Thierno Fodé Sow Mardi, 28 Janvier 2014 15:17
L’annonce ‒ devenue un cliché puisque sans cesse renouvelée ou brandie à chaque fois qu’il se sent menacé ou en difficulté ‒ d’Alpha Condé de faire publier les audits a provoqué une vive levée de boucliers chez nombreux Guinéens, opposés à la gestion de Condé. Cet énième avis de tempête alimente de fait toutes les discussions dans certains milieux politiques notamment de la capitale.
Ceux-ci pensent en effet que le président guinéen ne saurait faire publier des audits, alors que sa gestion du pays pendant environ trois ans n’est pas des plus orthodoxes. Citant au passage les 700 millions USD de Rio Tinto, les 150 millions USD de l'Angola, les 100 millions USD du Congo, les 25 millions USD d'une société sud-africaine, le prétendu milliard que le locataire de Sékhoutouréya engrangerait chaque mois depuis des lustres pour des fins personnelles. C’est pourquoi ils y voient juste une façon de Condé « de se faire peur avec des audits non concluants comme nous l'avons vu avec Dadis. Si Alpha avait quoi que ce soit d’incriminant, haineux et revanchard comme nous le connaissons, ces fameux audits seraient sortis avant les législatives et même depuis 2011. Alpha Condé est plus menacé par ces audits que quiconque d'autre », commente un observateur de la gouvernance de l’opposant historique.
A ce titre, les indexés par ces audits ne doivent pas s’en offusquer, pour peu qu’ils soient de bons politiciens habiles. Car, « ils devraient à leur tour déclarer que si Condé ne publie pas ces audits, eux, a l'Assemblée nationale, ils vont mettre en place une commission d’enquête sur les audits commençant en 2013 à rebours jusqu'en 1996. Ainsi, nous verrons qui a fait quoi surtout avec 1 milliard de GNF par jour. » Le ton semble être donné avec la récente sortie médiatique d’un certain Ousmane Gaoual Diallo, député de l’UFDG, dénonçant un milliard GNF tombant, dit-il, périodiquement dans des poches occultes du chef de l’Etat.
L’opposition prend les menaces de Condé avec une grande banalité, arguant que la gestion du président guinéen est entachée de corruption rampante et d’impunité outrancière. Seulement, justifie-t-elle, conscient de son échec patent, il veut trouver des boucs –émissaires pour justifier l’injustifiable. Comme quoi, ceux qui sont dans le viseur de Condé, notamment les anciens PM (Dalein, Kouyaté et Sidya) devenus gênants ne s’émeuvent pas outre mesure. Surtout que la énième menace intervient au moment même où les parias sont devenus députés et donc doivent bénéficier de l’immunité parlementaire. A moins qu’il n y ait des dispositions particulières pour mâter les « indésirables » constitués en opposition républicaine.
Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu