Selection de vidéos
Partenaires
Camp Boiro : témoignage d’un rescapé
Bah Thierno Hassane Jeudi, 30 Janvier 2014 20:59
A l’occasion du 43e anniversaire des pendus du 25 janvier 1971, Abass Bah, rescapé du Camp Boiro, parle des conditions de son arrestation, de sa vie carcérale, des exécutions faites le 25 janvier 1971 et celles du 18 octobre de la même année.
« Je suis arrêté en 1971, précisément à l’aéroport de Conakry. J’allais pour une mission sur le fleuve Niger à Kankan et à Bamako, accompagné des experts des Nations unies qui étaient venus aider la Guinée à installer un système automatique d’annonce de crues. J’avais un ordre de mission, qui était une formalité, signé d’Ismaël Touré. J’attendais qu’on appelle les gens à l’embarquement, puis je vois un gendarme qui me demande si c’est moi Abass Bah. Je lui ai dit oui, c’est moi. Il m’a dit : "vous ne voyagez plus". Je lui ai dit "ah, mais j’ai un ordre de mission signé d’Ismael Touré", qui était un manitou à l’époque. Il m’a dit que je ne voyage plus. Et puis il m’a mis dans le bureau de gendarmerie de l’aéroport. Il m’a mis les menottes. Mon père était là . Lui aussi il prenait l’avion pour Labé. D’habitude quand on se séparait, mon papa et moi, on s’embrassait. Quand il a voulu m’embrasser, je l’ai retenu en lui disant que je suis en état d’arrestation. Il est retombé dans le fauteuil.
C’est la dernière image que j’ai eue de lui. De là on m’a amené à la gendarmerie où je suis resté une semaine. Un des secrétaires de Siaka, Oularé, est venu me chercher lundi matin pour me déposer au camp Boiro dans la cellule n°22. Naturellement, ils m’ont déshabillé. Quand on m’a mis dans la cellule, j’ai entendu l’équipe écrire sur la porte quelque chose après avoir fermé à clé. Je suis resté 5 jours je ne vois pas d’eau, je ne vois pas à manger. Je suis resté 8 jours sans manger ni boire.
Le matin du 9e jour qu’on est venu m’apporter du quenkeliba brûlant pour me dire qu’on avait mis fin à la diète complète et que je suis dorénavant soumis à une demi diète. C’est-à -dire que je mange un repas par deux jours. On a continué comme ça. Je pensais qu’on m’aurait appelé à une commission, qu’on m’aurait confronté à quelqu’un ou posé des questions. Ça ne venait pas. J’ai insisté, j’ai crié contre les gardes pour dire que je voudrais bien rencontrer quelqu’un qui me pose des questions. J’ai attendu deux mois et demi, puis un matin on est venu me chercher.
Je suis allé devant une commission dont le président était mon ancien professeur de philosophie, s’il vous plaît. Ils m’ont donné un questionnaire écrit sur un papier, il y avait 16 questions. On m’avait demandé de reconnaitre toutes ces questions. Je lui ai dit que je ne peux pas répondre à ces questions parce que je n’en sais rien du tout, et que je ne peux pas signer un tel papier dans la mesure où cela consisterait à me condamner à mort moi-même. Alors il m’a dit : ‘’si tu ne signes pas avec moi, tu signeras avec une autre commission’’. Ils ont insisté, ça n’a pas marché. Naturellement, des agents de l’armée sont venus me prendre pour m’amener dans une cabine qu’on appelait cabine technique. J’étais avec Soumah Tiguidanké qui était gouverneur de la région de Fria, et puis Diawara Ibrahima qui était l’ingénieur architecte qui raccommodait un peu le palais de Sékou Touré. On nous a torturés. Quand moi j’étais dans le pneu, le téléphone de campagne branché sur toutes mes parties sensibles, eux ils étaient, soit agenouillés sur les bouchons de bouteilles, soit en train de pomper. Et on s’échangeait comme ça.
