportunité d’examiner le budget de 2014.
« Dans la mesure où les députés n’ont pas eu l’opportunité d’examiner le budget 2014, nous ne savons pas ce qui était prévu dans ce budget. Si ce débat avait eu lieu dans le nouveau Parlement, chacun de nous aurait pu donner son avis et peut-être trouvé une orientation pour faire de l’économie dans le budget quelque part.
Malheureusement la nouvelle Assemblée nationale n’a pas pu examiner le budget, tout cela avait été fait en catimini par le CNT, dans des conditions totalement illégales. Je ne vois pas très bien ce que nous pourrons en dire.
La loi est votée. La loi n’est pas rétroactive. Peut-être qu’on pourra interroger les différents ministres sur leurs actions. C’est le travail de l’exécutif. C’est au gouvernement de trouver des mesures d’accompagnement, de faire en sorte que cela ne relance pas l’inflation dans notre pays », a-t-il souligné.
S’agissant du dernier remaniement ministériel, Sidya Touré soutient que c’est la montagne qui a accouché d’une souris. La réalité est que, dit-il, « nous n’avons que 60% des ministres qui sont restés en place. Les autres sont cooptés de gauche à droite pour essayer de gérer le processus électoral à venir. J’estime qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Cette équipe ne fera pas mieux que celle qu’on a vue ces trois dernières années. » Années qui, explique-t-il, ont été caractérisées par la paupérisation la plus grande de notre pays avec un résultat extrêmement difficile pour 2013, où le taux de croissance est inferieur à 2%. « Nous sommes un pays en voie de paupérisation. La Guinée est en train de s’appauvrir. Un pays qui s’appauvrit n’améliore pas ses recettes. Il ne peut pas faire des infrastructures parce qu’il n’a pas de revenu et ne peut pas créer d’empois pour les jeunes. Nous sommes dans cette situation difficile et le gouvernement a eu une indication très claire à ce que cette politique ne change pas. Selon lui, s’il y a une mission assignée au nouveau gouvernement, c’est une mission pour les élections, c’est une mission de fraude. « On a repris des gens en leur indiquant très bien ce qu’ils auront à faire dans leur région. L’objectif, ce sont les élections communales de 2014 et la présidentielle de 2015.
Revenant sur la publication des audits, il a soutenu que « cette menace permanente de publier les audits qu’on ne voit jamais, à mon sens, n’est qu’un écran de fumée. C’est une manière pour le pouvoir de cacher ses échecs de ces trois dernières années. La publication des audits, c’est le problème du gouvernement. Je crois qu’un jour, ils le feront. C’est un moyen pour eux de relancer le débat ailleurs », martèle-t-il avant d’enchainer en ces termes : « Depuis que nous avons arrêté les manifestations de rue au mois de mai, ce gouvernement n’a plus d’arguments pour justifier pourquoi les résultats sont aussi médiocres, pourquoi on arrive à des taux de croissance les plus bas, pourquoi les investissements ne redémarrent pas, pourquoi l’emploi ne se crée pas.
J’aimerais bien qu’on publie les audits de l’administration guinéenne. Depuis l’arrivée de ce gouvernement, je n’ai jamais entendu autant de sommes, de montants, de centaines de millions de dollars en jeu, dont on ne connaît pas les affectations, ni la finalité. Je suis pour les audits, je suis pour que nous soyons audités, je suis pour que ce gouvernement soit audité. »
Parlant de la rumeur sur les 25 millions pour le salaire pour les députés, il dit ne pas être informé. « Je n’ai pas été informé de cela. Je crois qu’il y a une commission qui travaille sur cela. Une fois la question en plénière, j’aurai mon mot à dire là -dessus. Et je demanderai avec quel budget on va financer tout cela. Il n’est écrit nulle part que des députés vont avoir 25 millions GNF, c’est juste des rumeurs. »
Réagissant sur la déclaration du président guinéen au Conseil de paix et de sécurité de l’UA, qui aurait suscité une polémique, il indique qu’Alpha Condé a montré sa personnalité : « Le Conseil de paix et de sécurité a une présidence tournante. Quand c’est le tour de votre pays, vous devenez président. Le vrai problème est que le président guinéen a montré sa vraie personnalité. On ne peut pas gérer ce genre de forum comme on gère la Guinée. C’est-à -dire, quand j’ai parlé, tout le monde se met en rang et puis on dit que c’est terminé. C’est un débat de recherche de consensus entre les chefs d’Etat. Je pense qu’il apprendra au fur-et-à -mesure qu’on se réserve d’annoncer certaines choses qui ne sont pas consensuelles au niveau d’une telle Assemblée », ironise-t-il.
En ce qui concerne la tenue des élections communales et présidentielles, Sidya Touré rappelle que « les accords du 3 juillet les prévoient de manière très claire. Je crois que c’est le moment de mettre ce cadre de concertation que nous avons préconisé pour discuter des modalités de l’organisation de cette élection en 2014. Et je crois qu’il faut qu’on soit conforme à cela et qu’on se libère de ses questions-là afin de préparer l’élection présidentielle de 2015 qui ne peut pas être reportée parce que le délai est de cinq ans. Et là , c’est constitutionnel.
Le mandat d’Alpha Condé finit en 2015. Donc, les élections se tiendront obligatoirement en 2015. Si ce n’est pas le cas, c’est que la Guinée n’a pas de président. »
Boubacar Bagnan Diallo
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
Commentaires
Il semble que l'UFDG considère que ce sont des « miettes, mais voudrait quand-même accepter les sous et "payer" ses nombreuses victimes à même la bourse des députés (certainement pour service macabre rendu à député élu).
Mais ne nous énervons pas pour rien, je viens d'apprendre qu'ils auraient encore fait consensus ou unanimité sur la question. Quelqu'un pour confirmer ???
Tu vois ! J'ai envie de me défouler. Donc je t'en prie évite de me chatouiller par certains propos qui démangent à la critique. Taarra ! Merci de ta compréhension...








