Mort dans la prison centrale de Conakry: le juge mis en cause dit n’y être pour rien, mais...

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Maison_Centrale_prison_Conakry_01Le doyen des juges d’instruction de Dixinn, Niakoro Camara, aurait refusé d’ordonner la mise en liberté provisoire de Bangaly Feindouno accusé de viol sur mineur par la famille Massamadouno. Un refus qui aurait causé la mort de ce jeune homme tombé malade pendant sa détention à la Maison centrale de Conakry. Pourtant d’après un oncle de ce jeune présenté comme un étudiant diplômé, le juge a reçu la somme d’un million de nos francs pour rendre ce service à sa famille.

La nouvelle fait la chronique dans la cité depuis le début de la semaine.

Ce mercredi, dans un coin de son tribunal, avant de nous emmener dans son cabinet, voir les preuves de ce qu’il fait comme travail dans cette affaire, Niakoro Camara nous a dit : Â« Je ne vends pas ma dignité dans une procédure. Même si c’est dix millions qu’on me dépose, je ne peux pas relâcher quelqu’un qui est soupçonné de viol. A plus forte raison dans un cas où les faits sont attestés par un service compétent, comme celui dont on parle ici. Â»

En effet d’après les propos de la victime présumée rapportés par le juge, « Bangaly Feindouno a promis de marier la petite Sia Martine Massamadouno. Un permis d’accès à la maison des Massamadouno pour lui. Il fait des largesses à Sia qu’il appelle ma fiancée. Malheureusement, il en profite pour coucher avec la petite qui n’a que 14 ans. De retour du Congo, le père de Sia constate une dépression physique chez sa famille. A l’hôpital où il l’emmène, il apprend que sa fille a été abusée par un homme. C’est ainsi que la petite Sia dénoncera Bangaly Â».

A la question de savoir, s’il est formel qu’il n’y a jamais eu de payement d’un million par la famille de Bangaly, le juge a répondu : « Je vous assure que c’est faux, tout ce que dit le soi-disant oncle de Bangaly Â». Toutefois dans ses explications, Niakoro Camara a reconnu qu’il a été informé de la maladie de Bangaly qu’il avait placé sous mandat de dépôt au début du mois de janvier. Mais entretemps, il est parti pour Kissidougou pour des raisons de famille.

C’est étant à Kissidougou, a poursuivi le juge, qu’il a appris que l’état de santé de Bangaly s’est aggravé. C’était jeudi 06 février. Il a alors demandé à la famille de ce dernier de faire la demande de mise en liberté provisoire pour des raisons de santé et la déposer au greffe. Il était donc prévu qu’à son retour, il ordonne cette mise en liberté provisoire. Malheureusement avant son retour, vendredi soir, le jeune est mort.

Niakoro Camara s’est dit n’être pour rien dans la mort de Bangaly Feindouno. Et dément toute remise d’argent. Mais d’après une source sure, le doyen des juges d’instruction de Dixinn a même reçu en tout deux millions, conformément à la condition qu’il a posée à la famille du détenu pour accéder à leur demande. Un million à sa personne avant son voyage. Et l’autre, au moment où le jeune était entre la vie et la mort, à un de ses assistants qui le lui a aussitôt transféré.

D’après la même source, la Maison centrale aurait exigé le payement de trois cent mille francs pour anticiper la libération de Feindouno et favoriser son admission à l’infirmerie du Camp Samory Touré ou le BQG. La famille s’est exécutée. Mais après avoir constaté la mort du jeune, la Maison centrale a restitué l’argent de sa famille. Nous n’avons pas pu contacter la Maison centrale pour sa version des faits. Même si cela n’est pas si important à partir du moment où elle aurait restitué sa part d’argent reçue.

Revenue au tribunal de Dixinn pour demander à l’assistant de Niakoro la restitution du million sous prétexte d’en faire des frais de santé, elle n’obtiendra, en revanche, pas satisfaction. « J’ai déjà envoyé l’argent à mon chef Â», aurait-il dit pour se débarrasser de la famille.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #6 Amenofils 17-02-2014 16:21