A un moment donné, Diawara Ibrahima m’a dit : ‘’écoute Bah, tu as lu le Procès de Prague ?’’. Je lui ai répondu oui. Il m’a dit alors ‘’on va signer sinon ils vont nous tuer ici’’. J’ai accepté de signer le papier. Tout est parti de là . Le président de la commission a demandé à quelqu’un qui était là , son adjoint, de rédiger une déposition pour moi. Alors on est resté à rédiger la déposition, au moment du contrôle, quand j’ai lu, le président de la commission a dit : ‘’mais on ne peut pas lui faire dire ces choses’’. Parce qu’on m’avait demandé de dénoncer Dr Achkar. J’avais 24 ans supposés. On m’avait demandé de dénoncer Conté Saidou, Dr Achkar, Diallo Siradiou, capitaine Diallo, etc. Lui-même il s’est fâché, il a dit : ‘’mais non, il faut lui rédiger une déposition à sa mesure pour que ça puisse paraître vrai’’.
Il m’a renvoyé dans ma cellule et on m’a ramené le lendemain, la nuit, parce que tout se passe la nuit normalement. Et là , il a lu pour moi une déposition. Son souhait était que je dénonce tous mes camarades qui étaient en ville de Conakry. Mais, Dieu m’a donné la chance. Je lui ai dit non, comme c’est moi qui recrutais, c’est moi qui les payais, je vais les dénoncer moi-même. Il a dit d’accord on fait comme ça.
Alors j’ai dénoncé des gens qui étaient en France, aux Etats-Unis, en Suisse, etc. C’est qu’au moins je savais que Sékou n’aurait pas mis la main sur eux. Donc j’étais seul dans mon affaire, ça a marché. Et cette lecture a permis à tout le monde de savoir que c’était du faux. D’abord les gens me connaissaient, ensuite aucun de tous ceux que j’ai dénoncés n’étaient à Conakry. Ismael Touré qui était de passage a demandé si c’est moi Costa (on m’appelle comme ça). Mamady Koita a lui a dit oui. Il a dit ‘’il n’a qu’à choisir dans quelle ville on va le pendre, parce que comme ça, il va servir d’exemple à la jeunesse’’. Je lui ai répondu : ‘’Ah, notre vie, la mienne et la vôtre, est entre les mains de Dieu. Il en décidera comme il voudra. "
Quand j’ai fini de faire ma déposition qu’on enregistrait, j’ai dit au professeur Mamady Koita "vous m’avez appris la recherche de la vérité selon la théorie de Kant. Je me souviens très bien de ce cours. Mais là vous me montrez une autre méthode pour trouver la vérité." Il était gêné et a demandé au garde de m’enlever de là et de me renvoyer dans ma cellule. Depuis ce jour on ne s’est plus revus. Je suis donc resté deux ans à Boiro.
A un moment donné je crois qu’ils ont décidé de libérer des prisonniers, dont moi. Parce que les gardes même disaient ‘’toi, je ne sais pas pourquoi tu es là . Tu es tellement jeune. Ce sont les vieux-là qui ont des affaires avec Sékou.’’ Et ceci les amenait à me sortir pour balayer la cour. Donc ça me donnait un peu d’air frais.
Ensuite je pouvais ramasser des mégots de cigarette que je distribuais sous la porte à mes camarades. Et j’étais au courant de ce qui se passait chaque jour. J’avais l’avantage, après avoir fini de balayer, on m’amenait à la douche à l’école de la ville. Et ils me donnaient après la douche 1 L. de café sans sucre. Ça c’était comme la miséricorde au moment du paradis parce que le prisonnier avait 1 L. d’eau par 24 heures. On le lui servait à 17h, il n’avait de l’eau que le lendemain à 17h. Alors tout ce que tu pouvais faire avec l’eau, c’était avec ce litre. Ah, moi j’avais l’avantage d’avoir ce deuxième litre sans sucre.
Ce qui me permettait de boire alors. Donc je suis resté deux ans à Boiro. Ils ont décidé de libérer un certain nombre, mais comme on était un peu maigres ils ont décidé de nous ramener à Kindia pour nous retaper un peu. Ils nous ont amenés là , mais pendant qu’on nous retapait ils ont changé de nom. Je suis resté 5 ans à Kindia. Et nous étions 129 dans la même salle.
Là , Peulhs, Soussous, Forestiers et Malinkés mourraient. La mort ne connaissait pas de nom. D’ailleurs on n’avait pas de nom, on avait des numéros. Moi, j’avais le n°22 depuis 71. C’est le jour de ma libération que j’ai perdu le numéro. On m’a appelé par mon nom pour me sortir et me ramener à Conakry puis me libérer.
