Justice guinéenne : voici ce qui attend Cheick Sacko

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SACKO_Cheick_01Beaucoup de choses attendent le nouveau ministre de la Justice. Comme dirait l’autre, Cheick Sacko a du pain sur la planche. Tout est à l’état primaire dans les cours et tribunaux du pays. Rien n’est en place. Le report d’une audience du tribunal de Kaloum faute de moyens pour faire venir les prévenus, le lundi de son installation, en est une illustration. Ajouté à cela le manque de confiance des Guinéens en leur système judiciaire.

Suite à un décret du président Condé, Cheick Sacko, précédemment avocat au barreau de Montpellier, a pris, lundi 27 janvier, ses fonctions de  ministre guinéen de la Justice. Il remplace à ce poste son confrère Christian  Sow. En trois ans, ce dernier n’a pu faire que le diagnostic déjà connu de la justice guinéenne : les états généraux de la justice dont les recommandations n’ont jamais été mises en Å“uvre. Il justifie cet échec par le manque de temps.

Comme le nouveau ministre se dit déjà conscient du travail qui l’attend, il s’agit seulement de savoir par où commencer. Quoique tout soit prioritaire à la justice guinéenne. Tout est insuffisant du personnel aux infrastructures en passant par les moyens financiers.  Un véritable paradoxe lorsqu’on dit que la justice fait partie des priorités. Moins de 1% du budget national à ce secteur contre plus de 30 % pour la défense en ce temps de paix.

« Le ministre n’est pas un juge. Mais, il est celui qui sert les juges, qui leur donne les moyens de remplir leurs rôles respectifs et variés dans la société ». Voici qui est bien dit. Dès l’instant, il est hors de doute que Cheick Sacko ne s’impliquera dans aucun dossier quelle que soit sa nature. Son rôle sera de faire en sorte que justice soit rendue. Ce qui implique les moyens qu’il mettra à la disposition des cours et tribunaux.

Les états généraux de la justice ont montré que la justice est très éloignée du justiciable. Il faut pour résoudre ce problème, créer de nouvelles juridictions. En attendant, l’état de celles qui existent laissant à désirer, il y a lieu de penser à leur rénovation. Sans oublier de réfléchir à la situation des deux tribunaux de Conakry, dont l’un est assigné en expulsion (Kaloum) tandis que l’autre siège dans un bâtiment privé.

Peut-être que d’ici là, la Cour d’appel se libérera du fardeau de la présence du cabinet du ministre de la Justice. Ce qui est loin d’être la fin du problème des infrastructures judiciaires. L’administration pénitentiaire aussi connaît un réel problème de lieu de détention. La maison centrale de Conakry est non seulement surpeuplée mais en pleine ville. Il faut penser à construire une nouvelle prison en dehors de Conakry.

Il est évident que des projets existent dans l’un ou l’autre cas énumérés ci-haut. D’aucuns diront que tous ces projets ne pouvaient pas être réalisés à cause de la situation politique du pays. D’autres diront qu’à long terme, tout se fera. Mais la justice ne pouvant attendre, il est important que Cheick Sacko prenne à bras le corps l’augmentation et la qualification du personnel de la justice.

Récemment les magistrats ont demandé l’application du statut de la magistrature et la création du Conseil supérieur de la magistrature. Ils espèrent à ce propos voir leurs conditions de vie et de travail s’améliorer. Mais dans les cours et tribunaux, ce n’est pas le seul problème qui entrave l’administration de la justice. Faute d’un budget conséquent, il y a un manque d’interprètes assermentés. Pour ne citer que cela.

Fournir du mobilier au personnel, comme l’a fait le ministre sortant, est une bonne chose. Doter chaque tribunal d’un groupe électrogène pour assurer son autonomie en électricité en raison des coupures intempestives est aussi une bonne chose. Mais pour permettre à la justice de faire très bien son travail et regagner la confiance du Guinéen, Cheick Sacko doit fournir des efforts supplémentaires. Il doit se battre non pas seulement pour l’application des décisions de justice mais pour que justice soit bien rendue.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+5 #6 madina 01-02-2014 02:11

Ce monsieur est un copain du ministre de la justice sortant qui se fait remplacer par lui.Il est d'ailleurs le tuteur des enfants de Christian Sow en France.
Meme a son arrivee a Conakry,c'est Christian qui a ete le chercher a l'aeroport.
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+6 #5 Balde Gando 30-01-2014 03:41

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
La réforme essentielle consiste prioritairement à former les magistrats (et à virer les malhonnêtes) et à leur faire comprendre, que juge signifie faire appliquer la loi telle qu'elle existe, et non rendre une décision en fonction... de leur intime conviction.