Citation en provenance du commentaire précédent de FEINDOUNO:
ORAISON FUNEBRE
Bangaly Feindouno née en 1986 à Gueckedou sous Prefecture de Guendembou est fils de Mr Momory et de Koumba Satta Millimouno.
L’ainé d’une famille de huit (8) enfants. En 1995 il fit ses débuts à l’école en fréquentant l’école primaire de Guèndembou où il obtint en 2001 son certificat d’étude primaire. En 2005 il obtint avec mention bien son brévet d’étude du premier cycle(BEPC) et fréquentera le lycée Josip Broz Tito(JBT) de Guéckedou option sciences mathématiques. en 2009 il est admis au Baccalauréat Unique et sera orienté à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry au département Génie Mécanique, il se spécialisera en Energie Thermique : en 2013 il termina brillamment son cycle Universitaire et suivra des stages dans certaines entreprises de Conakry en attendant son Diplôme de fin de cycle qu’il aurait pu délivrer à partir du 15 de ce mois. A la fin du stage, il décide de donner les cours dans une école privée de proximité toujours en attendant son diplôme pour lequel il s’est distingué à l’université.
Malheureusement, dans la journée de 30 Décembre 2013, Bangaly est arrêté par deux (2) agents de la police Judiciaire pour le Tribunal de Dixinn où on l’accuse du viol d’une fille de 15ans, brûlant ainsi les étapes, le même jour, Bangaly est déférer mordicus à la maison centrale pour un crime dont il attendit sans succès la comparaison. En prison incarcéré avec les plus grands gangs pour un crime dont la culpabilité n’est pas encore établie.
Bangaly tombe malade et cria longtemps sa maladie et son oncle démarchait pour que le jeune ingénieur obtienne une liberté provisoire devant permettre son traitement adéquat à l’hôpital Donka.
Toutes les fois, ont rejeta ces doléances dans cette situation Kafka, le jeudi février à la sûreté, la maladie s’empira faute de traitement, ce même jour l’oncle Joseph multipliant les démarches mais toujours renvoyé d’une autorité à une autre dans une administration qui n’a d’image qu’un labyrinthe finalement le 07 février à 10h 30mn le jeune Ingénieur n’aura son diplôme à titre posthume car, il s’en alla de ce monde le cœur plein d’amertume, une amertume que lui-même à résumer dans sa dernière déclaration «je préférais mourir que de vivre dans cet état».Il faut dire qu’une âme plein d’ambition très généreuse très amical, très joviale, une petite grand âme vient de quitter le monde et prions le tout puissant pour que son âme repose en paix. Amen !

Tout simplement triste !
Combien de personnes attendent impuissants que la machine à repression guinéenne rende enfin justice. Dans ce cas-ci, on ne peut ni incriminer les presumés victimes de viols non plus la victime Feidouno mais l'Etat guinéen qui ne sait pas "parler" justice à ses citoyens, à sa jeunesse !
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+4 #5 A.O.T. Diallo 14-02-2014 19:44

Citation en provenance du commentaire précédent de FEINDOUNO:
ORAISON FUNEBRE
Une petite grand âme vient de quitter le monde et prions le tout puissant pour que son âme repose en paix. Amen !

Cher Feindouno, merci pour les détails de la belle jeunesse et triste fin de cette nouvelle jeune victime de notre Changement.
par contre c'est pour des conclusions comme la tienne ci-dessus que l’impunité a de beaux jours devant elle en Guinée : quand un lion entre en ville et mange tout ce qui bouge on ne l’arrête pas en priant le bon Dieu pour le repos des âmes des voisins victimes...
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+3 #4 FEINDOUNO 14-02-2014 01:59

ORAISON FUNEBRE
Bangaly Feindouno née en 1986 à Gueckedou sous Prefecture de Guendembou est fils de Mr Momory et de Koumba Satta Millimouno.
L’ainé d’une famille de huit (8) enfants. En 1995 il fit ses débuts à l’école en fréquentant l’école primaire de Guèndembou où il obtint en 2001 son certificat d’étude primaire. En 2005 il obtint avec mention bien son brévet d’étude du premier cycle(BEPC) et fréquentera le lycée Josip Broz Tito(JBT) de Guéckedou option sciences mathématiques. en 2009 il est admis au Baccalauréat Unique et sera orienté à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry au département Génie Mécanique, il se spécialisera en Energie Thermique : en 2013 il termina brillamment son cycle Universitaire et suivra des stages dans certaines entreprises de Conakry en attendant son Diplôme de fin de cycle qu’il aurait pu délivrer à partir du 15 de ce mois. A la fin du stage, il décide de donner les cours dans une école privée de proximité toujours en attendant son diplôme pour lequel il s’est distingué à l’université.
Malheureusement, dans la journée de 30 Décembre 2013, Bangaly est arrêté par deux (2) agents de la police Judiciaire pour le Tribunal de Dixinn où on l’accuse du viol d’une fille de 15ans, brûlant ainsi les étapes, le même jour, Bangaly est déférer mordicus à la maison centrale pour un crime dont il attendit sans succès la comparaison. En prison incarcéré avec les plus grands gangs pour un crime dont la culpabilité n’est pas encore établie.
Bangaly tombe malade et cria longtemps sa maladie et son oncle démarchait pour que le jeune ingénieur obtienne une liberté provisoire devant permettre son traitement adéquat à l’hôpital Donka.
Toutes les fois, ont rejeta ces doléances dans cette situation Kafka, le jeudi février à la sûreté, la maladie s’empira faute de traitement, ce même jour l’oncle Joseph multipliant les démarches mais toujours renvoyé d’une autorité à une autre dans une administration qui n’a d’image qu’un labyrinthe finalement le 07 février à 10h 30mn le jeune Ingénieur n’aura son diplôme à titre posthume car, il s’en alla de ce monde le cœur plein d’amertume, une amertume que lui-même à résumer dans sa dernière déclaration «je préférais mourir que de vivre dans cet état».Il faut dire qu’une âme plein d’ambition très généreuse très amical, très joviale, une petite grand âme vient de quitter le monde et prions le tout puissant pour que son âme repose en paix. Amen !
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+3 #3 Balde Gando 13-02-2014 21:13