Un matin, un gendarme m’a dit Abass Bah. On ne m’avait jamais appelé comme ça depuis 71. Ah, j’ai pu dire à mes camarades que je ne dormirais pas en prison ce jour-là . Ils m’ont demandé qui m’a dit ça. J’ai dit qu’on m’a toujours appelé 22, et si on m’appelle maintenant par mon nom, ça veut dire que ma condition va changer. Et il m’a embarqué pour Conakry. Siaka qui m’a ramené chez mon frère en ville.
Alors, pendant ce temps d’exécution, ils exécutaient les gens selon la haine qu’ils ont contre eux, parce qu’ils formaient des agents et il y en a qui les devançaient. Ils s’avéraient donc dangereux et naturellement il fallait s’en débarrasser. Je me souviens, le 18 octobre, on est venu le matin, on n’appelle personne mais on regarde les gens. On les a fait sortir de cette cellule et on les a parqués dans un endroit du bloc.
Ils sont venus avec des ficelles, coupées deux mètres, deux mètres. Tout le monde était inquiet. Personne ne pouvait imaginer ce qui pouvait arriver. Un agent m’a dit que je balayais là où les gardent viennent passer la nuit, qu’ils vont exécuter certains ce jour-là . Naturellement j’ai diffusé l’information sur le bas de la porte qui était scellée. Effectivement, ce soir-là , ils sont venus avec un camion. Ils ont attaché ces gens-là , on pouvait entendre leur râlement.
On les jetait dans les camions et on a entendu le camion partir. Ils ne sont plus revenus. Et ce 18 octobre c’est quoi ? C’est l’anniversaire de Houphouët Boigny. Sékou Touré, c’était de mourir après Houphouet.
Les fétiches lui ont dit qu’il faut tuer un certain nombre de personnes qui ont occupé des postes de commandement le jour de l’anniversaire de Houphouet Boigny. C’est la raison qui a fait qu’on a exécuté ces gens-là , exécutés à Conakry, à Kindia et à Kankan. Dès qu’on vous arrête on vous fait des photos d’identité. Ces photos sont renversées. Comme ils ne savent pas à quelle condamnation on peut condamner, ils ont mis les photos à l’envers. Ils disent que ceux dont les photos se trouvent à droite sont condamnés à mort et à gauche à perpétuité. C’est comme ça ils ont décidé du sort des gens le 25 janvier dans la nuit. Il y avait beaucoup d’exécutions ».
Bah Thierno Hassane
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
Commentaires
C'est DEGOUTANT et HONTEUX de votre part !
j'espere que ce n'est pas MORI DIAKITE !
Ghandi,Youssouf Cessez de jouer avec l histoire!
Quand Youssouf affirme "que cela est indiscutable Sekou Toure et ses proches avaient bien profite pour régler des comptes"étiez vous au Camp Boiro pour faire une telle affirmation?Ou quand Ghandi parle de vrai faux complots certains montés de toutes pièces, l élimination par AST de vrais ou adversaires supposes etc...Les mêmes répétitions, les mêmes paroles en l air sans preuve a l appui que l on entends depuis des décennies. Pendant qu au début, tous les complots semblaient être faux. Il a fallu la parution des livres"la piscine" et "histoire de la 5e République" pour changer ces allégations. Alors qui est vraiment entrain d inventer! Nous qui sommes sur ce forum sommes tous étrangers a ce qui se passait au Camp Boiro. Nous faisons tout simplement des partis pris selon nos affinités ou a partir des témoignages partisans d anciens prisonniers. Ce qui n est pas suffisant, puisque ça ne ressort qu un seul coté des faits. Pourquoi ceux qui accusent ont toujours redouté le débat contradictoire?
Les vrais auteurs bourreaux supposes et accusateurs auraient du être confrontés pour faire jaillir la vérité.
Mori, vous sortez d'où ?
Avez-vous au moins lu le texte ci-dessus ?
Avez-vous lu les nombreux ouvrages consacrés au camp Boiro, ou ne lisez vous en diagonale que les ouvrages qui vous intéressent. La piscine pour ne parler que celui de Pascal Krop, parle de tentatives de déstabilisation de la Guinée (ce que je reconnais), mais ne parle absolument pas du camp Boiro. Y étiez-vous également pour dire qu'il ne s'y est rien passé.
Vous pouvez être sûr que des propos comme les vôtres seront poursuivis dans un avenir proche. Enfin si vous voulez des débats contradictoires, ça ne saurait tarder, mais je ne suis pas sûr que vous y gagnez au change.
