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Mort dans la prison centrale de Conakry: le juge mis en cause dit n’y être pour rien, mais...

Heinan Goba  Jeudi, 13 Février 2014 18:05

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Maison_Centrale_prison_Conakry_01Le doyen des juges d’instruction de Dixinn, Niakoro Camara, aurait refusé d’ordonner la mise en liberté provisoire de Bangaly Feindouno accusé de viol sur mineur par la famille Massamadouno. Un refus qui aurait causé la mort de ce jeune homme tombé malade pendant sa détention à la Maison centrale de Conakry. Pourtant d’après un oncle de ce jeune présenté comme un étudiant diplômé, le juge a reçu la somme d’un million de nos francs pour rendre ce service à sa famille.

La nouvelle fait la chronique dans la cité depuis le début de la semaine.

Ce mercredi, dans un coin de son tribunal, avant de nous emmener dans son cabinet, voir les preuves de ce qu’il fait comme travail dans cette affaire, Niakoro Camara nous a dit : « Je ne vends pas ma dignité dans une procédure. Même si c’est dix millions qu’on me dépose, je ne peux pas relâcher quelqu’un qui est soupçonné de viol. A plus forte raison dans un cas où les faits sont attestés par un service compétent, comme celui dont on parle ici. »

En effet d’après les propos de la victime présumée rapportés par le juge, « Bangaly Feindouno a promis de marier la petite Sia Martine Massamadouno. Un permis d’accès à la maison des Massamadouno pour lui. Il fait des largesses à Sia qu’il appelle ma fiancée. Malheureusement, il en profite pour coucher avec la petite qui n’a que 14 ans. De retour du Congo, le père de Sia constate une dépression physique chez sa famille. A l’hôpital où il l’emmène, il apprend que sa fille a été abusée par un homme. C’est ainsi que la petite Sia dénoncera Bangaly ».

A la question de savoir, s’il est formel qu’il n’y a jamais eu de payement d’un million par la famille de Bangaly, le juge a répondu : « Je vous assure que c’est faux, tout ce que dit le soi-disant oncle de Bangaly ». Toutefois dans ses explications, Niakoro Camara a reconnu qu’il a été informé de la maladie de Bangaly qu’il avait placé sous mandat de dépôt au début du mois de janvier. Mais entretemps, il est parti pour Kissidougou pour des raisons de famille.

C’est étant à Kissidougou, a poursuivi le juge, qu’il a appris que l’état de santé de Bangaly s’est aggravé. C’était jeudi 06 février. Il a alors demandé à la famille de ce dernier de faire la demande de mise en liberté provisoire pour des raisons de santé et la déposer au greffe. Il était donc prévu qu’à son retour, il ordonne cette mise en liberté provisoire. Malheureusement avant son retour, vendredi soir, le jeune est mort.

Niakoro Camara s’est dit n’être pour rien dans la mort de Bangaly Feindouno. Et dément toute remise d’argent. Mais d’après une source sure, le doyen des juges d’instruction de Dixinn a même reçu en tout deux millions, conformément à la condition qu’il a posée à la famille du détenu pour accéder à leur demande. Un million à sa personne avant son voyage. Et l’autre, au moment où le jeune était entre la vie et la mort, à un de ses assistants qui le lui a aussitôt transféré.

D’après la même source, la Maison centrale aurait exigé le payement de trois cent mille francs pour anticiper la libération de Feindouno et favoriser son admission à l’infirmerie du Camp Samory Touré ou le BQG. La famille s’est exécutée. Mais après avoir constaté la mort du jeune, la Maison centrale a restitué l’argent de sa famille. Nous n’avons pas pu contacter la Maison centrale pour sa version des faits. Même si cela n’est pas si important à partir du moment où elle aurait restitué sa part d’argent reçue.

Revenue au tribunal de Dixinn pour demander à l’assistant de Niakoro la restitution du million sous prétexte d’en faire des frais de santé, elle n’obtiendra, en revanche, pas satisfaction. « J’ai déjà envoyé l’argent à mon chef », aurait-il dit pour se débarrasser de la famille.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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