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Gouvernance et respect des droits de l’homme : ce que les nouvelles autorités doivent faire, d’après AFRIDHO

Heinan Goba  Mercredi, 22 Janvier 2014 21:44

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TRAORE_Nouhan_01Pour être les outils du développement socio-économique de la Guinée, la nouvelle Assemblée nationale et le nouveau gouvernement doivent relever les défis de la gouvernance et du respect des droits de l’homme. C’est du moins ce qu’a affirmé ce mercredi 22 janvier 2014, Nouhan Traoré, président du Mouvement africain pour la défense des droits de l’homme et de la gouvernance (AFRIDHO), au cours d’une rencontre avec la presse. Il avait à ses côtés, Ibrahima Balaya Diallo, président du Forum civil guinéen.

A l’entame de cette conférence, Nouhan Traoré a dit que, par sa voix, « le Mouvement africain pour la défense des droits de l’homme et de la gouvernance salue d’abord l’installation de la nouvelle Assemblée nationale ». Mais poursuivant, le président d’AFRIDHO a fait remarquer que cette installation intervient dans un contexte économique et social très difficile marqué par la baisse du pouvoir d’achat des Guinéens, la hausse du taux de chômage des jeunes et une paupérisation de la population. Surtout les couches les plus vulnérables.

Face à une telle situation et surtout pour relever le défi de la gouvernance, Nouhan Traoré a conseillé tout d’abord au président de la République, aux membres de la nouvelle Assemblée nationale et à ceux du nouveau gouvernement de procéder à la déclaration sur l’honneur de leurs biens avant et après leurs fonctions, devant la Cour constitutionnelle. Cela conformément à la constitution guinéenne. « Si cela est fait ailleurs, pourquoi pas chez nous ? », s’est interrogé le président d’AFRIDHO.

Ainsi, en ce qui concerne le président de la République, Nouhan Traoré a, à travers sa rencontre avec les médias, demandé à la nouvelle Assemblée nationale d’exiger cela de lui. Et qu’il le fasse sans délai. La violation d’une loi appelant la violation d’une autre, Nouhan Traoré a fait remarquer que depuis un certain temps, le président Condé est fréquemment présent dans les réunions du parti au pouvoir. Ce, en violation flagrante du principe de l’incompatibilité de sa fonction avec ce genre de comportement. Il a aussi demandé à l’Assemblée nationale de dire au président de se démarquer de cela.

Sur la question du respect des droits de l’homme, Nouhan Traoré a demandé aussi à la nouvelle Assemblée de prendre ses responsabilités. En effet d’après lui, il est regrettable de constater que des faits caractéristiques de violation des droits de l’homme se sont déroulés en Guinée. Il est donc important, selon lui, que la nouvelle Assemblée, mais aussi le nouveau gouvernement, s’intéressent à ces dossiers qui sont pendants pour certains, comme le massacre du 28 septembre, et relégués aux oubliettes pour d’autres, tel celui des tueries de janvier et février 2007.

De l’avis du président d’AFRIDHO, ces dossiers n’évoluent pas parce qu’il y a un manque de volonté politique. Pour preuve, il a cité l’absence d’enquêtes sérieuses pour situer les responsabilités. Faisant remarquer que tout ce que le gouvernement a dit à ce propos n’a connu qu’un effet d’annonce. Pourtant, il faut avoir le courage. Un courage qui doit se matérialiser par le limogeage des personnes inculpées pour des crimes et autres violations des droits de l’homme.

Enfin, Nouhan Traoré a plaidé pour une réforme du cadre juridique et institutionnel des droits de l’homme en Guinée. Depuis un certain temps, selon lui, la torture est pratiquée en toute impunité par les forces de l’ordre pour amener les suspects à avouer des faits. Pour mettre fin à cette pratique, Nouhan Traoré a dit qu’il serait bon que le code pénal guinéen qualifie la torture de crime.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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