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Colonel Ansoumane Camara alias Bafoé : « Toutes ces accusations relèvent de l’imagination de Doussou Mara »

Heinan Goba  Vendredi, 24 Janvier 2014 21:55

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MARA_Doussou_Thermite_01Près de deux mois après le passage du commissaire Doussou Mara, le colonel Ansoumane Camara alias Bafoé, commandant des unités d’intervention de la police, s’est présenté le 22 janvier à la barre du tribunal correctionnel de Kaloum, pour donner sa version des faits qui opposent ces deux policiers. Un démenti catégorique des propos de la partie civile, pour être bref avec ce qu’a déclaré le prévenu. « Je l’ai décrite seulement pour montrer que ce serait catastrophique si je me jetais sur elle. Comme elle l’a dit. Et je crois que cela n’est pas de l’injure si on dit à une personne de courte taille qu’il est court », s’est défendu entre autres, le colonel Ansoumane Camara contre qui pèsent les accusations de violation de domicile, de coups et blessures volontaires, d’injures publiques, de violences, etc.

Mais avant de donner la parole au prévenu, le président du tribunal a tenu à lui reprocher son absence injustifiée aux deux dernières audiences. Ces absences répétées, il faut le rappeler, ont fait croire à certains observateurs que le colonel Ansoumane veut renouer avec son vieux comportement. C'est-à-dire refuser de répondre aux convocations du tribunal. Surtout quand on sait qu’il a bénéficié des largesses du tribunal. Il a sollicité et obtenu un renvoi d’un mois pour cause de mission d’Etat. Il en a bénéficié au motif qu’il doit se rendre aux obsèques de son père décédé en Côte D’Ivoire.

Prenant la parole, le colonel Bafoé a lui aussi précisé qu’il n’a aucune volonté de narguer le tribunal. « Je suis d’ailleurs pressé de voir la fin de cette affaire », a dit le prévenu. Après avoir expliqué au tribunal qu’il n’a jamais été informé de la tenue d’une audience de son procès depuis qu’il est revenu des sacrifices de son père. Et demandé pardon au tribunal pour les désagréments que son absence aux différentes audiences ont eu à causer. Avant de demander au tribunal d’attendre que ses avocats soient présents dans la salle. Ignorant que ceux-ci doivent être là rien que pour l’assister. Leur présence n’est pas obligatoire comme c’est le cas dans un procès pénal.

La réaction de l’avocat de la partie civile à la demande du prévenu ne s’est pas fait attendre. Après s’être opposé à cette demande, Maître Faya Gabriel Kamano a fait savoir qu’il y a de la part d’un des avocats du prévenu, la volonté manifeste de tout mettre à son compte. C'est-à-dire, s’il n’est pas là, il ne doit pas y avoir d’audience dans l’affaire. Indiquant que si l’un est à l’hôpital, l’autre qui ne l’est pas pouvait tout au moins être présent à l’audience. Dans le même ordre d’idée, le représentant du ministère public a invité le prévenu à parler en dehors de la présence de ses avocats. L’informant qu’il s’agit d’un procès correctionnel. Ainsi, le prévenu a pris la parole pour expliquer, d’après lui, comment les choses ont commencé. Comment elles se sont déroulées. Et comment elles ont pris fin.

« Lassé de passer la nuit au bureau afin de répondre à temps lorsqu’il y a problème, j’ai sollicité de la direction générale de la police, un logement en ville. Conformément à ma fonction de directeur central des unités d’intervention, il m’a été affecté le bâtiment qu’occupait feu Thermite Mara, l’ex directeur de l’OCAD. C’est ainsi que je suis allé voir sa veuve qui y vit avec ses enfants. La veuve m’a dit qu’elle était prête à quitter mais sa fille Doussou n’était pas là. Elle était en mission à l’intérieur du pays. J’ai accepté cela avec l’espoir que ce serait fait dès que sa fille serait de retour.

Depuis Siguiri, Doussou m’a appelé. Contrairement à la demande de sa mère, elle m’a prié de les laisser dans la maison parce qu’elles n’ont pas où aller. Le CNDD a cassé tout ce que son père a construit. Moi j’ai où loger. Je lui ai répondu qu’il ne s’agit pas d’un logement pour ma famille. C’est un logement de fonction. En lui rappelant qu’il avait été affecté à son défunt père en raison de la fonction qu’il occupait. Elle a promis de me rappeler plus tard.

Quelques jours après, elle n’a rien dit. Elles continuaient à occuper la maison. C’est ainsi que les chefs m’ont dit de chercher à savoir auprès d’elle, quand précisément elles vont libérer la maison. Ainsi, j’ai envoyé le capitaine Morlaye Camara. A l’arrivée de ce dernier, elle a fait savoir qu’elles ne peuvent pas quitter la maison. Le capitaine Morlaye a voulu qu’elle me dise ce qu’elle a à dire au téléphone. Je l’ai entendu en fond sonore qu’elle ne veut pas me parler au téléphone. C’est ainsi que je me suis rendu la bas.

Sur place, j’ai trouvé ses enfants au salon. J’ai salué et demandé après leur maman. Ils m’ont dit qu’elle est dans l’arrière-cour. J’ai demandé leur autorisation. Puis je suis allé la voir. Elle était assise en train de manipuler son téléphone. Je l’ai saluée. Elle m’a répondu. Je lui ai dit que c’est moi le colonel Ansoumane à qui le bâtiment qu’elles occupent a été affecté. Je lui ai dit aussi que je venais pour connaître, exactement, quand-est ce qu’elles vont quitter ? Au lieu de me dire cela, elle s’est mise à dire qu’on n’a pas été reconnaissant envers son père. Ce dernier a fait beaucoup pour la police. Je lui ai dit que ce n’est pas une raison de ne pas quitter la maison. Car il y a des gens qui ont fait plus que son père. Mais quand ils n’étaient plus en fonction, ils ont quitté ou on a fait quitter à leur famille les bâtiments de fonction qu’ils occupaient. Elle n’a pas voulu comprendre cela aussi. Surtout avec le ton qu’elle utilisait, je lui ai dit que c’est de l’indiscipline ce qu’elle faisait. Et pour cela, j’ai ordonné à Morlaye de la prendre pour l’emmener au poste.

Alors que j’étais au bureau du commissaire Kassé, on l’a emmenée. Mais au vu de ce qu’elle faisait, il a été décidé par le DG de l’emmener à la CMIS de Camayenne. C’est quand elle était là-bas que la première dame a plaidé pour sa libération. Et Kabassan, son protocole, est venu pour qu’on la mette à sa disposition », a expliqué le colonel Bafoé.

Pour être encore précis, pour le prévenu, à partir du moment où la note qui lui affecte le bâtiment est signée d’une autorité supérieure à celle qui a signé la précédente, il est le propriétaire des lieux. Ce qui veut dire selon lui, il n’a commis aucune violation de domicile. Et de conclure que « tout le reste des accusations relève de l’imagination de Doussou Mara ».


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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