Quand Youssouf affirme "que cela est indiscutable Sekou Toure et ses proches avaient bien profite pour régler des comptes"étiez vous au Camp Boiro pour faire une telle affirmation?Ou quand Ghandi parle de vrai faux complots certains montés de toutes pièces, l élimination par AST de vrais ou adversaires supposes etc...Les mêmes répétitions, les mêmes paroles en l air sans preuve a l appui que l on entends depuis des décennies. Pendant qu au début, tous les complots semblaient être faux. Il a fallu la parution des livres"la piscine" et "histoire de la 5e République" pour changer ces allégations. Alors qui est vraiment entrain d inventer! Nous qui sommes sur ce forum sommes tous étrangers a ce qui se passait au Camp Boiro. Nous faisons tout simplement des partis pris selon nos affinités ou a partir des témoignages partisans d anciens prisonniers. Ce qui n est pas suffisant, puisque ça ne ressort qu un seul coté des faits. Pourquoi ceux qui accusent ont toujours redouté le débat contradictoire?
Les vrais auteurs bourreaux supposes et accusateurs auraient du être confrontés pour faire jaillir la vérité.
Ces individus n ont ni oublié ni pardonné. Ils se sont vengés de la façon la plus cruelle non seulement sur les dignitaires du premier régime, les parents de Sekou Toure, mais de toute la communauté malinke qui a doublement souffert puisqu au camp Boiro ils étaient nombreux aussi.
C'est qui "ils" ? les victimes du camp Boiro ?
Toutefois, à un moment donné le régime PDGiste a perdu ses repères et est devenu paranoïde comme Staline, Hitler ou Enver Hodja (Albanie). Des personnes proches et très éloignées des sphères du Pouvoir en ont subi les conséquences terribles. On a assisté à une décimation sans précédent de la population guinéenne. Il est possible et nécessaire de condamner ces crimes, tout en reconnaissant les pressions externes énormes contre le régime. Les tentatives avérées de déstabilisation du Pouvoir ont aussi engendré des faux complots orchestrées par la machine PDG pour éliminer les éventuels concurrents (réels ou supposés) au Führer et à sa clique. Combien de personnes assassinées pour des raisons personnelles, c’est-à -dire autres que politiques ? Enfin de compte, nous avons eu droit à un régime inique, cynique et barbare envers ses citoyens !!! La Révolution a dévoré ses enfants, comme l’adage le dit si bien. Même si le régime était menacé de l’extérieur (et il était VRAIMENT menacé !), la fin ne justifie pas les moyens ! Vous avez dit Droits de l’Homme ?
Je compte sur votre esprit d équité pour publier ce que je viens d écrire!
Il faut que les Guinéens sachent que la France et la Guinée étaient d'accord pour avoir des relations diplomatiques (interrogez Nabi Youla) malgré les humiliations (ou ce qui a été considéré comme tel). C'est Houphouët qui a fait du lobbying auprès de la France pour que la Guinée soit mise au ban. Que pensera t-on, disait-il, de ceux qui se sont soumis (il ne l'a pas exprimé en ces termes, mais l'idée est celle là ) et qui constatent que ceux qui désobéissent sont récompensés ?
La suite, on la connait...
Quant à ma vision des choses, je ne dénie pas aux autres d'en avoir une contraire (où voyez-vous cela ?), mais j'exprime la mienne et la défend, voire en critiquant celle des autres. C'est cela débattre, mais contrairement à certains, je me limite à ce qui a est écrit, et je n'extrapole pas en critiquant les personnes qui ont une opinion contraire.
Pourquoi Sekou Touré était devenu dictateur, le point de départ de tout ce que notre pays a connu comme crimes abominables, est parti de là .
De mon point de vue personnel, est que sans la France, et sans l'obsession maladive de de Gaulle de faire payer très cher à Sekou Touré son " non ", ce dernier ne serait jamais devenu un sanguinaire .
Youssouf,
Je me demande si vous n'exagérez pas le poids de ce fameux «non» dans la supposée virulence de la France contre le régime guinéen.
Il vous souviendra que:
1. c'est la France qui a PROPOSÉ ce référendum aux africains, moins par humanisme que par réalisme certes, mais comme aboutissement, disent des historiens, de ce qui avait été initié (par De Gaulle) à la conférence de Brazza en...1944!
2. À la mairie de Paris, devant le monde entier, AST lui-même remercie De Gaulle et l'identifie comme principal artisan de cette indépendance de l'année 58, en reconnaissance de quoi il dira que l'action décisive du président français sera inscrite dans les manuels scolaires guinéens.