Citation en provenance du commentaire précédent de amadousdialamba:
Le problème de nos détenus n’est ni du juge ni de la famille des victimes. Il faut dénoncer l’état de nos centres de détention. Combien de prisonniers y ont déjà perdu leurs vies ou attrapés des maladies incurables. Tous les centres de détention de Guinée sont des camps Boiro. Des simples mouroirs ou l’on continue de pratiquer les redoutables diètes noirs d’alors. Les condamnés de chez nous sont tous considérés comme des criminels de guerre. Ils ne bénéficient presque d’aucune protection. Aucun prisonnier ne peut tenir plus de 3 mois dans ces Geôles, sans tomber malade, quel que soit son état physique. Toutes les conditions y sont réunies pour que mort rapide intervienne (insalubrité, privassions de nourritures absence totale de visites médicales périodiques, soumission à des sévices corporels…). Il faut obliger l’Etat à réfectionner et à entretenir ces mouroirs. Des avocats ou associations de défense des prisonniers doivent être mise en place, et ce, dans toutes les préfectures, pour que périodiquement, ils sillonnent toutes les maisons d’arrêt en vue de s’enquérir des conditions de détention et de l’état de santé des prisonniers. Sachez que personne n’est à l’abri de la prison, surtout dans un pays comme le nôtre où l’on peut venir te cueillir parfois même sans mandat d’arrêt ou de décision de la justice. Même les criminels ne méritent pas les traitements inhumains et dégradants pratiqués dans ces prisons. Sans même aller jusqu’à visiter l’intérieur du bâtiment, la devanture de la maison d’arrêt présentée en image seule suffit pour connaitre l’état de l’intérieur de l’édifice. Chers guinéens, soyons un peu humains.

Je suis entièrement d'accord avec vous! En Guinée, un prisonnier est un sous-homme. Et il parait que tous les dirigeants refuseraient de construire une prison, car la superstition veut que quiconque le fait y périra.
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+6 #2 A.O.T. Diallo 13-02-2014 20:34

" Mais après avoir constaté la mort du jeune, la Maison centrale a restitué l’argent de sa famille. Nous n’avons pas pu contacter la Maison centrale pour sa version des faits. Même si cela n’est pas si important à partir du moment où elle aurait restitué sa part d’argent reçue. "
Wow, HG-masque, avez-vous bien relue votre phrase ci-dessus ?
Si vous pensez vraiment cela alors j'ai pense que vous êtes déjà complètement "contaminé"...
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+4 #1 amadousdialamba 13-02-2014 19:55

Le problème de nos détenus n’est ni du juge ni de la famille des victimes. Il faut dénoncer l’état de nos centres de détention. Combien de prisonniers y ont déjà perdu leurs vies ou attrapés des maladies incurables. Tous les centres de détention de Guinée sont des camps Boiro. Des simples mouroirs ou l’on continue de pratiquer les redoutables diètes noirs d’alors. Les condamnés de chez nous sont tous considérés comme des criminels de guerre. Ils ne bénéficient presque d’aucune protection. Aucun prisonnier ne peut tenir plus de 3 mois dans ces Geôles, sans tomber malade, quel que soit son état physique. Toutes les conditions y sont réunies pour que mort rapide intervienne (insalubrité, privassions de nourritures absence totale de visites médicales périodiques, soumission à des sévices corporels…). Il faut obliger l’Etat à réfectionner et à entretenir ces mouroirs. Des avocats ou associations de défense des prisonniers doivent être mise en place, et ce, dans toutes les préfectures, pour que périodiquement, ils sillonnent toutes les maisons d’arrêt en vue de s’enquérir des conditions de détention et de l’état de santé des prisonniers. Sachez que personne n’est à l’abri de la prison, surtout dans un pays comme le nôtre où l’on peut venir te cueillir parfois même sans mandat d’arrêt ou de décision de la justice. Même les criminels ne méritent pas les traitements inhumains et dégradants pratiqués dans ces prisons. Sans même aller jusqu’à visiter l’intérieur du bâtiment, la devanture de la maison d’arrêt présentée en image seule suffit pour connaitre l’état de l’intérieur de l’édifice. Chers guinéens, soyons un peu humains.
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