Heinan Goba Vendredi, 02 Septembre 2011 20:04
Un gendarme poursuivi pour coups et blessures volontaires a comparu au début de la semaine devant le tribunal correctionnel de Kaloum. Mamy Condé, margis/chef de grade est accusé par Mariétou Cissé, une ménagère résidant à Tombo (Kaloum) de l'avoir agressée dans la circulation. Les faits auraient eu lieu le 19 juillet dernier sur l'Avenue de la République (Kaloum).
D'après le rappel des faits par le procureur, ce 19 juillet, alors que Mariétou Cissé cherchait à s'embarquer dans un véhicule en face de la banque centrale pour rentrer chez elle, elle s'est heurtée à l'opposition de Mamy Condé qui s'y trouvait. De cette opposition est née une altercation. Fort peut-être de son statut de gendarme, Mamy Condé brise le parapluie qu’avait la jeune femme avant de se servir de son manche pour la frapper.
C'est donc en sang et en larmes que Mariétou Cissé s'est transportée à la Direction centrale de la Police Judiciaire. Mamy Condé débarqué du taxi par le chauffeur a été aussitôt accueilli par les policiers. Il sera rappelé à l'ordre par ses frères d'arme avant de se retrouver au frais. La pauvre Mariétou est ensuite admise à l'hôpital Ignace Deen. C'est à sa sortie qu'elle formulera sa plainte qui a abouti à ce procès.
Mamy Condé a reconnu les faits. Mais il ne semble pas regretter son acte. Il a affirmé avoir battu la femme parce qu'elle lui a manqué du respect. « Elle m'a insulté. Elle m'a dit des choses qu'on ne peut pas dire à un homme en uniforme, à une autorité » a déclaré le prévenu. Qui dit n'avoir pas porté plainte par ce qu'elle ne valait pas la peine. La méthode qu'il a choisie serait la meilleure à ses yeux.
Le procureur a vivement désapprouvé le comportement du gendarme. « C'est très grave, un gendarme qui se rend justice » a fait savoir le procureur de la République en insistant sur l'urgence de la réforme des services de défense et de sécurité.
Le conseil de la partie civile a demandé au tribunal de prendre contre l'agresseur de sa cliente, une décision exemplaire. Il a demandé le payement de 460 000 francs pour les soins hospitaliers, 40 000 pour le remboursement du parapluie et 10 millions de francs au titre des dommages-intérêts.
Pour sa part, le procureur de la République a requis un an de prison ferme et 200 000 francs guinéens d'amende. « Ce procès n'est pas seulement le procès de Mamy Condé mais celui de tous les agents indélicats » a conclu le représentant du ministère public
Le verdict du tribunal sera connu le 12 septembre.
Heinan Goba
de Conakry pourGuineeActu.com
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