Youssouf, si vous expliquez les dérives d'AST par les adversités extérieures, il faudrait pareillement soutenir qu'aujourd'hui, ntéma-ngoroma-nsangni-kérén-na-liberté est VICTIME de la mondialisation, des coordinations régionales, des sociétés minières, etc.
De mon point de vue personnel, est que sans la France, et sans l'obsession maladive de de Gaulle de faire payer très cher à Sekou Touré son " non ", ce dernier ne serait jamais devenu un sanguinaire . Pour terminer, acceptez à ce que les autres ne partagent pas votre vision des choses, c'est cela aussi la démocratie, tout un débat non .
Ce monstre a commis plus de crime que Hitler, Franco et Mussolini réunis! Le démon a condamné pour longtemps ce pays à la misère et à l'abrutissement par son long règne qui a vu mourrir les meilleurs fils et filles de Guinée d'où aujourd'hui toutes les peines que nous avons à ressembler aux autres pays, nous restons un pays singulier dans le mauvais sens du terme! Sékou Touré et tous ses sbires sont installés eternellement en enfer et ses pauvres victimes confortablement et eternellement instalées au paradis!
C’est dommage qu’après la prise du pouvoir par l’armée en 1984, aucun procès n’ait eu lieu.
Comment régler le problème en 1984, alors que ceux qui aont pris le pouvoir étaient des supplétifs du régime d'AST ?
Comment régler le problème de manière générale alors qu'il existe encore des révisionnistes (on leur fera la chasse légalement) qui pensent que toutes les victimes d'AST étaient coupables... d'être ... coupables. Si si ça existe, et même sur ce site.
Ces criminels sont tellement conscients de leurs crimes qu'ils soutiennent tout régime (AC actuellement) susceptible de les refouler. Il ne faut pas compter sur CDD pour remuer la m....
Sous le CNDD, on a même rasé le camp Boiro, comme pour faire comprendre que cela n'a jamais existé. L'histoire officielle appartient aux vainqueurs parait-il.
Chaque citoyen doit comprendre qu'il ne faut pas confondre défense des libertés (qui doit concerner tout le monde) et opposition politique (qui ne concerne que certains).
Oui, il faut que les victimes (de moins en moins nombreuses) s'expriment avant d'enfouir pas seulement leurs souvenirs, mais la mémoire de ces événements tragiques. La nouvelle génération doit comprendre qu'il existe encore en son sein des criminels sans vergogne.
C’est dommage qu’après la prise du pouvoir par l’armée en 1984, aucun procès n’ait eu lieu. On a plutôt assisté à des exécutions extra judiciaires, avec l’applaudissement du peuple. Il aurait fallu un procès à la Nuremberg pour que ces crimes soient punis et les victimes réhabilitées. Cela aurait été bon pour la mémoire collective et aurait peut-être empêché les exactions arbitraires de 1985 à aujourd’hui. On aurait beaucoup appris du fonctionnement de ce régime de terreur et des responsabilités individuelles (donc en dehors des considérations ethniques). Les fosses communes auraient été identifiées pour permettre le repos des âmes des disparus, mais aussi aux familles et proches des victimes de faire leur deuil. Cela aurait aussi permis de déethniciser le débat. Et Mohamed Touré et tous les PDGistes, tous les négationnistes, n’auraient pas osé agir de la sorte, insultant les victimes et la mémoire des assassinés. Le camp Boiro et les autres camps de concentration devraient être préservés comme des Auschwitz guinéens pour la postérité. Je pense que nous pourrions prendre l’exemple de l’Allemagne pour son attitude responsable envers son passé récent jalonné de 2 dictatures.
Les victimes doivent continuer leurs témoignages ! Merci Paul Théa pour la publication !
Que Dieu accorde aux défuntes victimes Son Paradis ! Qu’Il accorde la paix aux rescapés et aux familles! Et qu’Il nous aide à faire la lumière sur ces faits et à œuvrer de manière appropriée envers les victimes et leurs familles ! Amine !
Attention , en 1971 , Houphouet Avait 65 ANS .
J'aurais bien voulu dire " 2 mots " , ...mais...!
Je souhaite juste au Doyen ABBASS de trouver " LE POLE CACHE " et que Le Tout-Puissant nous pardonne , NOUS , PEUPLE de Guinee , tout le MAL que nous Avons fait et que nous continuons a faire . Amen !