Bien dit, Ghandi! Entièrement d'accord!
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+1 #4 amadousdialamba 30-01-2014 02:27

Le récent remaniement ministériel n’a été qu’une peinture de façade. Il est basé sur l’habituelle connotation ethnique, celle de copinage, de familiarité et de fanfaronnasse. Il ne changera rien de la mauvaise performance de l’administration guinéenne en générale et celle de sa justice en particulier. L’Etat est malade par sa tête et dans son cœur. Le problème de la Justice guinéenne ne réside pas en la personne du Ministre de la Justice. Il se trouve ailleurs, à un niveau plus élevé. Comme le cas de ce nouveau promu, Alifa Koné a pris l’habitude de copter de personnes mal connues pour les parachuter directement à des postes, administratifs, ministériels ou Ambassades de très haut niveau, sans se référer en aucune forme d’évaluation de leur niveau. Si ce magistrat est connu là où il travaillait avant, il est loin de l’être en Guinée. On devrait savoir de quoi il est capable, du moins, théoriquement avant de le propulser de ci-haut. Loin d’être contre la nomination de nos nationaux résidents à l’étranger, je voudrais tout simplement attirer l’attention sur ce phénomène récurrent de parachutage des personnes mal ou non connues du public guinéen dans ce genre de haute fonction. Si l’on doit continuer à le faire, alors que les candidats soient désormais évalués par une instance nationale qualifiée (au sein des Commissions de L’Assemblée nationale). Il ne fait pas de doute que les guinéens vivant à l’étranger regorgent des talents mais cela n’exclut pas de les faire passer de épreuves de vérification de niveau ou d’expérience avant toute promotion. Des cas similaires se sont déroulés au sein de certaines de nos chancelleries. Il s’est avéré aujourd’hui que ces Ambassadeurs parachutés ne maitrisent pas tous les postes qu’ils occupent. Peut-être pas parce qu’étant médiocre mais du simple fait qu’ils n’ont jamais géré une structure administrative à plus forte raison diplomatique, comme c’est le cas du Professeur mal élu lui-même à la tête du pays. Normalement les simples amis d’enfance ou de jeunesse, n’ont rien à voir dans la gestion de l’administration publique sauf en cas de leur illustration très remarquée. Peut-être c’est le cas de ce compatriote. Le fonctionnement des juridictions de l’occident est complètement diffèrent de celui des pays du tiers monde. Là où ce Monsieur a quitté, il est obligatoire de suivre les règles de l’art et de rendre justice à tous les ayants droit, pendant que chez nous, une procédure peut être très bien menés jusqu’à la sentence, mais après le verdict, un simple bout de papier provenant d’une hiérarchie supérieure ou parfois même de nulle part vient casser tout et libérer le condamné (le cas Naité est édifiant non ?) Donc comment ce Monsieur venu d’un pays de justice universelle pourra-t-il s’adapter dans cet autre pays de non droit ? On attend de voir.
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+2 #3 Amenofils 29-01-2014 23:43

Il faut être juste pour penser rendre justice ! Le pays est à l'image du chef comme l'entreprise est à l'image de son directeur! Alfa condé est auteur ou complice de tous les crimes commis en Guinée depuis la mort de Ba Mamadou, à celle de Siradiou Diallo ! En passant par la mort de Sekou Ben Sylla et de celle de bien d'autres sous tous les régimes depuis Sekou Toure dont alfa servait d'espion aux crimes du 28 septembre dont il est le cerveau. Les pogroms en haute Guinée a l'entre deux tours sont également de son ressort.
Sekou kourouma pouvait nous en dire plus sur le vieux alfa qui ne sait que comploter ! Mais ou est-il déjà ce Sekou kourouma ?
Ce ne sont pas des accusations en l'air ! Il suffit de réfléchir pour se faire une " intime conviction ".
Par ailleurs Quels crimes a été élucidé en Guinée depuis l'arrivée de alfa condé au pouvoir ? Un pays ou on refuse de recevoir une plainte ! Celles des victimes politiques (54) depuis 2010 en font foi !
Même les présumés coupable de l'assassinat de Mme Boiro sont sortis de prison sans jugement !
Alors dites moi que fera un ministre de la justice en Guinée ? Et que fait notre ministre des droits de l'homme ? J'oubliais que nous avons un " professeur de droits " président de la Guinée ! La question est: si ce président n'avait pas étudié le droit ou vécu 60 en France, que ferrait-il à la Guinée et aux guinéens ? Pensez-y ! Alors tant que ce "professeur " est au pouvoir, la justice sera en vacances !
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+2 #2 celloumbah 29-01-2014 14:27

Ce Mr Sacko est venu juste en guinée pour salir son image, il pourra rien faire tant que AC est au pouvoir. je ne ne conseillerais aucun intellectuel ou haut cadre de travailler avec AC.
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+4 #1 Gandhi 29-01-2014 11:16

La réforme essentielle consiste prioritairement à former les magistrats (et à virer les malhonnêtes) et à leur faire comprendre, que juge signifie faire appliquer la loi telle qu'elle existe, et non rendre une décision en fonction... de leur intime conviction.
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