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Narcotrafic en Guinée : la Guinée dans le viseur des Américains

Mamady Kéita   Samedi, 08 Février 2014 22:27

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CAMARA_Moussa_Tiegboro_01La Guinée se retrouve dans le viseur de l’administration américaine pour l’intensification du trafic de drogue dans le pays ces dernières années, selon un rapport du Bureau international du contrôle des stupéfiants publié récemment. Cette nouvelle risque de jeter un froid dans les rapports entre les États-Unis et le gouvernement guinéen, quand on sait que les Yankees ne sont pas du genre à accorder un traitement de faveur aux trafiquants de cocaïne et à leurs complices. Il revient à Conakry de faire preuve de bonne foi, en apportant sa collaboration dans la traque contre les cartels.

La Guinée s’est vu épinglée dans un rapport du Bureau international du contrôle des stupéfiants paru en ce début février, pour son « laxisme » dans la lutte contre le trafic de cocaïne. En parcourant ce rapport, on se rend compte qu’il n’est pas du tout tendre avec notre pays considéré aujourd’hui comme « un point de départ pour la cocaïne et l’héroïne en transbordement », vers des destinations comme l’Amérique du nord et l’Europe. Ce rapport révèle en effet que durant l’année 2012, au moins, un ou deux avions atterrissaient tous les mois en Guinée avec à leur bord de la cocaïne en provenance d’Amérique latine. Ce, pour approvisionner le marché européen, les États-Unis, et l’Asie de l’Est. Concernant la demande locale en matière de drogue, celle-ci porterait sur ‘’la marijuana, qui est principalement importée de la Sierra Leone’’, souligne le rapport. Qui révèle également que le trafic de drogue a augmenté depuis l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé en 2010, alors qu’il avait baissé entre 2008 et 2009 suite à des actions engagées par le Secrétariat chargé de la lutte contre la drogue et le grand banditisme. Une structure créée par Moussa Dadis Camara, l’ancien chef de la junte, qui continue d’exister avec toujours le même chef, le colonel Moussa Tiégboro Camara. Qui depuis l’avènement d’Alpha Condé aux affaires, pêche par un manque de résultats.

La mise en place de l’Office central de lutte contre la drogue et le crime organisé (OCAD), l’organisation face à la résistance croissante des trafiquants puissants en garde à vue et de hauts fonctionnaires impliqués dans le trafic de drogue, les attaques politiques contre la direction de l’OCAD ont eu un effet néfaste sur la performance de l’organisation de l’office anti-drogue, déplore le dit rapport.

Il faut ajouter à cela que le Département d’Etat américain reconnait que la Guinée et ses voisins « n’ont pas une forte coopération bilatérale pour lutter contre le commerce illégal de la drogue même si la France a accepté de financer l’initiative à hauteur de 2,05 millions de dollars ». Les États-Unis indiquent avoir eu une « participation limitée dans les activités de lutte contre la drogue en Guinée, par le fait que le chef de l’agence antidrogue, le colonel Moussa Tiégboro Camara, soit sur la liste noire de la Cour pénale internationale suite aux massacres du 28 septembre 2009. Le porte-parole du gouvernement Albert Damantang Camara a démenti le contenu de ce rapport, dont les concepteurs font également mention des propos du président Alpha Condé qui, en juin 2013, confiait que les « puissants cartels de la drogue latino-américains étaient à la recherche de narco-Etats en Afrique de l’ouest depuis l’intervention française au Mali ». « Le trafic de drogue n’est pas tout à fait institutionnalisé comme il l’était auparavant, mais les conditions de nos populations qui vivent dans la pauvreté pourraient être une tentation pour certaines personnes », avait-il dit dans un entretien accordé au journal britannique The Daily Telegraph.

Ce rapport sonne comme un coup de semonce à l’endroit du gouvernement guinéen. Et le professeur Alpha Condé aurait intérêt à revoir sa copie en matière de lutte contre le narcotrafic, au risque de s’aliéner le pays de l’oncle Sam. Une situation qui pourrait mettre la Guinée dans le même panier que son voisin de Bissau, affublé du vocable de narco Etat.


Mamady Kéita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
 

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