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Conseil constitutionnel : point de chute pour Christian Sow ?

Aliou Sow  Mardi, 11 Février 2014 21:10

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SOW_Christian_2_01L’ancien ministre de la Justice, Christian Sow, pourrait bien devenir le président du futur Conseil constitutionnel, dont la mise en place serait imminente. Ce proche du président Alpha Condé, dont le passage à la tête du département de la Justice a laissé de mauvais souvenirs pour certains justifiables, serait donc sur le point d’être repêché, et nommé au poste prestigieux de président du Conseil constitutionnel.

L’ancien ministre de la Justice et garde des sceaux serait sur le point de reprendre du service en tant que président du futur Conseil constitutionnel. C’est une information de première main, que nous avons eue au moment où nous allions sous presse. Si jamais cela se confirmait, dans les prochaines semaines, il faudrait voir dans ce comeback, non un retour en grâce de Christian Sow, mais le simple fait que malgré son éviction du gouvernement, l’ancien bâtonnier demeure un homme du sérail. C’est pour cela d’ailleurs que son limogeage à la faveur du dernier remaniement gouvernemental avait surpris certains observateurs, vu les liens très soudés que l’homme semble avoir avec le président de la République. Des rapports qui iraient au-delà même du cadre professionnel, dit-on. D’aucuns ont tout simplement vu dans son renvoi et son remplacement par Me Cheick Sano, le fait qu’il s’était retrouvé depuis un certain temps sous le feu des critiques, dans la gestion de son département. Ses détracteurs l’accusant en effet de faire du parti-pris dans le traitement de certains dossiers portés devant les cours et tribunaux du pays.

Que Christian Sow abusait de son pouvoir, en faisant la part belle à son cabinet d’avocat, dont les clients gagnaient tous leurs procès, grâce à son interférence, en tant que ministre de la Justice, rouspètent ses détracteurs. A titre d’exemple, le PDG du groupe Hamana, spécialisé dans l’importation des denrées alimentaires, l’avait ouvertement dénoncé à travers une lettre ouverte, l’accusant de soutenir des hommes d’affaires indiens, à son détriment, dans une affaire qui opposait les deux parties. Le ministre avait à l’époque démenti et parlé d’une cabale montée contre sa personne, pour le diaboliser. C’était à la faveur d’une conférence de presse organisée pour la circonstance.

Il faut noter que durant son passage à la tête du département de la Justice, Christian Sow a laissé à son actif « la révision du code pénal, celle du code de procédure pénale, et du code de justice militaire ». A cela il faut ajouter « le suivi et la validation du projet de stratégie et de plan d’action décennale de la réforme et celui de la mise en place du Conseil supérieur de la magistrature et le suivi ».

Sans oublier « la signature des textes d’application de la loi organique aux statuts des magistrats », comme il a eu à le dire lors de la prise de fonction de son remplaçant en janvier dernier.

Il faut déjà se demander, si jamais il venait à être porté à la tête du futur Conseil constitutionnel, une institution clé de la République, quelle sera sa marge de manœuvre, face à un chef de l’Etat qui tient à rempiler pour 2015.


Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
 

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