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Réconciliation nationale - Les envoyés de Condé à Labé

Diawo Labboyah  Samedi, 03 Septembre 2011 17:00

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sages_du_Fouta_2_01Par décret présidentiel du 15 août, Alpha Condé a confié à El Hadj Mamadou Saliou Camara, premier imam de la grande mosquée Fayçal et Mgr Vincent Koulibaly, archevêque de Conakry la commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale. Comprenne qui peut. Dans la foulée, il a dépêché une grosse délégation rencontrer les sages du Fouta. Elle est arrivée à Labé le 25 août, à 11h par-là, après une halte à Mamou, la veille. Elle est composée des sages des sept préfectures de la Forêt, sept de la Haute et trois de la Basse Guinée. L’accompagne, le général Bouréma Condé, chef d’état-major particulier du prési Alpha Condé.

A Garambé, à dix kilomètres du centre-ville, les visiteurs ont été accueillis par Safioullaye Bah, préfet, Sadou Keïta, gouverneur, et Amadou Thiam, maire de Labé, pour être conduits au siège de la Fondation Thierno Aliou Boubha Dyan.

El Hadj Mamadou Badrou Bah, premier imam de la grande mosquée de Labé et fils d‘El Hadj Abdourahmane Bah a dit le mot de bienvenue.

Le général Bouréma Condé, l’accompagnateur, a présenté la délégation. Et les 3 grands turbans de la délégation, le khalife de Kankan El Hadj Ahmad Chérif, fils de l’illustre Cheick Fantamady, Mamadou Saliou Camara, premier imam de Fayçal, et El Hadj Mohamed Lamine Sy, khalife de Dinguiraye. Mgr Vincent Koulibaly n’est pas venu, il n’aurait pas été invité. Le khalife de Kankan a dit qu’ils sont les émissaires du Condé, à qui ils doivent rendre des comptes.

El Hadj Mamadou Saliou Camara a précisé le but de leur visite. « Le président de la République nous envoie vous dire que l’opposition, c’est pas la guerre ». L’imam ratib de Fayçal d’ajouter qu’il faut se départir du mensonge et de l’injustice, qu’il ne faut pas voir derrière leur démarche de la politique, d’inviter le Fouta à soutenir le Condé qui est le président de tous les Guinéens. « Nous sommes venus vous écouter. Dites-nous ce que vous voulez et ce qu’il nous faut pour la paix dans notre patrie ».

Le Khalife de Kankan qui connaîtrait Labé depuis 1944, a fait part de sa vieille amitié avec les sages du coin, Thierno Siradjou, Thierno Aliou Boubha Dyan, son fils El Hadj Abdourahmane Bah, etc.

De l’autre côté, le gotha du Fouta : El Hadj Thierno Mamadou Barry, inspecteur de la ligue régionale de Mamou, El Hadj Ousmane Souaré de Mali Yembérin, El Hadj Chérif de Dalaba, El Hadj Bano de la ligue islamique de Pita, etc. Ils ont dit l’harmonie intercommunautaire, pluriséculaire en Guinée, que la politique aurait ébréchée : «Entre le Fouta, la Forêt et la Basse Guinée les rapports étaient excellents et il n’y avait pas de suspicion. Concernant le Mandingue, le Fouta partageait tout avec cette communauté. Ils ont mené ensemble la guerre sainte. Le chef étant lucide, il lui appartient de savoir comment ramener cette belle époque. Parce qu’il ne peut en être autrement, il faut qu’on s’entende ».

El Hadj Thierno Mamadou Barry a dit que si le Condé «a le pouvoir aujourd’hui, il doit rapprocher les perdants. Conformément à son engagement à Ouagadougou. Un chef doit respecter sa parole. Le Fouta ne peut pas haïr un président ».

El Hadj Bano demande à l’entourage du chef de l’Etat de lui donner des bons conseils et aux Guinéens de s’unir autour de leur destin commun.

El Hadj Ousmane Souaré a remarqué « la Guinée est couverte par le réseau téléphonique, la radio et la télévision. Chacun sait ce qui se passe partout. Nous invitons nos imams et l’entourage du président à dire au pouvoir de lier l’acte à la parole. Si nous disons bien et agissons mal ce n’est pas bon. Nous demandons l’équité dans le partage de tout ce qui nous est commun ». Et El Hadj Chérif, quant à lui, a dit: « Puisque nous parlons d’unité nationale, une case a beau être couverte, sans toit, elle coulera toujours. Ne commettons pas l’erreur de vouloir abattre un arbre et s’arrêter du côté où il va tomber. Le bon exemple doit toujours provenir d’en haut. Nous savons où se trouve le problème, ne tournons pas autour. Le jour où le président de la République tendra la main aux leaders et que ces derniers répondent à l’appel, que nous les écoutons ensemble à la radio, regardons à la télévision, main dans la main, que le président se déplace avec eux comme cela se passe ailleurs, l’unité du peuple sera automatique ». Aux citoyens de « contrôler leurs propos. Car la parole est comme une balle. Vous la contrôlez tant que vous ne l’avez pas tirée. Une fois tirée c’est elle qui vous contrôlera ».

El Hadj Badrou a redit qu’il n’y a jamais eu de problème entre les Peulhs et les autres ethnies. « Nous savons qu’il y a eu des problèmes à Siguiri, Kouroussa et ailleurs. C’est ce qui nous réunit. A présent, c’est ce que nous voulons résoudre dans cette maison de Thierno Aliou Boubha Dyan. Pour ne pas que chaque jour des gens se lèvent pour parler de réconciliation, il faut en parler en toute sincérité. On ne peut pas tout révéler ici. Il n’est pas impossible de pardonner ». Il a conclu que les autres communautés sont les enfants du Fouta, que ceux du Fouta se considèrent chez eux chez les autres, que voilà ce que la délégation doit transmettre à celui qui les a missionnés.


Diawo Labboyah
Envoyé spécial


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