La justice populaire au-dessus de la justice traditionnelle

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SOW_Mamadou_Pr._01Des jeunes supposés appartenir à la communauté Landouma ont manifesté leur colère lundi 03 février 2014 à Boké, ville située à environ 300 kilomètres au nord-ouest de Conakry. Ils protestaient contre l'assassinat présumé d'un élève qui faisait aussi le taxi- moto. Son corps mutilé a été retrouvé cinq jours après avoir été déplacé par trois hommes.

Comme ce fut le cas à Labé à propos de l’insécurité causée par la prolifération des débits de boisson et à Kankan suite au meurtre d’un élève par un gendarme, les biens d'un riche homme d'affaire, un certain Soul, de la communauté Diakanké, accusé d’être derrière cet assassinat, ont été la cible des mécontents. Conséquence, une villa et tout son contenu ont été incendiés.

Il n'y a pas eu de mort mais des blessés, selon nos sources. Ce qui est alarmant en revanche, c’est l’attitude des populations. Leur décision de se faire justice, à chaque fois. Ce, au mépris de la loi qui dit que nul n’a le droit de se rendre justice à moins que ce soit en situation de légitime défense.

S’exprimant devant les hommes de média ce même lundi, le professeur Mamadou Sow, président du RFD (Rassemblement des forces démocratiques), membre de l’opposition guinéenne, a expliqué la décision des populations de se faire justice par l’absence de la justice traditionnelle.

Citant l’exemple de ce qu’il a personnellement vécu, le médecin a indiqué que le Guinéen a perdu confiance en sa justice, devenue le nid de la corruption. L’impunité a été érigée en système de gouvernance. Les malfrats, même pris en flagrant délit sont relâchés sans jugement.

« Si l’Etat faisait son travail de distribution de la justice, les populations n’auraient pas à se faire justice Â», a expliqué Mamadou Sow pour qui la loi doit être appliquée à quiconque commet une infraction. « Si la loi est respectée, qu’il est montré qu’elle est faite pour tout le monde, il n’y a pas de raison que les gens se fassent justice Â», a-t-il ajouté.

Bref, pour mettre fin aux révoltes des populations, de l’avis de l’opposant, il faut instaurer un véritable Etat de droit.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+2 #2 amadousdialamba 06-02-2014 00:52

Dans un récent commentaire, j’attirais l’attention sur le grand risque de débordements que représentent ces fréquents affrontements communautaires. Cette population frustrée à cause de l’absence de justice en Guinée n’a plus d’autres choix que de faire recourt à la force physique. En cela s’ajoute les tensions palpables dues aux multiples facteurs socioéconomiques. En faisant le bilan des cas survenus pendant la seule année 2013, on a le droit de se demander si ce phénomène n’est pas en train de prendre une envergure inquiétante dans le pays. Plus angoissant, malgré tous ces évènements malheureux, la justice reste jusque-là de marbre. Normalement, il est du devoir absolu de ce régime de prendre toutes ses responsabilités pour prévenir le pire qui peut arriver à tout moment. La justice doit jouer son rôle régalien. A mon avis, ce gouvernent, certes, par manque de maturité politique, ne mesure pas le danger de ce phénomène. Cette justice populaire est très dangereuse pour un pays surtout comme le nôtre. Une simple petite incitation, dans ce pays de folles rumeurs peut provoquer un embrasement que rien ne pourra arrêter. Prions pour que cela n’arrive jamais en Guinée. Mais à cette allure, rien est sure.
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+2 #1 celloumbah 04-02-2014 17:50

En guinée il n'y a pas de justice, c'est la loi du plus fort et comme c'est AC qui est au pouvoir le droit c'est pas la raison (la raison du plus fort est toujours la meilleure). Sinon on se demande comment quelqu'un qui a passé toute sa vie en France et qui dit qu'il est professeur de droit peut se comporter comme un Neandertal.
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