Marché de la farine de blé : Les promesses d’Alpha Condé aux Grands Moulins de Guinée

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Grands_Moulins_Guinee_01Alpha Condé aurait promis d'accorder près de 90% du marché de fourniture de la farine de blé à la Société des Grands Moulins de Guinée. Le chef de l'Etat aurait pris cet engagement au début de la semaine alors qu'il recevait une délégation de ladite société, composée de hauts cadres et de responsables syndicaux. L'information nous a été donnée par une source proche de l'usine.

Mais avant de faire cette promesse, précise notre source, Alpha Condé a obtenu de la Société des Grands Moulins de Guinée l'engagement de satisfaire au besoin du pays en farine de blé, l'accès du Guinéen au produit (la farine de blé) à un prix abordable et surtout la mise sur le marché d'une farine répondant aux normes conventionnelles.

Ce sera une bonne chose si les Grands Moulins le font ainsi. Mais la question qu’on se pose est de savoir si Alpha Condé pourrait de son côté honorer ces engagements.

La Société des Grands Moulins de Guinée a accusé récemment le gouvernement guinéen de ne rien faire pour freiner la chute de son chiffre d'affaire. A cet effet, elle a annoncé la mise en place effective du congé technique de ses travailleurs. "Il pourrait en découler, purement et simplement, la fermeture totale de l’usine si aucune mesure n’est prise pour la protéger" avait menacé la société dans un communiqué.

La démarche avait reçu un avis tout à fait contraire des travailleurs. "C'est un prétexte pour mettre en œuvre leur vieux projet de licenciement" nous avait confié un travailleur. Le Département de l'Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises a jugé déplorable la décision de la société des Grands Moulins de Guinée en affirmant qu'elle pourrait affecter dangereusement le climat social dans le pays.

"La diminution des taxes douanières début mars 2011 sur la farine de blé importée n’a fait qu’aggraver une situation déjà chaotique. Il est difficile d’accepter cette diminution sans qu’aucune mesure d’accompagnement n’ait été prise à ce jour en faveur de la production nationale" avait écrit l'entreprise dans son communiqué, pour justifier sa décision.


Heinan Goba
de Conakry pourGuineeActu.com

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Commentaires  

 
0 #6 Gandhi 04-09-2011 14:41

Oui Mr Condé, l'État peut être présent - y compris au capital d'entreprise, lorsque cela est nécessaire -, mais l'État doit accompagner, surveiller, orienter... et non diriger, imposer. On a l'impression que l'on se dirige de manière dogmatique vers un État interventionniste, tel qu'on l'a connu sous la première république, et sans tirer les conséquences de cet échec. L'État doit favoriser la création d'emplois, ce qui constitue la priorité pour la jeunesse, et non être à l'affut de tout ce qui peut lui rapporter.
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0 #5 Mohamed Lamine Condé 04-09-2011 10:53

@ Mr Baldé, la crise économique et financière de ces trois dernières années à secouer ce dogme quasi religieux sur lequel repose votre théorie néolibérale. Peut-être ce n'est pas de "moins d'Etat" dont nous avons besoin, mais de "l'Etat autrement". D'un Etat intelligent qui, selon les dires du sociologue Anthony Giddens, préserve et améliore la flexibilité et la créativité qu'engendrent les marchés tout en orientant ces qualités vers des objectifs à long terme socialement souhaitables pour tout les guinéens.
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+2 #4 Oury Baldé 03-09-2011 13:39

A partir du moment ou l'Etat decide d'interferer dans l'economie en attribuant arbitrairement des parts de marche, parcequ'il pense que cela est benefique pour l'agent economique(entreprises, Etat, menage, exterieur -tout logiquement) .Qu'il aille jusqu'au bout de la logique en fixant les prix , les salaires, le cours des matieres 1eres (pourquoi pas pas ?) .Ainsi l'entrepreunariat prive et la libre -concurrence qu'on se veut pour notre economie afin de creer de l'emploi et nous extirper de la pauvrete , ne s'en trouveront que mieux...
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-2 #3 Mohamed Lamine Condé 03-09-2011 09:16

@ Mr Barry, vous savez mieux-que moi, que la part de marché est l’indicateur qui nous permet de préciser l’importance d’un produit, d’une marque ou d’une société sur un marché pour une période donnée. Elle se calcule par le ratio : ventes de la marque (produit) / ventes totales sur le marché. AC en promettant d'accorder près de 90% du marché de fourniture de la farine de blé à la Société des Grands Moulins de Guinée, a insisté sur l'engagement des Grands Moulin de satisfaire au besoin du pays en farine à un prix abordable et surtout la mise sur le marché d'une farine répondant aux normes conventionnelles. A mon avis l’objectif viser, c’est le maintien de l'emploi, la diminution du déficit commercial. Quant au respect de la promesse entre les 2 parties, l’avenir nous le dira !
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+1 #2 Modybhoye 02-09-2011 23:38

Il faut vraiment être un bon guinéen pour croire à ce que raconte ce professeurmenteur et sa bande de courtisans.
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+4 #1 Gandhi 02-09-2011 22:56

On ne promet pas un % de part de marché à une entreprise nationale. On formalise un accord sur un prix accessible à la population, en conséquence de quoi on protège complètement une entreprise créatrice d'emplois. On ne peut pas vouloir orienter les commerçants, en leur demandant d'investir dans l'industrie, si ces mêmes commerçants voient comment on traite ensuite les industriels. Il faut être cohérent dans sa politique économique. On prend des engagements et on les respecte, sinon il ne faut pas s'étonner que chacun n'en fasse qu'à sa tête et en fonction des ses intérêts propres, et non de l'intérêt national. L'exemple vient toujours d'en haut.
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