Si tu le rencontres a nouveau , dis lui que c' est vrai, " Il n'y a pas UNE PERSONNE a en vouloir ," mais Il y a UN SYSTEME ! Celui ci s'est releve de ses cendres . IL remet les memes HORREURS en place .IL FAUT LE COMBATTRE .
Bien a toi .
Si je puis me permettre: il serait aussi temps d'associer toutes les victimes et descendants Non-guinéennes.
Bon week-end a tous
I.B.
Don't worry, I know way more than what is written in these books, for having heard these stories from the time of my birth, from individuals like...Abass BAH, and having lived in their sorrow for the past 30 years....if people like him are optimistic about the future of the country (i know he is), why not you?
Moreover, it would be sad to generalize all Guineans based on the individuals you cited.
Ou bien parce qu'il y a les Lepen, et tous les racistes en France que les francais doivent avoir honte d'etre francais, ou bien les Americains avec leur KKK...c'mon now...
But then again, let's agree to disagree..PERIOD!
Plus d’autres informations concordantes que j’ai pu obtenir.
Ce jour du 25 Janvier, ils eu 71 exécutions qui correspondent à l’époque à l’âge d Houphouët Boigny,
Ou sont les guinean , Karifa Camra et autres, qui disent que j’ai une dent contre Sékou Touré ? C’est une peine perdue d’avoir une dent contre un mort.
Je veux tout simplement contribuer à ma modeste manière à démonter les mensonges d’Etat du régime sanguinaire qui broya tout un peuple sans distinction d’ethnie.
Au bout du compte les mots justes sont le seul remède efficace contre le bêtisier humain (qui nous est si familier à nous guinéens); les mots du poète déchirent les silences des oublis ; ils éclairent les ombres des meurtres et ils balisent dans les cieux du désespoir des chemins pour les explorateurs du futur. C’est pourquoi ils ont toujours raison des dictatures. Bien fraternellement.
Bashir Ourouro Bah
- J’espère que des victimes directes et indirectes le feront plus souvent - surtout les victimes directes - car la jeunesse d’aujourd’hui lit le Net 20h par jour mais pas les livres. Pour qu'ils sachent la vérité historique sur notre indépendance et ses monstres il va falloir utiliser les NTIC pour les toucher.
J'ai rencontré un groupe de jeunes universitaires dans un forum qui ont demandé des informations sur le camp Boiro car ils ne savaient rien de ce qui s'y était passé...
Satan Toure et famille ont réussi a mettre dans les livres d'histoire du pays que indépendance de notre pays est l’œuvre de 2 personnes : lui-même et Mbalia Camara. Pas étonnant que le peuple l'ait cru car il a tué ou émasculé tous les autres...
- Aujourd’hui je n'en veux pas au PDG originel car c'est le parti des pères fondateurs de l’indépendance guinéenne et tous les intellectuels en faisaient partie en 1958 - mais ce PDG est mort en 1959 pour être remplacé par le système-AST. Voila tout le malheur et l'horreur de notre pays et ce crétin de Mohamed n'a pas eu l'intelligence de repartir de cette base en s'excusant des torts du machin de son père. Ainsi au lieu de rester neutre il nous donne ainsi l'occasion de verser tout notre venin paternel sur lui et ses négationnistes. Avec eux nous ne seront pas des adversaires - nous sommes des ennemis - qu'ils se le tiennent pour dit...
- Je rigole en douce quand j’entends des rêveurs me dire de ne plus en parler et de pardonner au nom de Dieu. On jette tout ce Mal sous le tapis et on s'embrasse ??
Cette page honteuse sera lue ensemble avant que tous les guineens se redonnent la main pour reconstruire ce pays.
Si notre génération ne le comprend et l'accepte pas, pas de problemes - nos enfants seront formés pour exiger cela également.
- There will be no easy way out of crime in in Guinea..
Je salue votre retour sur Guineeactu.Vos commentaires,je les ai toujours trouvés pertinents.Pardon, vous pas fâcher .
Merci.
Néanmoins, je ne peux m'empêcher de réagir à la lecture de ce récit..
On nous enseigne que l'histoire sert à nous instruire sur le passé, notamment ses erreurs, échecs afin que la mémoire collective empêche de les rééditer.
Il existe un adage qui dit que tout peuple, toute civilisation, tout état qui ne valorise pas l'être humain est voué à disparaître.
Nous (guinéens) sommes un peuple sans mémoire, sans reconnaissance ni loyauté.
C'est pourquoi nous continuerons à nous plaindre de nos souffrances, de nos malheures et pleureront nos morts pour les oublier sitôt qu'ils seront enterrés.
Lorsque je lis de tels récits, je ne peux m'empêcher de penser aux familles des victimes qui ont vu les leurs sacrifiés, mais surtout OUBLIÉS à l'autel de la Bêtise Collective!
Mr BAH, le peuple de Guinée à travers ses institutions vous doit EXCUSES ET RÉPARATIONS pour le préjudice que vous avez SUBI.
Ps: j'espère que ce commentaire sera publié....
Vos commentaires sont comme du "baume sur le coeur".
Non, Thierno H Barry, avec ce type de commentaires, soyons fiers d’être Guinéens!
A très bientôt dans une Guinée RE-Unie
I.B.
Que Dieu lui accorde santé et longue vie!
Amine.
Là , Peulhs, Soussous, Forestiers et Malinkés mourraient. La mort ne connaissait pas de nom. D’ailleurs on n’avait pas de nom, on avait des numéros. Moi, j’avais le n°22 depuis 71. C’est le jour de ma libération que j’ai perdu le numéro. On m’a appelé par mon nom pour me sortir et me ramener à Conakry puis me libérer ».
C’est notre histoire, nous guinéens. Que Allah, le Tout puissant pardonne les guinéens de leurs péchés, Amen. Avant de penser à tout développement économique du pays, retrouvons nous autour d’une table, se parler, reconnaître les tors, se pardonner et surtout payés les victimes. La reconnaissance des charniers et leurs réhabilitation par les génies routes de l’armée au frais de l’Etat Guinéen (construction de routes bituminées et inscrire les noms des victimes en marbre des différentes fosses communes. Il faut transcrire dans la Constitution guinéenne « Que la vie du guinéen est sacrée ». Un salaire forfaitaire mensuel de Gnf 5 000000 pour les victimes du Camp Boiro et de la Révolution, soit GNF 150 millions pour 30 années de services serait salutaire. Que Dieu, le Tout Puissant protège les guinéens et la Guinée, Amen. Vive la République.
Je devais filmer son témoignage mais hélas problème de calendrier mais ce n’est que partie remise. Nos avons besoin de savoir toutes les vérités sur tous les régimes guinéens.
Parlant du régime de Sékou Touré, les témoignages se suivent et se ressembles.
Sékou Touré invite à diner et fait arrêter quelques heures plus tard, il téléphone ou écrit une lettre au détenu pour lui dire de coopérer (lire la déposition écrite), des détenus si maigres qu’il faut les mettre quelques part, le temps d’avoir « bonne mine » et les remerciements au chef après la libération.
Et il y a des gens qui nous disent que c’est son entourage, qu’il n’était pas au courant.
Il y a deux ans j’ai filmé le témoignage de Dr Barry dit Petit Barry, le film sera prêt bientôt et voici un extrait sur le camp de Kindia. Une folie meurtrière qui a décimée l’élite du pays.
http://www.youtube.com/watch?v=wqfZV1E-wAA
Oui , celui qui seme l'injustice moissonne le malheur !
La est l'origine du malheur de ce maudit pays !
Qu'on aille a Davos-Kyoto-Abu Dhabi-La Baule-Washington-Paris ....Copier des modeles qui ont reussi chez les autres en vue de les experimenter chez Nous dans le cadre du developpement , la Guinee ne bougera d'un iota , tant que des GENS pareils et la famille de leurs semblables decedes , continueront de panser impuissamment leur plaie.
Tant qu'ils ne sauront pas la verite sur leur supplice ou celui de leurs parents dans l'espoir de pardonner , la Guinee et les Guineens subiront les mefaits collateraux de leurs douleurs ; simplement pour avoir garder le silence devant ce crime.
Des generations s'en feront echo toujours dans ce pays.
Billaye Platon a raison : Le plus grand mal, a part l'injustice, serait que l'auteur de l'injustice ne paie pas la peine de sa faute.
Quand je pense que notre alfa national se dit professeur de droits, je me dis que la guinee est "un pays chanceux " de n'avoir pas eu celui la a la place de sekou toure comme president pendant 26 ans!
Le monde est divise en deux, les barbares et les autres. Chacun connait son camps








